1 min de lecture Jean-Michel Aphatie

Neige - Frédéric Cuvillier : "Tout ce qui était prévisible a été prévu"

Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, répondait mercredi aux questions de Jean-Michel Aphatie.
Il a balayé la polémique sur le manque de réactivité des pouvoirs publics face à l'épisode neigeux qui paralyse une partie du pays depuis lundi soir. "Nous n'avons pas été dépassés par cet événement, mais c'est une situation extraordinaire", se justifie-t-il sur RTL.

Jean-Michel Aphatie et Frédéric Perruche

"Plusieurs dizaines de milliers de personnes mobilisées"
Le ministre des transports Frédéric Cuvillier a assuré mercredi matin que "tout ce qui était prévisible a été prévu" par les pouvoirs publics concernant les difficultés de transports liées aux intempéries.

Interrogé sur RTL, le ministre a affirmé que le gouvernement n'avait pas été "dépassé par les événements" indiquant qu'il avait dû faire face à "une situation extraordinaire" qui avait conduit à la "mobilisation de plusieurs dizaines de milliers de personnes".

"Nous nous sommes adaptés à la situation"
Face à une "succession d'événements météorologiques avec beaucoup de neige, beaucoup de vent et du verglas", le gouvernement a eu "la volonté d'assurer les plus grande des sécurités pour les Français et les voyageurs", a insisté M. Cuvillier.
  
Réagissant aux critiques sur l'appel tardif mardi matin de la SNCF aux Francilliens de ne pas se rendre dans la capitale, le ministre a déclaré: "Nous n'avons pas voulu prendre la responsabilité d'avoir des trains inaccessibles, perdus au milieu de nulle part". "Nous nous sommes adaptés à la situation qui elle même était évolutive", a-t-il encore dit.

L'intégralité de l'interview :

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Frédéric Cuvillier,

Frédéric Cuvillier
: Bonjour,

Nous sommes dans les suites de l'épisode neigeux commencé, hier. On apprend, ce matin, 170 kilomètres de bouchons se sont formés ce matin sur les autoroutes du Nord-Pas de Calais, de la Picardie. La situation vous inquiète-t-elle, Frédéric Cuvillier ?
   
Ils ne se sont pas formés. Il reste un certain nombre de centaines de kilomètres de bouchons.
  
"Se sont formés ce matin" - dépêche AFP.
  
 consécutivement à la situation de ces derniers jours.
   
C'est des véhicules bloqués depuis des heures et des heures ...
   
Véhicules bloqués. Des camions notamment. Des camions qui ne sont pas abandonnés. Les chauffeurs routiers que je salue qui ont souhaité rester dans leur camion mais c'est vrai que ...   
   
Et sans doute aussi des gens qui ont pris leur voiture ce matin, qui se retrouvent coincés.
Vous n'auriez pas dû fermer des autoroutes, des accès aux autoroutes ?
   
D'abord, parce que si nous fermons, nous devons aussi assurer le ravitaillement. Nous devons aussi assurer l'accessibilité pour les services de sécurité de Service Public. Et donc, il n'est pas possible de fermer les autoroutes. Mais nous sommes dans une situation qui est compliquée, qui est extraordinaire  compte tenu de la période ...   
   
Qui reste difficile encore ce matin.
   
Qui est extrêmement difficile puisque nous avons la succession d'événements météorologiques : beaucoup de neige, beaucoup de vent et maintenant le verglas ...
  
Maintenant le verglas ?
  
Donc, Météo France a levé la vigilance ORANGE pour ce qui est du ciel ; mais ...
   
Mais il reste le verglas, bien sûr.
  
... nous avons à remettre au NOIR les routes et les autoroutes.
   
Beaucoup d'automobilistes, mais beaucoup, alors là, on les entend, d'usagers se plaignent. "On a vu personne" ... "On est bloqué dans les voitures" ... "Personne ne nous apporte du secours". Il y a quand même des problèmes que peut-être, je ne sais pas, vous en avez conscience... Vous avez une vision un peu complète de ce qui se passe aujourd'hui ?

Depuis les premières heures de ces perturbations, nous sommes extrêmement mobilisés. La cellule de crise inter-ministérielle mise en place, des cellules de crise concentrées dans chacun des départements avec la mobilisation de plusieurs dizaines de milliers de personnes y compris l'armée, mais aussi des collectivités locales qui ont fait un travail remarquable.
   
Mais vous êtes un peu dépassé par l'événement, parce que c'est un événement ?
   
C'est un événement et  ...
   
... Mais vous êtes un peu dépassé par cet événement.
  
... Tout ce qui était prévisible a été prévu.
   
Oui.
   
Mais nous avons eu à faire face à des situations : formation de congères de plus de 2  mètres de hauteur. Des trains qui ne pouvaient pas passer ; et aussi, la volonté qui a été la nôtre d'assurer la plus grande des sécurités  pour les Français et pour les voyageurs.

Un peu dépassé par les événements ?
   
Non, pas dépassé par les événements. Nous souhaitons simplement qu'il y ait des gestes de prudence et que chacun adapte sa situation à cet événement qui est, une fois encore, à quelques jours du printemps, une situation extrêmement anormale, atypique et donc nous sommes face à cela avec une grande mobilisation de tous les services.

Peu de salage dans les grandes villes. Les axes principaux ...
  
... Il faut savoir que le salage n'est pas forcément très utile lorsque vous ...
   
