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Nicolas Sarkozy mis en examen : ses arguments à la loupe

DÉCRYPTAGE - Nicolas Sarkozy a livré ses explications à la mise en examen qui lui a été signifiée dans la nuit de mardi à mercredi par les juges. Retour sur les arguments employés par l'ancien maire de Neuilly.

L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, le 28 février 2014 à Berlin
L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, le 28 février 2014 à Berlin Crédit : AFP/CLEMENS BILAN
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Pour sa riposte, il est sorti de sa retraite médiatique. C'est en prime time, au journal télévisé de TF1 et sur Europe 1 que Nicolas Sarkozy a livré ses explications sur la mise en examen qui lui a été signifiée dans la nuit de mardi à mercredi par les juges d'instruction pour "corruption", "recel de violation du secret de l'instruction" et "trafic d'influence".

Pour l'occasion, le retraité le plus actif de France a mis sa stratégie de la carte postale entre parenthèses et renoué avec un exercice télévisuel qu'il n'avait plus pratiqué depuis sa défaite au deuxième tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2012. Résolument offensif, l'ancien chef de l'État a dénoncé "l'instrumentalisation politique d'une partie de la justice aujourd'hui". Retour sur les arguments employés par l'ancien maire de Neuilly.

Remise en cause de l'impartialité des juges

Reprenant à son compte la ligne de défense déroulée par ses fidèles depuis l'annonce de sa mise en examen, Nicolas Sarkozy s'en est pris à Claire Thépaut, l'une des deux juges d'instruction de son dossier, adhérente du Syndicat de la magistrature, pour dénoncer l'acharnement judiciaire dont il serait victime. 

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"Pardon de le dire mais il est tout à fait invraisemblable que l'on ait trouvé un juge appartenant au syndicat de la magistrature quand on connaît son engagement", a-t-il notamment asséné. 

Claire Thépaut a effectivement été membre du Syndicat de la magistrature, une organisation marquée à gauche qui s'est signalée par sa lettre ouverte contre Nicolas Sarkozy à l'aube de la présidentielle de 2012 et par l'affaire du "mur des cons". Mais son appartenance au syndicat est totalement légale, c'est une liberté constitutionnelle - sur laquelle Éric Ciotti a proposé de revenir aux prémices de l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy. Elle n'a par ailleurs jamais été membre des instances dirigeantes du syndicat, rapporte Le Monde.

Sur sa tentative de corruption supposée de Gilbert Azibert

L'ancien président est également revenu sur le rôle de Gilbert Azibert, le haut magistrat de la Cour de cassation que les juges soupçonnent d'avoir violé le secret de l'instruction en renseignant Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog de l'avancement d'un volet de l'affaire Bettencourt, en l'échange d'un poste de prestige à Monaco.

"M. Azibert était candidat à un poste à Monaco. Il ne l'a pas eu. M. Herzog m'a demandé si je pouvais faire des démarches. Je ne les ai pas faites. C'est prouvé dans le dossier. Le Palais de Monaco l'a indiqué. Il existe une écoute, qui n'a pas fuité, où je dis à M. Herzog que je ne ferai pas d'intervention. Et la décision de la Cour de cassation, que j'attendais positive, fut négative puisque j'ai été débouté. Où est le trafic d'influence ?", s'est-il interrogé.

En se dédouanant, sur le fond, du dossier, Nicolas Sarkozy met clairement en cause son avocat - "M. Herzog m'a demandé si je pouvais faire des démarches" -, avec lequel il entretient une amitié de plus de trente ans.

Il s'interroge ensuite sur la pertinence de l'un des chefs d'accusations retenus contre eux (la corruption active) en expliquant que les faveurs promises dans le "pacte" n'avaient pas été obtenues. Or, que le résultat ait été atteint ou non, l'intention est punie par la loi.

Sur son placement en garde à vue, à l'inverse de Jérôme Cahuzac

Nicolas Sarkozy s'est aussi étonné de la décision prise par les juges de le placer en garde à vue. Selon lui, elle relève de "la volonté de [l]'humilier". Il s'est étonné de la différence de traitement entre lui et Jérôme Cahuzac "a qui on a découvert un compte en Suisse", et qui "n'a pas fait une seconde de garde à vue".

Accusé par Mediapart d'avoir détenu un compte bancaire non déclaré dans la banque suisse UBS, le ministre du Budget d'alors avait été contraint de démissionner du gouvernement. Quinze jours après avoir quitté la majorité, après plusieurs mois de démentis, il avait avoué lors d'une intervention audiovisuelle avant de prendre rendez-vous avec les juges. Le placement en garde à vue n'était donc plus nécessaire.

En revanche, son ex-épouse a bien été placée en garde à vue puis mise en examen pour blanchiment d'argent, dans le cadre de l'enquête.

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