1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Nicolas Hulot et la menace persistante du départ
3 min de lecture

Nicolas Hulot et la menace persistante du départ

DÉCRYPTAGE - Le ministre de l'Écologie fait planer le doute d'un possible départ du gouvernement cet été. Une méthode qu'il a déjà utilisé depuis son arrivée au sein de l'équipe ministérielle.

Nicolas Hulot, à Marseille le 18 mai 2018
Nicolas Hulot, à Marseille le 18 mai 2018
Crédit : BERTRAND LANGLOIS / AFP

Une prise de guerre de taille. C'est l'effet produit par l'arrivée de Nicolas Hulot dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe. Longtemps courtisé par la classe politique, c'est finalement Emmanuel Macron qui réussira à le convaincre de prendre la tête du ministère de l'Écologie. 

Les dossiers sont nombreux pour Nicolas Hulot : glyphosate, sortie du nucléaire, biodiversité... Autant de points de friction possible avec d'autres membres du gouvernement. Le ministre est attendu au tournant sur sa ligne politique : va-t-il résister aux rouages de la politique ou reculer sur certains principes écologistes ? 

C'est avant sur cela que Nicolas Hulot est attendu. Invité de Radio Classique, le député européen EELV Yannick Jadot, estime il "y a une belle promesse avec Nicolas Hulot. Il y a cette promesse, mais qu'est-ce qu'on constate au bout d'un an ? C'est que Nicolas Hulot était isolé, mais il est devenu totalement asphyxié".

Une réunion sous le signe de la vérité

La question du départ du ministre de l'Écologie du gouvernement n'a de cesse d'être remise sur la table.... par le principal concerné. Le 23 octobre, invité de RTL, Nicolas Hulot avait déjà fait pression pour peser dans l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

À écouter aussi

Le 16 mai dernier, alors que le gouvernement organise son opération de communication pour les un an d'Emmanuel Macron à l'Élysée, Nicolas Hulot est invité sur BFMTV. "Cet été j'aurai suffisamment d'éléments pour pouvoir regarder si effectivement je participe à cette transformation sociétale (...) Cet été, on aura avec le président et le premier ministre je pense un moment de vérité, on fera le point, on tracera les perspectives et on prendra ensemble des décisions sur l'avenir et les prochaines étapes", a-t-il indiqué. 

On fera le point, on tracera les perspectives

Nicolas Hulot

Un "moment de vérité" qui laisse sous-entendre un possible départ du gouvernement. Cette annonce a provoqué un élan de solidarité. Christophe Castaner souhaite "qu'il reste". Sur Franceinfo, il ajoute : "Nicolas Hulot, j'en ai parlé avec lui cette semaine, porte une exigence, une exigence dans son combat, une exigence constante, et il se heurte aussi à la difficulté d'être ministre parce que vous êtes confronté à des principes de réalité qui font que quelquefois vous avez des rapports au temps un peu plus difficiles que les 'y a qu'à, faut qu'on' qu'on a pu entendre dans le débat hier dans L'Émission Politique" sur France 2.

Pour expliquer les propos de Nicolas Hulot, Christophe Castaner met en avant "la personnalité" du ministre. Au sein du gouvernement, il y a "des personnalités différentes dans ce gouvernement, pas que des professionnels de la politique" mais "des femmes et des hommes qui ne sont pas issus du sérail" alors qu'on avait avant "un moule unique". 
"Mais je note que depuis un an les couacs ont été très rares", a-t-il précisé. "Évaluant son action depuis un an, Nicolas Hulot a estimé qu'il y avait eu un changement de 'tropisme' sur certains sujets, notamment sur l'utilisation des pesticides, 'même si ça ne va pas assez vite'", note l'AFP

Un axe anti-écologie ?

Selon un proche cité par l'agence, le ministre de l'Écologie "n'y croit plus et est assez déprimé". Il ne devrait "plus rester très longtemps". Nicolas Hulot a même "voulu présenter sa démission fin avril", avant d'en être dissuadé par Emmanuel Macron qui a su trouver "les bons mots" et le remotiver, au moins pour un temps. "Il y a des jours où c'est compliqué", admettait dans Quotidien au début du mois de mai Matthieu Orphelin, un député REM très proche du ministre. 

Yannick Jadot dénonce "un axe Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Stéphane Travert, l'axe de ceux qui ont toujours méprisé les questions d'environnement et toujours combattu les solutions écologiques". 

Du côté de l'Élysée, on affirme que "Nicolas Hulot a une relation de confiance et de franchise avec le président" qui considère qu'il "a toute sa place dans le gouvernement" et "s'insère parfaitement dans la politique gouvernementale". L'AFP note que le ministre, qui mercredi était à Matignon pour une réunion de cadrage budgétaire, a eu un tête-à-tête avec Édouard Philippe pour évoquer également son avenir, selon Matignon. 

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/