1 min de lecture Affaire Bettencourt

Nicolas Sarkozy mis en examen : l'UMP cible le juge Gentil

L'UMP faisait bloc vendredi autour de Nicolas Sarkozy, au lendemain de sa mise en examen pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt. Les proches de l'ancien chef de l'Etat ciblent le juge bordelais Jean-Michel Gentil, à l'origine de cette décision. Une attitude qui choque les magistrats.

studio-rtl
La rédaction numérique de RTL

Après la surprise, la colère. Les sarkozystes et l'UMP avaient été sidérés à l'annonce jeudi soir du soupçon pesant, aux yeux du juge Jean-Michel Gentil, sur l'ex-Président : avoir abusé des absences d'une des vieilles dames les plus riches du monde pour financer sa campagne électorale victorieuse de 2007. Vendredi, c'est l'indignation qui a pris le dessus. Avec une cible privilégiée, le juge Gentil. Et plus globalement, la justice en règle générale, accusée mener une attaque judiciaire partisane.

L'attaque de l'avocat de Nicolas Sarkozy contre le juge Gentil
Depuis jeudi soir, les politiques les plus proches de Nicolas Sarkozy se relaient pour réagir, et surtout accuser. Une stratégie qui suit celle de Nicolas Sarkozy lui-même, qui, par le biais de son avocat Thierry Herzog, a jugé "scandaleux" le traitement que lui a réservé le juge Jean-Michel Gentil, qui a décidé de la mise en examen de l'ancien président de la République.

Ce qui étonne, ce sont les propos très virulents à l'encontre d'une justice censé avancer dans la sérénité, en dehors des pressions politiques. Ce qui, depuis jeudi soir, n'est pas franchement le cas. Me Thierry Herzog, invité de Jean-Michel Apathie sur RTL vendredi matin, n'a par exemple pas hésité à mettre en cause l'impartialité du juge Gentil.  "Est-ce que vous pensez que l'instruction a vraiment été à charge et à décharge ?", a-t-il demandé, dénonçant une mise en examen "incohérente et injuste". Il a annoncé d'ailleurs qu'il l'attaquait devant la chambre d'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, où se déroule l'enquête. 

Guaino  : "Le juge a déshonoré la justice"
Même méthode de "défense" chez Henri Guaino, éminence grise de Nicolas Sarkozy pendant le quinquennat. Le député a estimé que le juge Gentil avait "déshonoré, plus qu'un homme, la justice elle-même".  Sa décision "irresponsable" provoque une "salissure" qui atteint "la République, la France", a tonné le proche de M. Sarkozy

Ami intime de l'ancien président, l'UMP Brice Hortefeux s'est lui aussi étonné d'une mise en examen  "bien à propos" sur fond de popularité croissante pour M. Sarkozy et décroissante pour le président François Hollande. Il a parlé lui aussi d'un traitement "exclusivement à charge".  Se disant "choqué" par les analystes qui anticipent un retrait du dirigeant de droite de la vie politique après ce coup, Jean-François Copé, président de l'UMP, a assuré ne pas comprendre cette incrimination. Son rival François Fillon l'a qualifiée d'"injuste et extravagante".

La veille déjà, de multiples voix UMP avaient donné une lecture très politique d'un développement judiciaire survenu deux jours après la démission du brillant ministre socialiste Jérôme Cahuzac. On avait parlé "d'instrumentalisation" (Christian Estrosi), "acharnement" (Geoffroy Didier), "calendrier bizarrement opportun" (Laurent Wauquiez).

Les magistrats outrés par les attaques

Les attaques en règle des "amis" de Nicolas Sarkozy ont immédiatement provoqué l'indignation des magistrats français, outrés par les propos accusateurs, notamment ceux de Henri Guaino, qui pourrait être l'objet d'une poursuite judiciaire. "J'ai envie de dire à M. Guaino qu'il déshonore la République et (...) ses fonctions de député. C'est juste abject de tenir ce genre de propos", a rétorqué Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), principal syndicat de la profession. 

La mise en examen de Nicolas Sarkozy correspond "au cours normal d'une information judiciaire, ce n'est pas de l'acharnement judiciaire", a-t-on également commenté au Syndicat de la magistrature (SM, gauche), en jugeant "inadmissibles" les "attaques contre l'indépendance de magistrats qui ne font que leur travail", a déclaré à l'AFP sa secrétaire nationale Sophie Combes."Pendant longtemps, la justice n'a pas pu interroger Nicolas Sarkozy du fait du statut pénal du chef de l'Etat", a-t-elle rappelé, soulignant qu'il n'y avait désormais plus de raison de ne pas appliquer à l'ancien président, comme à tout autre justiciable, les règles de la procédure pénale."

De son côté, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a assuré les magistrats ce vendredi de son soutien. Elle "rappelle que l'indépendance de l'autorité judiciaire est garantie par la Constitution", a indiqué la Chancellerie dans un communiqué, ajoutant que la ministre "regrette tous propos qui porteraient atteinte à l'honneur des juges et assure les magistrats qui seraient mis en cause de son soutien".

Mélenchon raille "l'argent-roi" alors que Cambadélis s'inquiète de la colère de l'opinion

Alors que l'Elysée a refusé de commenter cette mise en examen, ce qui semble logique, certains, à gauche, n'ont pas hésité à raillé l'attitude des responsables UMP. Avec une mise en garde : la justice doit rester indépendante.  Gare aux pressions sur la justice, s'est alarmé le numéro un socialiste Harlem Désir. "C'est insupportable de mettre ainsi en cause la probité et l'indépendance des juges".   "La justice fait son travail librement", a estimé la ministre écologiste Cécile Duflot, critiquant les "cris d'orfraie" de sarkozystes.

Et sur les faits reprochés à Nicolas Sarkozy ? Pour le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, il ne fait aucune doute que "la racine des problèmes est dans un modèle démocratique où l'argent règne sur tout" alors que le Socialistes Jean Jean-Christophe Cambadélis s'inquiète lui de la "colère de l’opinion" face à la succession des affaires, en référence à la démission récente de Jérôme Cahuzac pour une affaire de compte bancaire ouvert en Suisse. Un opinion aujourd'hui au premier rang pour assister à un cirque politique qui laissera des traces.

La chronologie de l'affaire Bettencourt

Lire la suite
Affaire Bettencourt Nicolas Sarkozy UMP
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7759762477
Nicolas Sarkozy mis en examen : l'UMP cible le juge Gentil
Nicolas Sarkozy mis en examen : l'UMP cible le juge Gentil
L'UMP faisait bloc vendredi autour de Nicolas Sarkozy, au lendemain de sa mise en examen pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt. Les proches de l'ancien chef de l'Etat ciblent le juge bordelais Jean-Michel Gentil, à l'origine de cette décision. Une attitude qui choque les magistrats.
https://www.rtl.fr/actu/politique/nicolas-sarkozy-mis-en-examen-l-ump-cible-le-juge-gentil-7759762477
2013-03-22 12:29:00