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Pour Alain Duhamel, un social-démocrate entre à l'Elysée

VIDEO - François Hollande devient donc le deuxième Président de gauche de la Vème République après François Mitterrand en 1981. Comment qualifier cette élection ? La chronique d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
La Semaine Politique - Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

Je la qualifierais de la première élection d'un Président social-démocrate en France. Et en ça, elle est très différente de ce qui s'était passé en 1981.

1981, c'était l'élection d'un Président socialiste. C'était une élection de rupture. C'était une élection qui constituait aussi une sorte de saut dans l'inconnu. C'était la première alternance. On ne savait pas comment tiendrait la Vème République. Beaucoup espéraient énormément, d'autres avaient extrêmement peur.

Cette fois-ci, ce n'est pas du tout ça. Cette fois-ci, c'est une alternance tranquille. Cette fois-ci, c'est la consécration d'un homme qui a présenté un programme, disons, raisonnable, pas enthousiasmant. Il ne peut pas l'être. Et justement, c'est l'autre aspect, de même que c'est le premier Président social-démocrate, de même c'est évidemment de nouveau un Président de crise. C'est une élection de crise. Et les Français savent bien. A la fois, un certain nombre, espèrent que les choses s'amélioreront, mais en même temps, il ne doit pas y avoir d'illusion. C'est une marge qui est une marge limitée, partielle et les circonstances ne vont pas se métamorphoser.

Alors, François Hollande est élu avec 51,67% selon des résultats quasi définitifs. Il ne manque plus que les voix d'un million de Français de l'étranger. Est-ce que, d'ailleurs, ce score a une importance ?

Oui, oui. Le score c'est très important parce qu'on peut dire, en simplifiant, que ce score là, c'est-à-dire un petit peu moins de 52%, c'est un kit mains libres. C'est-à-dire que ça veut dire qu'avec un score comme ça, François Hollande n'a pas de pression ni sur le choix du nom de son Premier ministre ni sur l'entrée d'alliés dans un gouvernement. Il est libre de dire il y aura un, deux, trois ou quatre, je ne sais pas, représentants des Verts. Il est libre de dire il y aura un poste communiste ou je ne sais pas quoi.

Il peut, de ce point de vue, constituer son équipe comme il le veut et ça, évidemment, c'est un avantage même s'il faut aussi garder à l'esprit que la défaite de Nicolas Sarkozy n'est pas une déroute ; et que quand on se rappelle les scores faramineux qui étaient annoncés il y a plusieurs mois, en réalité, Nicolas Sarkozy a regagné dix points en deux mois.

On revient sur ce qui s'est passé hier soir. Comment vous avez trouvé le premier discours de François Hollande à Tulle ?

Fleuri. C'était sympathique, c'était bienveillant, c'était sentimental. C'était longuet. On sentait qu'il n'avait absolument pas envie d'arrêter. Ca avait un petit côté France éternel. En plus, c'était dans le Limousin. On retrouvait la littérature des années 30. Ca s'écoutait bien, c'était sympathique. Un petit peu surréaliste.

Et le discours de Nicolas Sarkozy ?

Ecoutez, je l'ai trouvé honorable et souhaitable. J'ai trouvé que la campagne de l'entre deux tours a été détestable, a été caricaturale. Hier, j'ai trouvé que la façon qu'il a eue de prendre congé des Français, d'appeler au respect de son successeur, de demander à ses supporters de ne pas perdre espoir mais de prendre la responsabilité de l'échec. Disons que ça avait de la branche et que c'est bien qu'un battu ait de la branche.
2012 et vous OK

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