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Pourquoi Martine Aubry ne sera pas candidate aux élections régionales

DECRYPTAGE - La maire de Lille refuse de prendre la tête de la liste socialiste en Nord-Pas-de-Calais-Picardie malgré le retard du candidat socialiste, Pierre de Saintignon, sur Les Républicains et le Front National.

Martine Aubry s'est agacée en privé des pressions exercées par certains membres du gouvernement pour qu'elle reprenne en main la campagne électorale.
Martine Aubry s'est agacée en privé des pressions exercées par certains membres du gouvernement pour qu'elle reprenne en main la campagne électorale.
Crédit : PHILILPPE HUGUEN / AFP
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang
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La future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie cristallise toutes les tensions au sein du Parti socialiste. À moins de deux mois du premier tour des élections régionales, la liste emmenée par Pierre de Saintignon est à la peine dans les sondages, loin derrière Xavier Bertrand (Les Républicains) et surtout Marine Le Pen (Front National). Plusieurs ténors du PS ont tenté de convaincre Martine Aubry de reprendre les rênes de la campagne socialiste, pour éviter une débâcle dans son fief.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a récemment approché Martine Aubry pour lui proposer de prendre la tête de la liste socialiste, ou même simplement d'y figurer pour provoquer "un effet d'affichage". Mais la maire de Lille semble définitivement réfractaire à cette idée. Quelque soit le résultat de élections régionales dans le Nord, l'ex-patronne du PS a tout à perdre en s’immisçant dans la campagne socialiste.

Parce qu'elle n'est plus la baronne incontestée du Nord-Pas-de-Calais

Les dernières élections municipales ont été amères pour Martine Aubry. Si l'ancienne protégée de Pierre Mauroy n'a pas perdu son siège, elle n'a pas été réélue dans un fauteuil comme à son habitude. Avec 52% des suffrages au second tour en 2014, on est loin des confortables 66,5% des voix qui l'avaient maintenue à la mairie de Lille en 2008.

La fille de Jacques Delors a cependant perdu la communauté urbaine de Lille avec le basculement des mairies de Roubaix et de Tourcoing à droite. Consciente de la position délicate du PS dans l'agglomération lilloise, Martine Aubry ne s'était tout simplement pas portée candidate, laissant les trois candidats de droite (UMP, FN et divers droite) se départager pour la tête de la Métropole.

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Mais la position de l'ancienne ministre du Travail a aussi été fragilisée dans les rangs du PS, au sein même de la puissante fédération du Nord qu'elle menait autrefois à la baguette. Au mois de juin 2015, Gilles Pargneaux, le candidat soutenu par Martine Aubry pour prendre la tête de la fédération départementale, est désavoué par les militants au profit de Martine Filleul, la candidate des anti-aubry, que l'on dit proche de Manuel Valls.

Parce que la course paraît perdue d'avance

Les sondages se suivent et se ressemblent dans cette campagne des élections régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Selon la dernière enquête menée par l'institut Odoxa le 20 septembre, Pierre de Saintignon enregistre 10 points de retard sur Marine Le Pen, créditée de 39% des voix au second tour.


Martine Aubry n'est pas la femme des causes désespérées, comme en atteste son désistement à la présidence de la métropole de Lille. Malgré "l'effet d'affichage" escompté du côté de la rue de Solférino, la présence de Martine Aubry sur la liste socialiste ne paraît pas en mesure de rattraper un retard aussi important à quelques semaines des élections.

Même si Martine Aubry ne prenait pas la tête de la liste, sa nomination à la hâte en pleine campagne pourrait être plus dommageable qu'autre chose, reconnait-on du côté de la Fédération socialiste. "Maintenant ce n'est plus d'actualit