4 min de lecture Présidentielle 2017

Parti radical de gauche : qui sont ces derniers fidèles au Parti socialiste adeptes du "Je t'aime, moi non plus" ?

INTERVIEW - Selon Jean-Michel Baylet, ministre et ancien président du PRG, "le pacte fondateur" de la Belle Alliance populaire "est rompu".

Sylvia Pinel, leader du PRG, et Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste.
Sylvia Pinel, leader du PRG, et Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste.
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Il est l'une des branches de La Belle Alliance populaire (BAP), l'un des derniers partenaires du Parti socialiste. Le Parti radical de gauche (PRG) serait sur le point de claquer la porte de la BAP, le mouvement pro-Hollande créé le 13 avril. En effet, Jean-Michel Baylet, longtemps président du PRG et ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales depuis le 11 février, n'a pas apprécié que Jean-Christophe Cambadélis annonce la tenue de primaire de gauche de gouvernement sans en avoir informé auparavant les instances de son parti.

Ainsi, le 29 juin, le PRG explique sur son site internet qu'il "suspend sa participation à la BAP et demande des clarifications sur la primaire". Dans une interview accordée à nos confrères du Parisien le 5 juillet, Jean-Michel Baylet va même plus loin. Il martèle qu'avec le PS, "le pacte fondateur est rompu" : "Nous sommes loin de l'esprit originel de la Belle Alliance (...) Demandez à Jean-Christophe Cambadélis pourquoi il se conduit comme ça. Qu'est-ce qu'ils ont à gagner à traiter leurs alliés de la pire manière, alors qu'il ne reste pas forcément grand monde ?" 

Sylvia Pinel, actuelle leader du PRG, avait, elle aussi, pris ses distances avec la proposition de Jean-Christophe Cambadélis dans un tweet.

C'est un problème d'appareils. Je n'ai pas de problème sur la ligne politique avec le PS

Sylvia Pinel, présidente du Parti radical de gauche
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Contactée par RTL.fr, Sylvia Pinel partage l'analyse de son prédécesseur à la tête du parti. "Depuis très longtemps, les Radicaux ont pour vocation de rassembler la gauche. À la BAP, nous étions co-décisionnaires, finalement les choses se sont désorganisées", regrette l'ex-ministre du Logement. Pour autant, pas question pour le PRG de lier son potentiel retrait de la BAP à un départ de ses trois ministres du gouvernement. "On ne parle pas de la même chose, se défend-t-elle. C'est avant tout un problème d'appareils. Je n'ai pas de problème sur la ligne politique avec le Parti socialiste : pas un seul député radical n'a signé la motion de gauche". Pourtant, François Hollande en personne n'a-t-il pas validé le principe et les dates de la primaire de gauche de gouvernement ?

Pour mettre les choses au clair, Sylvia Pinel rencontrera Jean-Christophe Cambadélis "dans la semaine". Les modalités de participation du PRG à la primaire de gauche de gouvernement seront évidemment discutées. Si l'ex-ministre ne le confirme pas, on peut aisément imaginer que la question de l'avenir de l'accord électoral qui lie les deux partis sera abordé en vue des législatives de 2017. Sylvia Pinel a déjà annoncé qu'elle serait candidate dans le Tarn-et-Garonne.

Pour la présidentielle, le PRG ne s'est pas encore prononcé. Le Congrès du parti s'en chargera. Il se réunit au début du mois de septembre à La Rochelle. "Je présenterai à nos militants les clarifications apportées par Jean-Christophe Cambadélis. On définira alors la ligne et la stratégie du parti pour 2017." Les militants décideront donc à ce moment-là si le PRG présente un candidat à la primaire ou directement à la présidentielle.

Des conflits persistants avec le Parti socialiste depuis 2012

Depuis 2012, le PRG est un habitué des "coups de pression" à destination de son allié socialiste. À quatre reprises il a menacé de sortir du gouvernement, dans lequel il compte encore trois ministres (Jean-Michel Baylet, Annick Girardin, Thierry Braillard). La dernière négociation en date entre le PS et le PRG remonte à octobre 2014. Jean-Michel Baylet, qui vient de perdre son mandat de sénateur, se montrait alors très critique vis-à-vis de ses amis socialistes. "Face au résultat des dernières élections sénatoriales lors desquelles l’accord PS-PRG n’a pas été respecté et où la droite a repris la majorité du Sénat avec l’entrée de deux sénateurs d’extrême droite, le PRG ne souhaite plus poursuivre dans les mêmes conditions sa participation au gouvernement et conserver le même fonctionnement de la majorité", avait alors écrit le président du PRG. La menace n'avait pas été suivie d'effets...

Un allié historique du Parti socialiste depuis les années 1970

Le Parti radical de gauche est le fidèle des fidèles de François Hollande pendant ce quinquennat et plus globalement du Parti socialiste depuis les années 1970. Sous un autre nom, le parti soutenait déjà la candidature de François Mitterrand en 1974. Jean-Michel Baylet, président du parti depuis 1996, avait d'ailleurs participé aux gouvernements de Laurent Fabius, Michel Rocard, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. Plus récemment, le PRG avait décidé de présenter un candidat à la primaire citoyenne d'octobre 2011. Jean-Michel Baylet avait débattu avec François Hollande avant de le rejoindre le soir du premier tour. Il avait recueilli 17.055 voix, soit 0,64% des suffrages.

Une manœuvre qui a permis au PRG d'obtenir trois ministères et de compter une vingtaine de députés (groupe radical, républicain, démocrate et progressiste) à l'Assemblée. Le Parti socialiste, d'autant plus avec sa perte de popularité, est contraint de conserver ses dernières alliances pour limiter la division de la gauche. Rue de Solférino, personne n'a oublié la déconvenue de 2002 et l'absence de Lionel Jospin au second tour de la présidentielle. Cette année-là, le PRG avait présenté une candidature en solitaire. Elle était incarnée par Christiane Taubira.

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2016-07-11 15:00:00
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