3 min de lecture Fonction publique

Pourquoi les fonctionnaires sont déçus après leur rencontre avec Darmanin

ÉCLAIRAGE - Une semaine après leur manifestation, les syndicats de la fonction publique ont été reçus par leur ministre de tutelle.

Une manifestation de la CGT et de FO (illustration)
Une manifestation de la CGT et de FO (illustration) Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
et AFP

Les syndicats de la fonction publique ne relâchent pas la pression. Reçus au ministère de l'Action et des Comptes publics par Gérald Darmanin lundi 16 octobre, ils n'excluent pas d'inscrire leur mouvement social dans la durée avec une seconde manifestation dans les prochaines semaines. La première journée d'action, mardi 10 octobre, avait rassemblé dans la rue entre 209.000 et 400.000 manifestants dans toute la France, selon les sources.

À la sortie du "rendez-vous salarial" du 16 octobre, la déception domine. CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, Solidaires... Tous restent sur leur faim.

Premier motif d'insatisfaction : le report d'un an de la poursuite du plan de revalorisation des carrières des fonctionnaires (PPRC). Le report devrait concerner près de 4,4 millions d'agents, selon l'entourage du ministre. Négocié sous l'ère François Hollande, il ne prendra donc effet qu'en 2019 pour permettre à l'État d'économiser 800 millions d'euros l'an prochain. "L'annonce d'un report de 12 mois d'un texte que nous avons négocié pendant deux ans (...) est un mauvais signal qui est donné à l'ensemble des agents de la fonction publique", a regretté Luc Farré (Unsa).

Gel du point d'indice et jour de carence confirmés

Gérald Darmanin a, par ailleurs, confirmé le gel du point d'indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires. Au nom de la CFDT, deuxième syndicat de la fonction publique, Mylène Jacquot regrette que 2018 soit "une année blanche, voire pire pour certains agents avec le gel du point, le report du PPCR d'un an, tout ça assorti d'une hausse des cotisations retraite."

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Comme le gel du point d'indice, l'instauration d'un jour de carence pour les agents (arrêt maladie rémunéré à partir du deuxième jour), qui n'est pas compensé par leurs employeurs contrairement au secteur privé, a été confirmée.

"Les fonctionnaires et les agents sont les sacrifiés de ce gouvernement", a déploré Baptiste Talbot pour la CGT, premier syndicat de la fonction publique. 

Une compensation de la hausse de la CSG

Les syndicats de fonctionnaires reportaient leurs espoirs sur la compensation de la hausse de 1,7% de la CSG. Celle-ci a été "clarifiée et même améliorée", a estimé Mylène Jacquot (CFDT). Le ministre a confirmé qu'elle passerait par la suppression de cotisations : la Contribution exceptionnelle de solidarité (CES) de 1%, payée par une partie des agents publics, ainsi que la cotisation maladie de 0,75% pour les contractuels. 

Une "prime compensatoire est également créée pour les agents" qui "sera versée en janvier 2018, calculée sur la moyenne de la rémunération 2017, et sera actualisée une fois, au 1er janvier 2019, sur la base de la rémunération 2018", selon le ministre. Cette prime concernera les nouveaux entrants, ce qui n'était pas le cas dans les scénarios envisagés jusqu'à présent par le gouvernement. 

Bataille d'arguments et de chiffres sur le pouvoir d'achat

Si le geste a été salué par l'ensemble des syndicats, il n'apporte, selon eux, aucun gain de pouvoir d'achat. Bernadette Groison (FSU) l'assure : "Nous avons juste une compensation CSG qui semble un peu meilleure. Nous avons redit que nous étions dans un rendez-vous salarial, que nous voulions parler salaire et que nous voulions parler amélioration du pouvoir d'achat des agents (...) Le gouvernement n'a pas répondu à ces attentes". "C'était un rendez-vous salarial sans discussion sur les salaires", complète Denis Turbet-Delof (Solidaires). 

Les syndicats dénoncent unanimement le "tour de passe-passe mensonger" de l'exécutif qui affirme que leur pouvoir d'achat a augmenté de 2% en moyenne en 2016 et de 4% en 2017.

Gérald Darmanin a pourtant bien tenté de se montrer rassurant. "Un quinquennat dure cinq ans", a-t-il rappelé, en assurant que le pouvoir d'achat serait augmenté non "pas par des mesures générales, mais par des mesures fondées sur le mérite". 

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