2 min de lecture Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy mis en examen : la riposte de l'ancien président s'organise

DÉCRYPTAGE - L'ancien chef de l'État a été présenté à un juge après sa garde à vue dans la nuit du 1er au 2 juillet. Il a été mis en examen pour corruption active, mais entend s'attaquer à l'accusation sur le fond et la forme.

Nicolas Sarkozy à Nice, le 10 mars 2014 (Archives)
Nicolas Sarkozy à Nice, le 10 mars 2014 (Archives) Crédit : VALERY HACHE / AFP
Mathieu Delahousse et Benjamin Hue

Attaquer la base du dossier, sur le fond et la forme. Premier président de la Ve République à avoir été placé en garde à vue, interrogé au siège de la police judiciaire à Nanterre puis mis en examen pour corruption active et trafic d'influence actif, Nicolas Sarkozy n'a pas dit son dernier mot face à la justice. 

Sa stratégie, pour cette première nuit, a été d'encaisser le choc. Mais il n'est pas non plus question de rester immobile. La contre-offensive judiciaire s'organise.

Contester les conditions de son audition

Le premier volet de la riposte consiste à contester les conditions de la garde à vue de Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État a refusé la présence d'un avocat pendant l'audition, puisque Thierry Herzog, son avocat, est lui aussi en garde à vue et donc empêché d'assurer sa défense. 

Nicolas Sarkozy n'en a pas voulu d'autre. C'est donc seul qu'il fait face aux interrogations qu'il a subies pendant quinze heures. La défense pose donc la question de l'équité de son audition.

Contester la légalité des écoutes

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Les avocats de Nicolas Sarkozy ont désormais accès au dossier, dont une grande partie repose sur les écoutes téléphoniques, que l'ancien président a largement eu le temps de critiquer en dénonçant un "coup tordu" et des "méthodes dignes de la Stasi". 

Tout l'enjeu est donc de contester la légalité des écoutes, dans le sillage de l'avocat de Thierry Herzog qui s'y est déjà employé ce matin. Des nullités de procédure seront lancées sur cet aspect.

Dans cette perspective, les écoute menées sur Thierry Herzog, alors que ses conversations sont protégées par le secret professionnel, constituent le nouveau nerf de la guerre. L'une d'elles, avec le bâtonnier de Paris Pierre-Olivier Sur, juste après sa mise en cause publique, aurait même été retranscrite alors qu'elle "relève de l'intime", s'indigne le bâtonnier. "Il m'a dit qu'il était à bout.  Je lui ai dit de venir prendre un café. Ce moment là ne pouvait pas être écouté ni retranscrit. C'est une faille énorme, les juges sont allés trop loin".

Dénoncer la partialité des juges

La défense de Nicolas Sarkozy s'articule également en dehors du simple cadre de la procédure. Depuis l'annonce de sa garde à vue puis de sa mise en examen, de nombreux proches ou soutiens de l'ancien président sont montés au créneau pour mettre en cause l'impartialité des deux magistrates qui pilotent le dossier et dénoncer un acharnement judiciaire.

"Je mets en cause l'impartialité d'un des juges qui est un juge engagé, qui a nourri des haines contre le président", a lancé Christian Estrosi sur France Info. Nadine Morano a également reproché à Claire Thépaut, en charge de l'enquête sur l'affaire des écoutes, d'avoir été très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était au pouvoir ainsi que son appartenance au syndicat de la magistrature, classé à gauche.

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Sarkozy mis en examen : ses proches organisent la riposte Crédit Média : Jérôme Chapuis | Durée : | Date :
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