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Passation de pouvoir : les 4 éléments à retenir du premier discours de Macron

ÉCLAIRAGE - Le Président a multiplié les déclarations d'amour à l'Europe et rendu hommage à l'action de tous ses prédécesseurs.

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Vidéo Zappeur : Les moments forts de la passation de pouvoir d'Emmanuel Macron Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP | Crédit Média : France 2 / Montage RTLNET Johanna Guerra | Date :
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Laurent Fabius a officiellement intronisé Emmanuel Macron dimanche 14 mai, après que l'ancien ministre a raccompagné François Hollande sur le tapis rouge de l'Élysée. Le président du Conseil constitutionnel a rappelé les résultats du second tour de l'élection présidentielle, une campagne "chamboule-tout", selon les mots de l'ancien locataire du quai d'Orsay. Le chef de l'État a ensuite reçu et observé longuement le collier de l'ordre de la Légion d'honneur.

Entouré d'éléments-clés de sa campagne - tels que François Bayrou, président du MoDem avec qui il avait scellé une alliance pendant la campagne, et Gérard Collomb, première personnalité politique significative à l'avoir soutenu - a enfin prononcé un premier discours grave, axé sur sa politique européenne et sa volonté de rassemblement.

1. "L'espoir et l'esprit de conquête" opposé au repli

En introduction, Emmanuel Macron est brièvement revenu sur le résultat du second tour de l'élection présidentielle. "Les Français ont choisi le 7 mai dernier l'espoir et l'esprit de conquête." Avant de faire une allusion directe à Marine Le Pen et son parti, le Front national. "Partout, on se demandait si les Français allaient se décider à leur tour de se replier sur le passé illusoire, s'ils allaient rompre avec la marche du monde, quitter la scène de l'histoire, céder à la défiance démocratique, l'esprit de division et tourner le dos aux Lumières ou si au contraire ils allaient embrasser l'avenir."

Le discours d'Emmanuel Macron avait essentiellement pour intention de redonner confiance à la France, dont il a rappelé la devise républicaine, et aux Français. "Le monde et l'Europe ont plus que jamais besoin de la France. Ils ont besoin d'une France forte et sûre de son destin. Or, depuis des décennies, la France doute d'elle-même." Le président a cité ensuite le phare qui allait l'éclairer pendant cinq ans. "Rendre aux Français cette confiance en eux depuis trop longtemps affaiblie", y compris ceux qui ont voté pour lui par défaut le 7 mai dernier. "Nous sommes à l'orée d'une extraordinaire renaissance."

2. Une déclaration d'amour à l'Europe

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"L'Europe dont nous avons besoin sera refondée et relancée car elle nous protège et nous permet de porter dans le monde nos valeurs." Europhile convaincu, Emmanuel Macron, attaché à la Ve République, a amplifié encore son désir d'Europe : "Nous aurons besoin d'une Europe plus efficace, plus démocratique, plus politique, car elle est l'instrument de notre puissance et de notre souveraineté. J'y œuvrerai."

3. Élu pour une "mission"

Plus que jamais, le Président s'est montré solennel. "Je sais que les Françaises et les Français attendent beaucoup de moi. Ils ont raison, car le mandat qu'ils me confient leur donnent sur moi le droit d'une exigence absolue, j'en suis pleinement conscient", préférant "la détermination" au "compromis". "Rien ne me fera renoncer à défendre les intérêts supérieurs de la France" dans une optique de rassemblement des Français autour de son action, qui pourrait être "l'une des plus belles pages de notre histoire". "C'est pour cette mission qu'humblement, je servirai notre peuple."

4. Un hommage à tous ses prédécesseurs

Contrairement à François Hollande, qui avait cité tous ses prédécesseurs sans forcément qualifier leur action, Emmanuel Macron a pris soin de retenir une grande action de chacun d'entre eux. "Je veux ici les saluer, a commencé Emmanuel Macron. Je songe au général De Gaulle, qui œuvra pour redresser la France et lui rendre son rang dans le concert des nations. Je songe à Georges Pompidou, qui fit de notre pays une puissance industrielle majeure. À Valérie Giscard d'Estaing, qui sut faire entrer la France et sa société dans la modernité. À François Mitterrand qui accompagna la réconciliation du rêve français et du rêve européen. À Jacques Chirac, nous donnant le rang d'une nation sachant dire non aux prétentions des va-t-en-guerre. À Nicolas Sarkozy, ne comptant pas son énergie pour résoudre la crise financière qui avait si violemment frappé le monde".

Naturellement, Emmanuel Macron a terminé son hommage par quelques mots en direction du président sortant. "Et je songe bien sûr à François Hollande, faisant oeuvre de précurseur avec l'accord de Paris sur le climat et protégeant les Français dans un monde frappé par le terrorisme. Leur oeuvre, sur toutes ces dernières décennies, s'est trop souvent vu empêché par un climat intérieur délétère, par le découragement de Françaises et de Français s'estimant injustement défavorisés, déclassés ou oubliés".

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L'Europe sera "refondée et relancée", promet Emmanuel Macron lors de son premier discours Crédit Image : Capture France 2 | Crédit Média : Farid Addala / POOL / AFP | Date :
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