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Nicolas Sarkozy : la stratégie du "ni-ni" définitivement enterrée

ÉCLAIRAGE - Nicolas Sarkozy l'a concédé. Si François Hollande et Marine Le Pen arrive au second tour de l'élection présidentielle, l'ancien chef de l'État votera pour son successeur, mais "pas de gaieté de cœur".

Nicolas Sarkozy à Perpignan le 24 septembre 2016.
Nicolas Sarkozy à Perpignan le 24 septembre 2016. Crédit : RAYMOND ROIG / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

C'est un revirement qui met fin à de nombreux désaccords au sein des Républicains. Nicolas Sarkozy ne prône plus la stratégie de "ni-ni" pour l'élection présidentielle à venir. Interrogé sur l'hypothèse d'un second tour avec Marine Le Pen et François Hollande, le candidat à la primaire de la droite et du centre affirme : "Je n'ai jamais voté pour le FN et je n'ai pas l'intention de le faire". Il ajoute qu'il voterait pour François Hollande, tout en concédant que cet acte ne se ferait "pas de gaieté de cœur". 

Nicolas Sarkozy a expliqué sur BFMTV qu'entre Les Républicains et le Front national, "il y a une barrière infranchissable. Pour eux l'immigration c'est un problème de principe, pour moi c'est un problème de nombre. Ce n'est pas tout à fait la même chose". Les déclarations de l'ancien président de la République ont été vivement commentées par les cadres du parti présidé par Marine Le Pen. Marion Maréchal-Le Pen a écrit sur Twitter : "Sarkozy appelle à voter Hollande contre le FN. Au moins les choses sont claires". Florian Philippot, le vice-président du parti, a estimé que Nicolas Sarkozy "doit se reconnaître dans son bilan, aussi dramatique que le sien !". 

Le choix de Nicolas Sarkozy a été aussi largement repris par le clan des Républicains. Gilles Boyer, le directeur de campagne d'Alain Juppé, a commenté la nouvelle en postant sur Twitter : "La fin du ni-ni, enfin" et en qualifiant ce positionnement de "revirement salutaire". Nathalie Kosciusko-Morizet en a profité pour glisser une pique à son rival : "Il arrive qu'on défende ses convictions quitte à perdre son poste. Mais le plus important, c'est d'être ralliée ensuite". Elle fait ainsi référence à son départ de la direction des Républicains en décembre 2015. 

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Une stratégie contestée au sein des Républicains

Et si ce changement de perspective est aussi commenté, c'est parce qu'il s'agit d'une première pour Nicolas Sarkozy. Le candidat à la primaire Les Républicains avait fait du "ni-ni" une consigne de vote lors des élections départementales et régionales en 2015. "Nous ne voterons ni pour le Front national ni pour ceux qui font monter le Front national", déclarait-il alors, comme le souligne BFMTV. Le Huffington Post rappelle l'origine de ce choix : "En 2011, l'UMP opère un virage à 180 degrés. Plombé par l'exercice du pouvoir, affaibli par un Front national revigoré par la crise et l'avènement de Marine Le Pen, le parti majoritaire est éliminé dès le premier tour dans plus de 200 cantons".


En amont de l'élection, "Nicolas Sarkozy a fait passer le mot à sa famille politique, alors dirigée par le secrétaire général Jean-François Copé : 'ni vote pour le Front national ni vote pour la gauche'. Au lendemain du premier tour, un bureau politique extraordinaire valide cette ligne qui restera celle de l'UMP", ajoute le site. Lors des élections départementales, Nicolas Sarkozy avait dû faire face à l'opposition au sein de son propre parti. "Le ni-ni, je ne sais pas ce que ça veut dire, c'est une expression qui fait un peu infantile", expliquait à l'époque Christian Estrosi. Nathalie Kosciusko-Morizet assurait aussi qu'en ligne directe avec ses convictions, elle n'adopterait pas la position du "ni-ni". 

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