Rues secondaires non ! Mais trottoirs ? Vous ne pouvez pas marcher dans les rues. On voit quand même que les Pouvoirs Publics  - on ne peut pas le dire ? -  n'arrivent pas à faire face à la situation sous beaucoup d'aspects, ou sous plusieurs aspects ?
   
Tout ne relève pas des Pouvoirs Publics.
   
Les municipalités ?
   
Je rappelle, y compris que les codes de voirie existent et que lorsqu'il s'agit de déblayer devant chez soi, c'est non seulement du bon sens, c'est un acte civique et de citoyenneté et c'est aussi une obligation qui est dans les textes. Donc, on peut toujours se retourner vers les Pouvoirs Publics, vers les municipalités, vers les collectivités. Il faut aussi que chacun - mais j'ai vu qu'il y avait des gestes de solidarité, qu'il y avait l'organisation y compris sur votre antenne, de gens qui donnent des coups de main-. C'est une situation exceptionnelle et chacun doit à la fois adapter ses déplacements à cette situation. Moi j'ai vu quelque chose d'incroyable : un véhicule de médicaments d'urgence qui était bloqué parce qu'il n'avait pas mis des pneus neige en cette période alors que c'est un véhicule d'intervention d'urgence. Comment pouvez-vous considérer qu'il s'agit d'une situation normale ! Bon, donc chacun doit adapter son comportement à cette situation anormale.
   
La vague de neige était annoncée depuis dimanche soir. On est d'accord ?

Oui, la vigilance Orange s'est mise en place très tôt et elle a été progressivement adaptée en fonction de la situation météorologique.

8h25 hier matin. Il a fallu attendre 8h25 pour que la SNCF dise : Ne venez pas dans les gares, il va y avoir un problème !
   
Mais vous savez pourquoi ?
   
Retard à l'allumage. Non ?
   
Non pas du tout parce que tant que les voies étaient praticables, elles ont été pratiquées. Il y a eu d'ailleurs dans chaque sens vers Lille ...
   
C'était dangereux de les pratiquer. La neige tombait depuis heures et des heures.
   
Ça n'a été dangereux qu'à partir du moment où il y a eu des violentes bourrasques de vent qui après le passage des trains chasse neige ont reconstitué des congères de plus de 2 mètres de haut. Et nous n'avons pas pris   -j'ai eu Guillaume Pépy, à plusieurs reprises, hier-   nous n'avons pas voulu prendre la responsabilité d'avoir des trains inaccessibles, perdus au milieu de nulle part.

Cette responsabilité n'a-t-elle pas été prise trop tard ? C'est ça la question. 8h25, hier matin.
   
En début de matinée, les premiers trains sont passés ; et c'est en cours de matinée que les choses ont évolué et qu'il a fallu ajuster le dispositif avec l'information ...
   
Pas d'erreur, d'après vous ?
   
Tout est toujours ...
   
Pas d'erreur de jugement ?
   
Nous avons été non seulement très mobilisés mais nous avons adapté à la situation qui elle-même était évolutive.

Ecoutez Valérie Pécresse, ancien ministre, élue UMP de la région Ile de France. Alors, elle fait de la politique mais elle dit quelque chose que beaucoup de gens pensent : " En Ile de France, on aurait dû informer les voyageurs avant qu'ils quittent leur domicile qu'il allait y avoir des perturbations. On aurait pu engager des procédures de déneigement plus tôt". On se dit : elle n'a pas tort !

Oui, d'ailleurs les auditeurs ont entendu sur RTL des alertes Météo, dès dimanche soir savaient qu'il pouvait y avoir des difficultés ; si Madame Pécresse n'écoute pas RTL, c'est dommage !
   
Ah oui, ça c'est sûr !
  
Mais ce que je peux dire c'est qu'elle est surtout candidate aux élections ...
   
RTL fait son travail !
   
Oui, oui tout le monde a fait son travail ... Tout le monde a fait son travail et je crois que les journalistes ont été extrêmement présents. Je dis : Madame Pécresse est candidate aux élections régionales. Elle est en train d'utiliser des aléas météorologiques à des fins électoralistes. Et tout ça n'est pas très noble.

Vous redoutez cette journée, aujourd'hui, Frédéric Cuvillier ?
   
Je redoute surtout les conséquences du verglas parce que nous avons le sentiment -et peut-être les automobilistes à tort, pensent parce qu'il y a du déneigement que les axes sont sécurisés, ils sont extrêmement glissants. Donc, faites très attention et surtout différez s'il n'y a pas un caractère d'urgence à un déplacement.

Le message est passé. On en profite, vous êtes ministre des Transports, votre collègue Delphine Batho de l'Ecologie, il faut taxer le diesel.
   
Question de Santé Publique ? Oui, nous verrons en son temps. Il y a une réflexion dans le cadre de la transition énergétique ...
   
On va le taxer ?
   
Ce que je sais, c'est que notamment les professionnels sont déjà en train d'être solidaires par l'ECO taxe poids-lourd qui est une fiscalité écologique ; et donc, chaque situation, notamment économique, devra être prise en compte. Aujourd'hui, il n'y  a  pas de décision concernant le diesel.

Allez ! Frédéric Cuvillier, ministre des Transports. Soyez prudents aujourd'hui, c'est le message !

Lire la suite
Jean-Michel Aphatie L'invité de RTL Parti socialiste
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants