1 min de lecture Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan : "Je n'ai pas encore mes 500 signatures !"

VIDEO - Le candidat souverainiste (Debout la République) à la Présidentielle répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Le retour au franc est "inéluctable", a assuré Nicolas Dupont-Aignan, tout en soulignant sa différence avec la candidate du Front National, Marine Le Pen, avec "ses outrances et ses excès". "La clef, c'est de retrouver notre liberté monétaire pour enfin refinancer notre dette à 0% par la Banque de France, ce que nous ne faisons plus depuis 1973. Tout mon programme économique repose là-dessus", a-t-il ajouté. Affirmant par ailleurs ne "pas encore" disposer des 500 parrainages d'élus nécessaires pour participer au scrutin d'avril et mai, il s'est dit "quasi certain" de les obtenir.

Nicolas Dupont-Aignan sur RTL le 6 mars 2012
Nicolas Dupont-Aignan sur RTL le 6 mars 2012 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Dupont-Aignan.

Nicolas Dupont-Aignan :
Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Nous sommes le 6 mars.

Oui.

Dans dix jours, le 16 mars, vous déposerez vos parrainages au Conseil constitutionnel dans l'espoir de pouvoir être candidat à la Présidence de la République. Vous en aurez, 500 parrainages ?

Oui !

Vous les avez déjà ?

Pas encore.

Une radio qui n'est pas loin d'ici dit que vous les avez, ce matin.

Eh bien écoutez, elle est mieux informée que moi !

Ah ! Donc vous n'êtes pas encore certain d'être candidat ?

Je suis quasi-certain. Mais vous savez, les parrainages on est en train d'aller les chercher. Ils remontent à la capitale.

Allez, vous avez dix jours. Votre programme, c'est trente-sept propositions pour la France Libre. C'est quand même pas très modeste, ça ! Vous n'êtes pas la réincarnation du Général de Gaulle !

Non ; mais la France n'est plus libre ; et c'est pourquoi les hommes politiques pédalent dans le vide, n'arrivent pas à résoudre les problèmes de nos concitoyens et tout l'enjeu de cette élection présidentielle, c'est de savoir comment, enfin, on change le système pour traiter les problèmes de fond du pays : le chômage de masse, la pauvreté, la sécurité.

Ce qui entrave la France, selon vous, c'est l'euro ?

C'est un système européen mondialiste ; c'est une démission très profonde des dirigeants français qui ont cru qu'on pouvait s'agiter, faire semblant de gouverner, avoir les attributs du pouvoir sans l'exercice du pouvoir ; et ils ont confié les principales décisions à des gens non élus : la Banque centrale européenne ; mais pas seulement, la Commission de Bruxelles, les marchés financiers, les multinationales.

Et au bout de vingt ans, vingt ans de navigation à vue, de petites phrases, de campagnes politiques de mensonges, eh bien le résultat est là : les Français souffrent ; et on peut changer ça. Il n'y a aucune fatalité. Aucune fatalité à subir ça.

L'Europe (on voit ce que vous voulez dire). Quand vous dites : mondialiste puisque c'est le mot que vous prenez ; ça veut dire quoi ? Vous êtes hostile au mouvement de mondialisation. Il faut s'en prémunir ? Il faut fermer les frontières ? Qu'est-ce que ça veut dire ça ?

Cela veut dire que la mondialisation est une guerre économique et scientifique.

Il faut la livrer ou pas ?

Il faut la livrer, c'est une bataille ; et dans la bataille...
 
... Donc, vous êtes contre la mondialisation ?

Mais la mondialisation, on n'a pas à être contre ou pour. C'est un fait historique.

Et mondialiste, alors ça veut dire quoi ?

Mais mondialiste, ce n'est pas la même chose.

Alors qu'est-ce que c'est ?

Le mondialisme, c'est une théorie qui voudrait que les Nations disparaissent, qui voudrait que l'Autorité politique, le Pouvoir politique s'écrase devant le Pouvoir économique et financier ; et je suis absolument convaincu car je regarde ce qui se passe dans le monde, que la France avec ses atouts, avec son peuple qui est travailleur contrairement à ce qu'on croit, peut faire de grandes choses comme d'autres pays le font. Je ne vois pas pourquoi l'Argentine s'est redressée, la Malaisie, la Corée, le Japon et d'autres... parce qu'ils ont une politique nationale, forte, ouverte sur le monde mais défendant leurs intérêts.

C'est un peu comme au foot :
- Il faut une Défense, c'est ce que j'appelle le protectionnisme, tous en font sauf la France.
- Il faut une attaque : investir dans l'avenir.

Et je ne vois pas pourquoi, par exemple, ce qu'on a fait avec le cinéma français qui est le secteur le plus protectionniste de France - ce qu'on  a accordé aux acteurs de cinéma, aux metteurs en scène - qui réussit, on a vu les succès à l'exportation, on ne le fait pas pour nos agriculteurs et nos ouvriers.

La clef, c'est la sortie de l'euro ?

La clef, bien évidemment, c'est de retrouver notre liberté monétaire pour enfin, refinancer notre dette : à 0% par la Banque de France. Ce que nous ne faisons plus depuis 1973. Tout mon programme économique repose là-dessus pour une raison très simple, c'est que je peux faire 20 milliards d'économie par an sur les intérêts d'emprunts  au bout de cinq ans, de monétisation. Ce qui permettra de baisser les charges des PME, des commerçants, des artisans et ce qui me permettra d'investir dans l'avenir. Tous les pays du monde le font sauf la Zone euro qui se condamne à passer par des marchés financiers qui sont en train de racketter les pays.

Vos 20 milliards d'économie, c'est ?
 
Les charges d'intérêts. Nous avons aujourd'hui 50 milliards par an ; et on peut passer à 30.

... Qu'on ne reversera pas... Oui, enfin.

Oui, tout à fait.

Si vous empruntez à 0, vous  n'avez même pas 30 ?!

Mais vous remboursez le capital. Je parle des charges d'intérêts.

Ah le capital ! Pas les charges d'intérêt... Alors oui d'accord, le capital.

Aujourd'hui, il faut savoir que les Français paient chaque année, 50 milliards de charges d'intérêts.

D'intérêts. Ah oui, bien sûr !

D'intérêts.

Donc, si on revient à 0%, il y a 50 milliards d'économie.

Non.

Bon d'accord.


Pas 50 d'un coup parce que vous le faites petit à petit. Ce n'est pas d'un coup de baguette magique. Tout ça est un peu compliqué.
   
Donc, retour au franc ?

Retour au franc, bien sûr. De toute façon, ça viendra, c'est inéluctable, il faut le préparer.

Si on paie le pétrole en franc, à quel prix est le litre d'essence à la pompe ? Est-ce que vous le prévoyez, Nicolas Dupont-Aignan ?

Alors, ça c'est la grande attaque. D'abord, il faut savoir...

Vous, vous avez la réponse parce vous vous y êtes préparé ?

Oui, bien sûr, j'ai la réponse.

Voilà.

Ecoutez, je ne propose pas le retour au franc sans savoir les conséquences que cela aura.

Alors, prix du litre d'essence ?

Bien évidemment, l'euro-franc diminuerait de l'ordre de 20%. Cela veut dire que sur 40% du prix de l'essence, puisque vous savez qu'il y a 60% de taxes, il y aura une augmentation de 20% et je prévois une baisse de la TIPP, de 5 milliards d'euros pour compenser l'augmentation liée aux importations. Donc, avec ma sortie de l'euro et le programme économique que je propose, qui est très concret, chiffré, il n'y aura pas de hausse du prix de l'essence.

Les communistes longtemps opposés à l'euro, s'y sont ralliés aujourd'hui puisque leur candidat, Jean-Luc Mélenchon, est favorable au maintien de la France dans l'euro ; et à part vous, il n'y a que Marine Le Pen qui propose le retour au franc. Si vous n'arrivez pas à être candidat, Nicolas Dupont-Aignan, appelerez-vous à voter pour Marine Le Pen ?

Je serai candidat !

Et si vous ne l'êtes pas ?

Je le serai !

Mais si vous ne l'êtes pas ?

Ma candidature... Ecoutez, je le serai, vous le verrez...

Mais si vous ne l'êtes pas ?!

Ma candidature va permettre enfin aux Français...

... C'est difficile comme question !

... D'avoir une voix patriotique...

... Ce n'est pas facile comme question !

Mais non. Je suis candidat pour ça...

Je pars de votre raisonnement. La chose la plus importante, c'est le retour au franc ; et il n'y a qu'un candidat  (une candidate, en l’occurrence qui le propose), c'est Marine Le Pen.

Et c'est ça le problème.

Si c'est la chose la plus importante, si vous n'êtes pas candidat, quelle conséquence vous en tirez ?

Eh bien, j'aurais... C'est ça le problème. C'est que justement, le système UMP et PS qui a échoué depuis trente ans dans notre pays, qui a conduit le pays à la ruine, qui s'agite avec des petites phrases depuis deux mois pour voler la Présidentielle aux Français, a pu survivre dans notre pays parce que le seul opposant à ce système, c'était madame Le Pen avec ses outrances et ses excès.
 
Mais ce n'est pas ma question !

Si.
 
Ah non, ce n'est pas ma question !

Je suis candidat justement pour permettre aux Français d'avoir un patriotisme raisonnable, rassembleur et républicain. Et c'est ça qui va changer dans cette campagne, c'est que les Français n'auront plus le choix entre l'abandon et l'excès : ils auront une voie patriotique, gaulliste, sociale qui permettra de sortir le pays de la crise ; et c'est là où je vais convaincre les Français ; et vous verrez.

Vous avez compris ma question, je ne la répète pas ?

Mais je serai candidat. Je suis justement candidat pour éviter votre question.
 
C'est parce que vous ne voulez pas y répondre que je ne la repose pas...   

... Non, c'est parce que toute mon action politique de gaulliste est de défendre une idée de la France sans tomber dans l'excès. Moi, mon obsession, ce n'est pas la viande halal ; mon obsession, c'est le chômage des Français, c'est la pauvreté. Voilà la question fondamentale de la Présidentielle et j'aimerais qu'on en parle aujourd'hui.

Alba Ventura l'a dit tout à l'heure : Jean-Pierre Chevènement va se rallier à François Hollande. Ca vous déçoit ?

Oui, ça me déçoit puisque Jean-Pierre Chevènement défend exactement l'inverse de ce que propose François Hollande.

Et il va le rallier !

Eh bien oui, c'est la petite loi politicarde de la France depuis trente ans. Et justement si je suis candidat, monsieur Aphatie, c'est parce que je pense que les Français n'en peuvent plus. Ils savent bien que ceux qui nous ont gouvernés n'ont pas la solution. Ils ne veulent pas les excès ; eh bien, je vais leur proposer une voie originale et différente.

Vous avez des propos très durs sur Nicolas Sarkozy. Vous avez dit dans une interview qu'il n'avait "pas réussi à incarner la France".

C'est la réalité.

Vous avez des propos plus bienveillants sur François Hollande.

A titre personnel. Pas sur sa politique.

Si vous préférez la victoire de François Hollande...

... Non !

... Sur celle de Nicolas Sarkozy...

Mais non.

Parce qu'il faudra bien qu'il y ait un Président à la fin de l'élection quand même !

Et justement. Mais pourquoi...

Alors, soit celui qui sort, soit François Hollande...
  
Mais pourquoi nous enfermer dans cette bipolarisation ?

Soit vous ?

Mais si je suis candidat, ce n'est pas pour aller cueillir des marguerites ! Si je suis candidat, c'est parce que je n'en peux plus comme des millions de Français de cette fausse alternative, de deux Partis qui proposent la même chose qui sont soumis aux mêmes intérêts financiers. La France ne pourra pas s'en sortir avec des gens qui proposent la même chose.

Mais la probabilité que Nicolas Sarkozy ou François Hollande soit à l'issue du processus...

... Elle est forte, je le reconnais.
 
... Président, est plus forte que celle de vous voir, vous  entrer à l'Elysée Nicolas Dupont-Aignan ?

C'est clair. Mais dans l'Histoire de France, monsieur Aphatie ; dans l'Histoire de France et dans l'Histoire des peuples, ce sont toujours des gens nouveaux, différents qui dans les périodes de crise ont proposé des solutions et ont sorti leur pays de la difficulté. Laissez les Français choisir ; ils ont le choix. Si on souhaite qu'il y ait un premier tour, et j'espère qu'il y aura un premier tour de l'élection présidentielle.

Et sur la probabilité à la fin du deuxième tour, nous sommes d'accord.

Mais ce n'est pas vous qui décidez des probabilités, c'est le peuple français.

Et voilà. Ni vous, ni moi, ce sont les gens qui votent...

... Exactement. Mais votre boulot, c'est de leur offrir un choix.
 
 ... le 22 avril et le 6 mai, et pas avant que le choix sera fait...

Exactement.

... Nous sommes d'accord avec Nicolas Dupont-Aignan, ce matin, sur RTL. Bonne journée.   
2012 et vous OK

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