4 min de lecture Remaniement ministériel

Nucléaire, éolien, transports... Ce qui attend Rugy au ministère de l'Écologie

DÉCRYPTAGE - Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire reprend les dossiers de Nicolas Hulot. Loi alimentation, réintroduction des ours et nucléaire sont notamment au programme.

C'est notre plane`te - C'est notre Planète Virginie Garin iTunes RSS
>
Nucléaire, éolien, transports... Ce qui attend Rugy au ministère de l'Écologie Crédit Image : CHARLES PLATIAU / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

À peine nommé à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy est plongé dans le rythme intense de la vie ministérielle. Dès demain, il fera son premier Conseil des ministres, suivi du séminaire de rentrée du gouvernement. 

Ségolène Royal, ancienne ministre de l'Écologie, estime que "son premier défi, ce sera l'application de la loi de Transition énergétique sur la réduction de la part nucléaire, ce qu'avait dénoncé bizarrement Nicolas Hulot. François de Rugy a voté et a contribué à cette loi qui prévoit de réduire la part du nucléaire de 75 à 50% à l'horizon 2025". 

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, estime que "François de Rugy est un écologiste légitime, tout à fait macroniste et il a un avantage majeur, c'est qu'il peut s'appuyer sur l'Assemblée nationale, ce que Nicolas Hulot n'a pas réussi à faire". 

Réduire la part du nucléaire

Du nucléaire à la réintroduction d'ours, voici quelques dossiers brûlants que François de Rugy, qui succède à Nicolas Hulot à la tête du ministère de la Transition écologique, va trouver sur son bureau. Le nucléaire sera au cœur de la feuille de route énergétique 2019-2023 et 2024-2028, attendue après l'été. 

À lire aussi
Le Conseil des ministres du 17 octobre 2018 Élysée
Remaniement : Emmanuel Macron "ne veut pas de tête qui dépasse", dit Olivier Bost

Alors que Nicolas Hulot avait annoncé en novembre que la France ne pourrait pas tenir l'objectif de ramener la part de l'atome de 75% à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2025, nombre de questions restent en suspens, comme le nombre de réacteurs à fermer. Le ministre démissionnaire avait promis un "échéancier" précis sur la fermeture de centrales. En jetant l'éponge, il a laissé entendre qu'il avait eu des difficultés à imposer ses vues

Un rapport commandé par son ministère et celui de l'Économie recommande la construction de six nouveaux EPR à compter de 2025Bruno Le Maire a préconisé jeudi d'attendre que l'EPR de Flamanville (Manche) soit achevé avant de décider d'en bâtir d'autres. 

Développer l'éolien et les énergies renouvelables

L'objectif est de développer les énergies renouvelables, alors que les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en France en 2017. Après le solaire et l'éolien terrestre, l'avenir des énergies marines notamment est sur la table. Le résultat de l'appel d'offres du parc éolien marin de Dunkerque doit être annoncé en 2018, tandis qu'un appel d'offres pour l'île d'Oléron annoncé lors du précédent quinquennat, est attendu. 

Dans l'éolien flottant, les acteurs attendent un premier appel d'offres commercial. La France, mise en demeure par la Commission européenne en 2015 d'ouvrir à la concurrence ses concessions hydroélectriques, aurait proposé à Bruxelles la mise en concurrence de certaines concessions dès cette année qui limiterait la place d'EDF

Le plan vélo présenté en septembre

Alors que les transports sont la première source d'émissions de gaz à effet de serre en France, le projet de loi d'orientation sur les mobilités doit être présenté à l'automne. En cours de finalisation, le texte comprend des volets sur la programmation des infrastructures, l'évolution des compétences des diverses autorités locales, les mobilités propres (qualité de l'air, circulation en ville...). 

La partie "recettes" risque de faire grincer des dents, si l'État choisit d'instaurer une vignette poids lourds ou des péages sur des routes gratuites. Le ministère des Transports, qui dépend de celui de la Transition écologique, doit présenter en septembre un "plan vélo" visant à multiplier par trois la part du vélo d'ici 2024, avec la construction de pistes cyclables, des incitations... Les associations demandent 200 millions d'euros par an, ce que Nicolas Hulot avait qualifié de "faisable". 

Loi Alimentation, plan biodiversité et Constitution

Fin en septembre de l'examen au Parlement de la loi Alimentation, pilotée par le ministère de l'Agriculture mais suivie de près par Nicolas Hulot. Certains voudront-ils reparler du taux de bio dans les cantines ? Ou du glyphosate, alors que les députés avaient rejeté un amendement, soutenu par Hulot, inscrivant la fin du pesticide d'ici trois ans ? 
                   
Autre sujet : la Constitution. Les députés ont donné en juillet leur feu vert à l'inscription de la "préservation de l'environnement" à l'article 1er de la Constitution. Mais l'examen de la révision constitutionnelle a été suspendue jusqu'à la rentrée
                   
Après la présentation en juillet d'un plan biodiversité sans grandes mesures contraignantes, certains défenseurs de l'environnement craignent que cette question retombe dans l'oubli. Se pose la question de définir l'échéance de l'objectif de zéro artificialisation nette des sols ou la mise en oeuvre de la réforme de la chasse. 

La réintroduction de deux ours dans les Pyrénées

Nicolas Hulot avait annoncé au printemps la réintroduction à l'automne de deux nouveaux ours dans les Pyrénées. Le plan ours publié en mai évoque des lâchers, sans autre précision. Les éleveurs de brebis espèrent que le futur ministre renoncera à cette opération. L'Union européenne avait mis en demeure fin 2012 la France pour avoir manqué à ses obligations de protection de cette espèce. 
                   
La deuxième phase des Assises de l'eau se penchera sur la préservation de la ressource en eau. Un risque de querelle entre défenseurs de l'environnement et agriculteurs, en particulier sur l'irrigation. 

En juillet 2017, le Conseil d'État a jugé les tarifs réglementés contraires au droit européen, imposant à l'Etat de les supprimer. Le gouvernement envisage une fin à l'horizon 2023 pour tous les particuliers, mais doit préciser comment la mettre en oeuvre.        

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Remaniement ministériel Gouvernement François De Rugy
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants