6 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : à un an de l'élection, François Hollande multiplie les coups de pouce à ses électeurs potentiels

ÉCLAIRAGE - Le chef de l'État multiplie les attentions envers les cibles électorales qui avaient été conquises par son discours en 2012.

François Hollande a promis une baisse d'impôts à l'attention des "plus modestes" mardi 3 mai.
François Hollande a promis une baisse d'impôts à l'attention des "plus modestes" mardi 3 mai. Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

C'est la dernière ligne droite du mandat de François Hollande. Dans à peine plus d'un an, le dimanche 7 mai 2017, la France connaîtra l'identité de celui qui lui succédera à l'Élysée, s'il n'est pas réélu. Officiellement, le chef de l'État n'est pas encore candidat à sa propre succession. En coulisses, on ne compte plus les indices qui montrent que François Hollande souhaite briguer un second mandat. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a rassemblé une vingtaine de ministres et des militants lundi 25 avril au cours d'une réunion, baptisée "Hé oh la gauche !" visant à défendre le bilan du chef de l'État. Si de nombreux proches assurent que l'actuel est légitime, Najat Vallaud-Belkacem va encore plus loin en assurant que François Hollande "sera candidat". 

Sur le fond aussi, il est difficile de croire que le chef de l'État n'est pas en campagne. Le président de la République multiplie les coups de pouce financiers à l'égard de ceux qui sont des réserves de voix potentielles pour 2017. Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro dimanche 1er mai, François Bayrou a parlé de "clientélisme électoral". "Je pense que la grande opération clientéliste a commencé depuis des semaines. Elle consiste à essayer de récupérer, catégorie par catégorie, les voix des uns et des autres en signant des chèques dont on n'a pas le premier euro sur son compte." 

Le salaire des enseignants et des professeurs revalorisés

À l'occasion du bilan de la refondation de l'École entamée en 2013Manuel Valls a annoncé une augmentation des salaires des enseignants de l'école maternelle et élémentaire de 800 euros par an. Les primes des professeurs du premier degré (400 euros par an) vont être alignés sur celles de leurs homologues du second degré (1.200 euros par an). Soit un gain de 800 euros par an. Le financement de cette mesure devrait être présenté par le Premier ministre lui-même.

Najat Vallaud-Belkacem a également détaillé un nouveau plan qui entrera en vigueur au 1er janvier 2017. Les professeurs français, moins payés en moyenne que leurs homologues des pays industrialisés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), attendent depuis des années d'être augmentés. Mardi, leur ministre a dévoilé la déclinaison pour l'Education nationale (professeurs, conseillers principaux d'éducation et conseillers d'orientation-psychologues) du protocole sur les parcours, les carrières et les rémunérations (PPCR) des fonctionnaires. Elle sera progressive, avec 500 millions d'euros dès 2017, année de l'élection présidentielle, pour atteindre un milliard en 2020. 

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Dans L'Express, Christian Eckert, secrétaire d'État au Budget, s'en est expliqué. "Depuis le début du quinquennat, nous faisons preuve de sérieux budgétaire. Ces gens-là (Les Républicains, ndlr) ne sont pas sérieux. S'ils veulent moins de professeurs, qu'ils le disent ! S'ils veulent moins de militaires, qu'ils le disent ! Ce qui est nouveau pour eux, c'est que nous sommes en train de prouver qu'il est possible de réduire les déficits, de réduire les impôts et de répondre aux besoins du moment."

Une baisse d'impôts pour les "plus modestes" en 2017 ?

L'augmentation annuelle de 800 euros pour les enseignants n'est pas le seul coup de pouce annoncé par l'exécutif ce mardi 3 mai. Au cours de ce qu'on pourrait surnommer le premier discours de campagne de François Hollande, le chef de l'État a promis pour 2017 une "baisse" des impôts à l'attention des "plus modestes" sous condition. "En fonction des marges et seulement en fonction des marges dont nous pourrons disposer, il conviendra de poursuivre cette politique de réforme, de justice et de baisse des prélèvements pour les Français les plus modestes", a affirmé le président de la République lors du colloque de la Fondation Jean-Jaurès. Selon le quotidien Les Échos, l'arbitrage devrait intervenir en juillet 2016.

