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Panne à Montparnasse : "Il y a beaucoup d'hypocrisie", dénonce Alba Ventura

ÉDITO - Le gouvernement a exigé de la SNCF qu'elle tire les conséquences d'une nouvelle panne géante qui a paralysé la gare Montparnasse le week-end dernier.

L'Edito politique
Panne à Montparnasse : "Il y a beaucoup d'hypocrisie", dénonce Alba Ventura
Crédit Média : RTLnet Crédit Image : AFP / Martin Bureau
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Après la panne informatique géante qui a paralysé la gare Montparnasse le week-end dernier, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, visiblement très agacée, a convoqué Patrick Jeantet, le patron de SNCF Réseau (le gestionnaire du trafic), pour lui demander de rendre des comptes. A-t-elle raison d'être en colère ? Elle est dans son rôle. L'État est actionnaire de la SNCF. La SNCF, c'est une entreprise nationale de service public. Donc elle ne pouvait pas faire autrement que monter au créneau pour exprimer son mécontentement. Une fois que l'on a dit ça, il y a quand même une part de mise en scène.

Rappelons que la ministre, qui s'est fendue de deux tweets vigoureux, est ancienne directrice de la stratégie à la SNCF. Elle est ancienne présidente de la RATP, ce qui veut dire qu'elle a co-géré des lignes avec la SNCF. Sans compter que c'est elle, en partie, qui organise en ce moment même les assises de la mobilité qui concernent le transport dans sa globalité, et donc l'avenir de la SNCF. Tout ça pour vous dire que le coup de gueule de la ministre est certes attendu (si on ne désigne pas un coupable, on pense que le coupable c'est vous !), mais ça ne change rien. Élisabeth Borne est parfaitement au courant des problèmes de la SNCF. Comme Guillaume Pépy, comme Patrick Jeantet, comme le premier ministre et le président de la République.

Il y a de l'hypocrisie là-dessous, et pas qu'un peu. La ministre réclame un état des lieux, mais elle sait bien que l'état des lieux n'est pas terrible. Tous les acteurs de l'État et tous les acteurs de la SNCF savent bien que la moyenne d'âge des lignes dépasse trente ans (c'est deux fois plus qu'en Allemagne). On a des trains qui roulent moins vite parce que l'État n'a pas investi ou réinvesti par le passé. On veut faire rouler plus de TGV sur un réseau qui est vétuste, ce qui aboutit à des bugs.

À force de privilégier le "tout TGV" au détriment de l'entretien des voies, on en arrive à ce genre de situation. Alors il faut être honnête. On ne peut pas dire que rien n'est fait. Il y a 1.500 chantiers en cours à la SNCF, ce qui représente 3 milliards d'euros par an jusqu'en 2020 pour rénover le réseau. Pour être complètement honnête, l'usager (moi la première) réclame toujours que le problème soit réglé dans l'heure.

Y a-t-il un pilote dans le train ?

Mais l'usager réclame aussi des informations. C'est légitime, quatre mois après une autre gigantesque panne survenue à Montparnasse. C'est légitime, sachant qu'il y aura d'autres péripéties plus ou moins graves à la SNCF. Et c'est l'autre hypocrisie de l’affaire. Vous avez des nouvelles de Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF ? Non bien, sûr ! Il est trop content d'avoir fait comprendre que la faute incombe à son collègue du "réseau", celui qui fait rouler les trains.

Pourtant il y a quatre mois, Guillaume Pepy avait reconnu que la compagnie n'avait pas suffisamment informé les voyageurs. Pourtant il a bien convoqué ses collaborateurs lundi pour leur dire que la priorité n'est pas seulement la sécurité, mais aussi l'information. C'est à se demander si, à la SNCF, il y a bien un pilote dans... le train ?

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