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Nicolas Bay, l'homme qui veut incarner la refonte du Front national

PORTRAIT - Engagé au sein du Front national depuis ses 15 ans, Nicolas Bay marque l'opposition idéologique à Florian Philippot, à l'heure où le parti se cherche une ligne politique affinée.

Nicolas Bay, Marine Le Pen et Florian Philippot, le 1er mai 2016 à Paris.
Nicolas Bay, Marine Le Pen et Florian Philippot, le 1er mai 2016 à Paris.
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La présidentielle de 2017 n'aura pas été une élection comme les autres pour le Front national. Au lendemain de la défaite de Marine Le Pen, le parti entame une refonte de son mode de fonctionnement et, surtout, de sa ligne politique, faisant de Florian Philippot et sa stratégie de dédiabolisation les victimes collatérales de ce mouvement. Deux mois après cet échec, le parti s'est réuni lors d'un séminaire à huis clos.

Outre les questions de changement de nom du Front national, une interrogation centrale a occupé les membres du parti : sortir ou non de la zone euro. Marine Le Pen en avait fait le point clé de sa campagne de 2017 mais avait opéré une reculade sur le sujet lors de son rapprochement avec Nicolas Dupont-Aignan, durant l'entre-deux-tours. Et c'est là que le Front national se scinde en deux. L'entourage de Florian Philippot, vice-président du parti, ne souhaite pas revenir sur cette mesure, tandis que les proches de Nicolas Bay, secrétaire général, prônent une révision de la position du mouvement politique fondé par Jean-Marie Le Pen.

Une ligne clairement opposée à celle de Florian Philippot

Le secrétaire général du Front national juge que la sortie de la zone euro "participe largement de la distance d'une partie de l'électorat de droite, nous rejoignant pourtant largement sur les autres thématiques, mais aussi -et ça se recoupe - d'une partie des retraités et des CSP+ sans lesquels on ne peut viser à obtenir une majorité électorale". Dans un document que s'est procuré L'Express, il poursuit en ajoutant que cette mesure représenterait même "des risques pour l'économie" et propose donc de "sortir de la gouvernance des seules mains de la Banque centrale européenne" mais aussi "d'obtenir la maîtrise du taux directeur de la France" et de pouvoir "importer et exporter des réserves en euro". 

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Plus généralement, sur les thématiques de l'identité et de l'immigration, Nicolas Bay estime que le "potentiel électoral" du parti "se situe clairement à droite de l'échiquier". Il ajoute que "les motivations de vote des électeurs Front national se situent très largement et prioritairement sur l'identité, la lutte contre l'immigration et l'islamisme". Là encore, sa position diverge avec celle de Florian Philippot, qui prône un parti plus "rassembleur" qui doit éviter de "se replier sur une base programmatique restreinte".

Sur les questions relatives aux entreprises, le secrétaire général du Front national propose d'utiliser "un vocabulaire dont ils se sentent proches, qui leur est familier ou tout au moins n'est pas un repoussoir". Il critique ainsi le fait que le parti apparaisse comme "très étatiste en raison de quelques marqueur programmatiques (État stratège, 35 heures, retraite à 60 ans) mais aussi du vocabulaire employé, perçu comme 'hostile' par le monde de l'entreprise ('casse sociale', etc.)". Il faudrait "davantage insister sur la baisse des charges, de la fiscalité, des contraintes administratives et de l'insécurité juridique qui pèse sur les entreprises". 

Mégrétiste réhabilité en 2009

Comment est-il arrivé au Front national ? "À 15 ans, je me suis rendu à l'un des meetings de Jean-Marie Le Pen et j'ai été conquis par cette figure, par son courage", raconte-t-il lui-même dans les colonnes du Monde. Le quotidien du soir rappelle que qu'il fut "l'un des principaux dirigeants du Mouvement national républicains (MNR, le parti fondé par Bruno Mégret en 1999 après la scission du FN, ndlr). Ses premiers pas sous les feux des projecteurs, il les effectua en 2004, aux élections régionales et face à… Marine Le Pen. À l’époque, les deux formations (le FN et le MNR, ndlr) se livrent une 'guéguerre' qui suit le 'puputsch' mégrétiste, ainsi que le nommait Jean-Marie Le Pen. L’enjeu : le monopole de l’extrême droite en Île-de-France". 

Il expliquait par ailleurs sur France 3 n'avoir "aucun point commun" avec la fille de Jean-Marie Le Pen. D'après lui, elle était "un peu le 'Tanguy de la politique régionale', ce film qui raconte l'histoire d'un jeune homme qui à 30 ans passés refuse de quitter le nid familial. C'est un peu ça, à 36 ans, elle habite dans le château de son père à Saint-Cloud, elle est payée par son père au siège du Front national et son mari, par son beau-père". En 2009 pourtant, il opère un retour très discret au sein du parti .

Le "Monsieur élections" du Front national coche toutes les cases, selon Libération qui dressait son portrait en 2015. "Affable et disponible, Nicolas Bay est pourtant une tête d'affiche comme les aime le FN mariniste : des allures de gendre idéal façon versaillaise, une parole publique policée, une aptitude aux débats techniques". Avant d'occuper ce poste, il était l'adjoint de Steeve Briois, le maire d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. "Marine Le Pen a choisi de le nommer secrétaire général, fin 2014. Mais aussi pour doter la direction du FN d’un pôle 'libéral conservateur', face à Florian Philippot et ses orientations plus étatistes", indique Le Monde.

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2017-07-25 12:44:00
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