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À Orléans, Emmanuel Macron revisite Jeanne d'Arc au filtre de ses ambitions

Le ministre de l'Économie a prononcé un discours d'hommage à Jeanne d'Arc aux accents républicains et parsemé d'allusions à sa propre ambition politique.

Emmanuel Macron à Orléans, dimanche 8 mai 2016
Emmanuel Macron à Orléans, dimanche 8 mai 2016 Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
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Emmanuel Macron s'est livré à un numéro politique dimanche à Orléans en prononçant un discours d'hommage à Jeanne d'Arc traversé par les allusions à sa propre trajectoire. Louant une héroïne qui "fend le système" et parvient à rassembler la France, le jeune et populaire ministre de l'Economie, qui a agité la gauche ces dernières semaines en créant son propre mouvement politique et en prenant ses libertés avec le président Hollande à l'approche de la présidentielle de 2017, s'est livré, en creux, à un autoportrait et délivré ses ambitions.

Jeanne "est dans cette France déchirée, coupée en deux, agitée par une guerre sans fin qui l'oppose au royaume d'Angleterre. Elle a su rassembler la France pour la défendre, dans un mouvement que rien n'imposait. Tant d'autres s'étaient habitués à cette guerre qu'ils avaient toujours connue. Elle a rassemblé des soldats de toutes origines. Et alors même que la France n'y croyait pas, se divisait contre elle-même, elle a eu l'intuition de son unité, de son rassemblement", a salué celui dont le mouvement, situé "ni à droite ni à gauche", vise à rapprocher les deux bords.

"Comme une flèche, sa trajectoire est nette"

Dans une ville pavoisée de drapeaux médiévaux pour les 587es "fêtes johanniques" d'hommage à sa libératrice du siège des Anglais en 1429, le ministre a semblé se placer sous le patronage de la sainte catholique, même s'il a dit "ne pas croire" à "l'homme ou à la femme providentiel(le)". "Comme une flèche, sa trajectoire est nette, Jeanne fend le système, elle brusque l'injustice qui devait l'enfermer (...) Jeanne est bergère mais elle se fraye un chemin jusqu'au roi, c'est une femme mais elle prend la tête d'un groupe armé et s'oppose aux chefs de guerre (...) Elle était un rêve fou, elle s'impose comme une évidence", a lancé l'ex-banquier devenu conseiller du président Hollande avant d'entrer au gouvernement en 2014.

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"Voilà pourquoi, les Français ont besoin de Jeanne d'Arc car elle nous dit que le destin n'est pas écrit, que nous n'avons pas à subir", a-t-il lancé, alors que la campagne de 2017 promet peu de nouveaux visages. 
Emmanuel Macron s'est ensuite joint au défilé coloré et folklorique parcourant les rues de la ville, où il a peiné à se frayer un chemin dans la foule -journalistes compris- qui l'entourait. Son discours était scruté, alors que les observateurs guettent le moindre indice de celui qui a assuré ne pas être "l'obligé" de François Hollande. Le ministre avait juré dimanche matin, lors des commémorations du 8 mai 1945 à Paris, que son discours d'Orléans n'était qu'"un discours d'histoire, de mémoire, ni plus ni moins" et démenti tout malaise avec le Président.

Royal le soutien, Hidaglo agacée

Mais en acceptant de présider les fêtes johanniques, l'ex-banquier d'affaires a de nouveau fait grincer des dents. Si de nombreux responsables politiques ont participé à la manifestation par le passé, dont les présidents Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing ou encore Ségolène Royal, un discours sur la République et l'histoire de France reste souvent du domaine réservé du chef de l'Etat ou du moins du Premier ministre.

Cinq parlementaires de droite ont par ailleurs annoncé leur boycott d'une partie de la manifestation pour exprimer leur désaccord avec l'invitation à Emmanuel Macron lancée par le maire Les Républicains, Olivier Carré. La cheffe locale du Parti socialiste, Corinne Leveleux-Teixeira, a également fait savoir qu'elle ne marcherait pas au côté du ministre, "qui n'appartient pas au PS et n'est pas de gauche", tandis que le président du Mouvement des jeunes socialistes, Benjamin Lucas, a lui fustigé "le plan de communication" d'Emmanuel Macron. "Je n'en ai rien à battre", a sèchement évacué la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, agacée d'être interrogée sur le ministre par la presse.

Le ministre de 38 ans a en revanche reçu le soutien de Ségolène Royal, elle-même venue aux fêtes johanniques en 1998 et qui a regretté que la sainte catholique ait été "longtemps raptée par le Front national". 

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