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PEL, CSG, taxe d'habitation... Comment vont évoluer vos impôts en 2018

ÉCLAIRAGE - Depuis la rentrée, les ministres de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, dévoilent le détail de la réforme fiscale qui attend les Français dès 2018.

Une femme réglant ses impôts sur le revenu (illustration)
Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP

Depuis la rentrée, la fiscalité est l'un des chantiers clefs auxquels a décidé de s'attaquer le gouvernement. En quête d'économies, Bercy, dont les compétences sont partagées par les ministres Les RépublicainsBruno Le Maire (Économie) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics), a égrainé les mesures qui allaient impacter les futures factures des ménages français.

Dès lundi 28 août, le ministre de l'Économie avait explicité la philosophie du budget 2018, à savoir la préservation des salariés et des entreprises. Dans une interview fleuve accordée au quotidien Les Échos le 12 septembre, le patron de Bercy confirme : "Toute la transformation que nous engageons vise justement à mieux rémunérer ceux qui ont un emploi", promettait-il.

Avec la réforme fiscale du gouvernement, les ménages et les entreprises devraient, par ailleurs, faire un gain de 10 milliards d'euros à la fin de l'année 2018. C'est un milliard d'euros de moins que ce qu'avait promis Édouard Philippe. Le 12 juillet dernier, le premier ministre annonçait, en effet, "un souffle fiscal" de 11 milliards d'euros. Au-delà de cet élément, que va-t-il se passer pour le portefeuille des Français dans les douze prochains mois ? Quel impôt augmente ? Quel taux baisse ? RTL.fr fait le point.

Ce qui baisse

-> Les cotisations salariales chômage et maladie
En prônant une politique fiscale favorable aux salariés, Bruno Le Maire a décrété la suppression des cotisations salariales chômage et maladie dès le 1er janvier et la bascule du CICE (crédit impôt compétitivité emploi) en allègements de charges à partir de 2019. Cette dernière devrait provoquer également une hausse de la participation pour les salariés.

-> La taxe d'habitation pour 80% de la population
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a dévoilé, mercredi 13 septembre, les contours de cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron au Monde, et confirmé qu'elle disparaîtrait d'ici 2020. Pour être exonéré de cette taxe locale, source financière primordiale des communes, il faudra gagner, chaque année, moins de 30.000 euros pour une personne seule (27.000 euros de revenu fiscal de référence), moins de 48.000 euros pour un couple (43.000 euros de RFR) et moins de 54.000 euros pour un couple avec enfant (49.000 euros de RFR).

"Les couples avec enfants seront moins gagnants qu’avec les parts fiscales classiques", analyse Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques, interrogé par Le Monde.

Le Parisien
 note, de plus, que pendant la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron imaginait ce seuil d'exonération à 20.000 euros pour un une personne seule, et 40.000 euros pour un couple sans enfant.

Ce qui augmente

-> La CSG sous conditions
Pour compenser l'augmentation de la feuille de paie des salariés, le gouvernement demande des "efforts" aux retraités "les plus aisés", selon les mots du président Macron. Ceux qui perçoivent une pension supérieure à 1.200 euros par mois verront leur Contribution sociale généralisée (CSG) augmenter de 1,7 point, et ce sans compensation.

Quelque 9 millions de retraités devraient ainsi être touchés par ce passage de la CSG de 6,6% à 8,3%. Selon les calculs de Frédéric Douet, professeur de droit fiscal à l'Université de Bourgogne, cité par La Croix, cela représente une perte de 245 euros par an pour un retraité vivant avec 1.200 euros par mois.

-> La taxe sur le diesel

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé que la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) allait augmenter de 2,6 centimes par litre de gazole "chaque année pendant quatre ans". "Personne ne peut plus comprendre aujourd'hui que la fiscalité du diesel et de l'essence ne soit pas la même", s'est justifié le ministre.

"La convergence représentera une hausse du tarif de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) de 2,6 centimes par litre chaque année, pendant quatre ans, en plus de la hausse de la composante carbone de la taxe", ajoute-t-il, sans chiffrer le gain attendu pour le budget de l'État. 

Ce qui se transforme

-> Une "flat tax" de 30% sur les revenus du capitalC'est la mesure phare du budget 2018, dont les contribuables vont entendre parler. Dans Les Échos, Bruno Le Maire annonce un "prélèvement forfaitaire unique (PFU ou "flat tax") de 30% sur les revenus du capital."

"Le PFU s'appliquera aux intérêts, aux dividendes et aux plus-values de cession de valeurs mobilières. Les contribuables pourront toujours choisir l'imposition au barème, si c'est plus avantageux pour eux", détaille Bruno Le Maire.

-> Les intérêts du PEL taxés à 30% dès le 1er janvier 2018
Les bénéfices du PEL seront considérablement réduits. Les revenus produits par le plan d'épargne seront chaque année, dès le premier anniversaire, soumis à un impôt forfaitaire de 30% (voir ci-dessus) qui comprend également les prélèvements sociaux. Cette taxe est donc prélevée auprès de tous ceux qui ont souscrit à cette épargne et sans distinction sur les conditions de ressources.

Cette réforme ne concerne pas les plans ouverts avant le 1er janvier 2018. Dans ce cas, l'imposition de 30% n'intervient qu'à partir du 12e anniversaire de l'ouverture du PEL. Avant, la hausse annoncée de 1,7 point de la CSG se fera tout de même ressentir.
-> Ne dîtes plus ISF mais IFI
En 2018, un symbole disparaît. L'impôt de solidarité sur la fortune, plus connu sous le nom de ISF, est purement et simplement rayé de la liste des impôts français. Il est remplacé par un impôt sur les fortunes immobilières (IFI). Leur principale différence réside dans le fait que le dernier né ne sera pas progressif, contrairement à l'ISF. 

Sinon, rien ne change sur le seuil d'entrée. "L'IFI concernera les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d'euros", garantit le ministre, confirmant l'abattement de 30% sur la résidence principale. "De même, l'immobilier affecté à l'exploitation de l'entreprise du contribuable ne sera pas concerné. La somme de l'IFI et de l'impôt sur le revenu ne pourra pas excéder 75% des revenus."

Ce qui est maintenu

-> L'épargne réglementée
Du côté de l'épargne réglementée, le Livret A, le LDDS, le LDD, le Livret jeune ou encore le Livret populaire restent exonérés de toute fiscalité. "Nous maintenons les avantages des produits d'épargne populaire (Livret A, Livret développement durable, épargne salariale) et des produits fortement investis en actions comme les PEA (Plan d'épargne en actions)", explique Bruno Le Maire.

-> Les revenus fonciers
Tous les avantages fiscaux actuels de la pierre sont pour le moment préservés, comme les abattements pour les résidences touristiques, la location meublée non professionnelle (LMNP) ou le Pinel.

Ce qui disparaît

-> L'ISF-PME
L'ISF-PME, soit la réduction de l'ISF en cas d'investissement au capital d'une petite ou moyenne entreprise, est supprimée. Bruno Le Maire justifie cette disparition par le fait que les PME "vont largement bénéficier de la libération et de la réorientation de l'épargne vers l'économie productive générée par notre réforme fiscale."

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