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Notre-Dame-des-Landes : pourquoi l'évacuation de la ZAD est reportée

ÉCLAIRAGE - La zone à défendre basée sur le site qui devait accueillir l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes pourrait être évacuée au printemps.

Des panneaux anti-aéroports jonchent les départementales de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Des panneaux anti-aéroports jonchent les départementales de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Crédit : Sina Mir
Ludovic Galtier & AFP

Maintenant qu'Édouard Philippe et son gouvernement ont tranché en faveur de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes mercredi 17 janvier, la question de l'évacuation de la Zone à défendre brûle les lèvres de la classe politique. Cette vaste "zone d'aménagement différée" de 1.600 hectares, rebaptisée "zone à défendre" par les opposants, est actuellement occupée par 150 à 200 personnes qui, selon les autorités, en ont fait un "camp retranché".

Dans son discours teinté à la fois de volonté de dialogue et de fermeté, Édouard Philippe a fixé un ultimatum au mouvement anti-aéroport. Les zadistes sont sommés de quitter le bocage nantais d'ici le printemps 2018 (le printemps débute le 20 mars 2018) et non immédiatement. Selon Le Parisien, Emmanuel Macron aurait indiqué au terme du conseil des ministres qu'il "ne veut plus voir ce genre de ZAD en France".

Avec l'abandon du projet d'aéroport, "il y a certains zadistes qui partiront d'eux-mêmes parce qu'ils sont dans la lutte permanente et s'il n'y a plus de lutte à Notre-Dame, ils iront voir ailleurs", estimait le maire de la commune Jean-Paul Naud, qui s'est proposé au Premier ministre pour jouer les intermédiaires entre les zadistes et les autorités "pour ne pas sombrer dans la violence."

Privilégier la méthode douce

Cinq ans après la catastrophique "opération César" qui avait mobilisé un millier de policiers et gendarmes et trois ans après la mort du militant écologiste Rémi Fraisse à Sivens, le gouvernement sait qu'il est attendu au tournant. Sans apparaître laxiste, il doit s'assurer que l'intervention, difficile tant le terrain est escarpé, se déroule sans débordements et violences.

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Le Premier ministre semble donc avoir privilégié la manière douce prônée par les trois médiateurs nommés par le gouvernement. Par exemple, les agriculteurs qui ont été expropriés pourront retrouver leurs terres et d'autres venir s'installer dans un cadre légal. Dans leur rapport, ils avaient sciemment refusé d'employer le terme  d'"évacuation" de la ZAD, privilégiant la notion de "retour à l'état de droit". "Ce terme d'évacuation est simpliste et inadapté à la complexité de la ZAD", avait ainsi souligné l'ancienne préfète Anne Boquet. 

"Il y a des délais à respecter, des procédures de droit, comme la notification aux occupants illégaux qu'ils doivent partir. S'ils refusent, l'étape supérieure est le recours à la force publique. Mais on est loin de l'évacuation rapide, telle que certains l'imaginent", avait-elle ajouté.

Un rapport de force inévitable sur le terrain ?

Si Matignon refuse d'être dans une "logique qui vise à jouer le rapport de forces pour le rapport de forces", les zadistes ont fermement refusé "toute expulsion" de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre".

"Nous mettrons fin à la zone de non-droit qui prospère depuis près de dix ans sur cette zone", a exigé le Premier ministre. Les squats qui débordent sur la route doivent être évacués, les obstacles retirés, la circulation rétablie. À défaut, les forces de l'ordre procéderont aux opérations nécessaires", a-t-il prévenu.

Sur place, le dispositif de sécurité se précise. Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont arrivés à Notre-Dame-des-Landes mercredi 17 janvier. Selon Le Figaro, "d'ici à une semaine ou dix jours, le dispositif montera à 2.500 hommes". Plusieurs compagnies de CRS sont également déployées à Nantes et Rennes pour assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations.

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