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Primaire de la gauche : pourquoi le vote des fonctionnaires échappe-t-il au PS ?

DÉBAT - Nos éditorialistes Nicolas Domenach et Guillaume Roquette se penchent sur le cas de la primaire.

Photo prise le 28 juin 2006 au siège du Parti socialiste. (archives)
Photo prise le 28 juin 2006 au siège du Parti socialiste. (archives)
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Présidentielle 2017 - Pourquoi le vote des fonctionnaires échappe-t-il au PS ?
10:26
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Nicolas Domenach & Guillaume Roquette & La rédaction numérique de RTL

Un premier débat le 12 janvier pour un premier tour prévu le 22, la campagne de la primaire de la gauche s'accélère depuis quelques jours. Les candidats dévoilent un à un leur projet pour tenter de convaincre dans le peu de temps qu'il leur reste. 

S'il y a un point où chacun a son mot à dire, c'est sur les fonctionnaires, une catégorie de population qui vote traditionnellement à gauche. Invité de RTL mercredi 4 janvier, Manuel Valls est revenu sur la mesure de François Fillon, qui propose s'il est élu de diminuer le nombre de fonctionnaires. "C'est une purge", s'est indigné l'ancien premier ministre de François Hollande.

La question du vote des fonctionnaires, qui échappe au Parti Socialiste selon une enquête récente du Cevipof est sur toutes les lèvres. Nicolas Domenach l'explique ainsi : "Il y avait autrefois une noblesse de la fonction publique que la gauche n'a plus mise en avant". Pour Guillaume Roquette, le problème est plus profond, notamment dans l'Éducation Nationale : "Les professeurs se rendent bien compte que Najat Vallaud-Belkacem est en train de détruire leur métier en cassant le collège avec sa réforme." L'éditorialiste affirme aussi que dans la fonction publique, "ce sont les policiers et les gendarmes qui votent le plus pour le Front National. Ils ne se retrouvent pas dans le déni de réalité des socialistes face à l'immigration". 

Des valeurs qui doivent être "repensées"

Plus généralement, pour Guillaume Roquette, les électeurs de gauche ne se retrouveraient plus dans le Parti socialiste. "Le CICE, la loi El Khomri, c'est formidable mais ce sont des mesures de droite." Alors leur choix se porterait soit sur la gauche radicale représentée par Mélenchon, soit sur Emmanuel Macron, qui se situe en dehors des partis politiques traditionnels. 

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"Mais il existe des valeurs de gauche", rétorque Nicolas Domenach. "La justice, le progrès, la laïcité, la république, la fraternité n'ont pas disparu, ces valeurs demandent juste à être repensées après l'exercice du pouvoir".

Cette primaire de la gauche ressemble à une veillée funèbre. Il y aura des débats pour la dynamiser mais pour le moment, elle ne prend pas.

Guillaume Roquette

Dans une récente interview au journal Le Monde, Jean-Luc Mélenchon décrédibilise une possible candidature socialiste à la présidentielle 2017. "Sans projet et sans avantage électoral (le PS est derrière Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron dans les derniers sondages, ndlr) à quoi bon un candidat du PS ?", se demande le candidat de la France insoumise. Alors, le scénario d'une élection sans candidat socialiste est-il réellement envisageable ? 

Ce qui est sûr, pour Guillaume Roquette, c'est que "cette primaire de la gauche ressemble à une veillée funèbre. Il y aura des débats pour la dynamiser mais pour le moment, elle ne prend pas. Et le seul qui l'a compris c'est François Hollande, qui a décidé de ne pas y aller." Selon l'éditorialiste du Figaro Magazine, "partout dans le monde, la social-démocratie n'a plus grand chose à dire parce que son offre politique ne correspond plus à la réalité du pays." 

Une position que ne partage pas Nicolas Domenach. "Il ne faut pas enterrer le Parti socialiste dans ce moment historique, avant même que la primaire n'ait réellement commencé. Au fond ce qui arrangerait Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il n'y est plus aucun candidat à part lui-même". L'éditorialiste rejoint Guillaume Roquette sur un point : "Les socialistes sont dans les choux, et il ne sont pas loin de les manger par la racine. Mais c'est justement dans ces moments où la social-démocratie est en crise que la période du sursaut est nécessaire et indispensable". 

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