865 millions d'euros pour valoriser les carrières des policiers et des gendarmes

L'importance de leur rôle a été soulignée à maintes reprises pendant et après les attentats perpétrés en France en 2015. Les policiers et les gendarmes ont obtenu 865 millions d'euros (d'ici 2020) dans le but de voir valoriser leurs carrières. "C’est un accord historique", a commenté Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA Police (troisième syndicat chez les gardiens de la paix). "On obtient de manière très nette des avancées exceptionnelles", a renchéri Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance police nationale, premier syndicat de gardiens de la paix. Seule Force ouvrière a porté une voix dissonante, estimant que "le compte n'y est pas."

Ce plan sera financé "par des économies" et les 865 millions sont "répartis équitablement" entre les deux forces de sécurité, garantit Bernard Cazeneuve. Au total, 9.000 emplois ont été créés dans la police et la gendarmerie en quatre ans. 

Un pack jeunes annoncé pendant les négociations autour de la loi Travail

Les jeunes étaient le cœur de cible de François Hollande pendant la campagne de l'élection présidentielle en 2012. Quatre ans après l'élection du socialiste, selon Eurostat, près d'un jeune sur quatre est au chômage en France. La relation entre les jeunes, qui sont nombreux à avoir rejoint les rangs de "Nuit Debout", et l'exécutif ne sont en rien comparables avec celles de 2012. Après avoir rencontré les organisations étudiantes, le gouvernement a décidé de débloquer 400 millions d'euros pour aider les jeunes les moins aisés à faire des études, affronter le chômage (70.000 bourses seront prolongées, 200 euros de plus chaque mois pour les apprentis à compter du 1er janvier 2017) et avoir un meilleur accès à la santé (CMU-C) et au logement.

En cette fin de mandat, le Président souhaite-t-il retrouver le lien qu'il avait noué avec les jeunes quatre ans plus tôt ? Manuel Valls n'a pas fermé la porte à l'idée d'accorder aux jeunes des minimas sociaux, qui seraient pour l'occasion fusionnés, aux jeunes dès l'âge de 18 ans, au lieu de 25 ans aujourd'hui. La droite, Valérie Debord en tête, parle de "chèques en bois" : "Outre le signal désastreux que cela enverrait à notre jeunesse confinée dans l’assistanat (…), Les Républicains dénoncent cette mesure parfaitement électoraliste, symptomatique d’un pouvoir à l’agonie qui cherche à s’affilier une clientèle."

Une prime d'activité plus coûteuse que prévue ?

Fusion du RSA activité et de la prime pour l'emploi (PPE), la prime d'activité, ouverte aux jeunes dès l'âge de 18 ans, a été lancée le 1er janvier 2016. Selon les derniers chiffres qui datent d'avril 2016, 2,16 millions de Français, dont 323.000 jeunes, en bénéficient. Le gouvernement avait parié sur deux millions de bénéficiaires et fixer un budget de 4 milliards d'euros. Le succès de cette allocation pourrait contrarier les plans de l'État. 

Le dégel du point d'indice des fonctionnaires attendu depuis 2010

Avec les jeunes et les enseignants, les fonctionnaires font partie des cibles privilégiées de la gauche et donc de François Hollande. Pour la première fois depuis 2010, le chef de l'État a accordé une augmentation de deux fois 0,6% aux fonctionnaires au 1er juillet 2016 2016 et 0,6% au 1er février 2017. Au micro de RTL en mars dernier, la ministre de la Fonction publique a estimé que cette décision qui représente un coût de "2,4 milliards d'euros sur une année pleine", est "raisonnable". "Nous l'avons fait en deux fois parce que nous avons aussi à garder notre trajectoire budgétaire (...) 1,2%, c'est juste, c'est équilibré et c'est significatif." Un geste qui n'a en rien ravi les syndicats de la fonction publique. 

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