3 min de lecture Jean-Marc Ayrault

Moralisation de la vie politique : séance électrique à l'Assemblée

Ambiance très tendue mardi à l'Assemblée nationale autour des suites du "Mensonge Cahuzac" avec une opposition très remontée contre les propositions du gouvernement visant à moraliser la vie politique.

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La rédaction de RTL Journalistes RTL

"Un écran de fumée". Les députés UMP étaient en forme mardi dans l'Hémicycle pour dénoncer les mesures prises par l'exécutif pour enclencher le choc de moralisation voulu par François Hollande en réponse à l'affaire Cahuzac. La séance du jour a tourné à l'affrontement avec une opposition qui ne lâche pas l'affaire pour établir les responsabilités des uns et des autres dans le mensonge Cahuzac. Quitte à ressortir des vieux dossiers, comme Christian Jacob avec le passé judiciaire de Jean-Marc Ayrault ou encore de Harlem Désir.

Daniel Fasquelle, l'un des deux députés UMP ayant déposé un projet de loi visant à poursuivre en justice les élus et ministres s'étant rendus coupables de mensonge à l'Assemblée ou au Sénat, et qui avait également  interpellé Jérôme Cahuzac en décembre dernier sur l'existence d'un compte en Suisse, a lancé les hostilités en s'attaquant, d'emblée, à Jean-Marc Ayrault. 

Avez-vous utilisé l'administration fiscale pour blanchir votre ministre du Budget? Pourquoi avez-vous maintenu en poste votre ministre malgré les révélations de la presse?

Daniel Fasquelle (UMP)
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Séance tendue à l'Hémicycle

Moscovici raille Copé et les "avocats d'affaires"

A la grande colère des députés de l'opposition, c'est Pierre Moscovici, lui aussi accusé d'avoir "couvert" Cahuzac, qui se lance dans l'arène. Pour continuer sur la même tonalité que les jours précédents. Oui, il s'agit d'une "faute personnelle". Non, l'exécutif n'était pas au courant. Et oui, la "démarche" du gouvernement est "celle de dire la vérité, de moraliser la vie publique". Et pas d'agiter un écran de fumée pour "passer à autre chose". Un Moscovici offensif qui se permet même de tacler, indirectement, Jean-François Copé, le président de l'UMP, en déclarant  : "Ce n'est pas dans ce gouvernement qu'on trouvera des avocats d'affaires qui sont en même temps députés." Ambiance.

Et Jean-Marc Ayrault dans tout ça ? Le Premier ministre, en réponse à une question d'un député UMP de l'Essonne, a lui aussi choisi l'offensive, en dénonçant  "les pères fouettard qui n'ont jamais supporté la politique de redressement" de la majorité avant de défendre son projet de loi sur la moralisation de la vie politique, qui sera présenté le 24 avril prochain.

"Gauche Caïman"

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Après la bronca de la droite, Michel Herbillon, député UMP du Val-de-Marne, ne lâche toujours pas le morceau. Sous les sourires sarcastiques de ses collègues UMP, il cite la phrase que François Hollande, alors candidat, avait lâché lors de la campagne présidentielle à propos du monde de la Finance, "l'adversaire". 

"Cet adversaire avait un nom, avait un visage, c'est celui d'un ami», lâche le député UMP du Val-de-Marne en référence à Jean-Jacques Augier, l'ex-trésorier de campagne du président de la République "actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans», selon «Le Monde". Une sortie que le député UMP terminera par un bon mot qui devrait rester : "On est passé de la gauche caviar à la gauche Caïman".

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"De la gauche caviar à la gauche Caïmans"

Cazeneuve s'emporte

La diatribe du député UMP va provoqué la colère de Bernard Cazeneuve, le remplaçant de Jérôme Cahuzac au Budget. Visiblement ulcéré, Cazeneuve contre-attaque : "Je pourrais citer le nom de beaucoup de personnalités qui ont été proches du précédent pouvoir et du précédent président de la République et qui ont pu avoir quelque manquement" ; "La politique est un exercice digne" ; "la haine à la commissure des lèvres" ou encore "hurler avec la meute".


Le député UMP des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson, citera lui Gaetan Gorce, sénateur socialiste de la Nièvre, qui a accusé son parti de "dérive clanique" sur son blog, estimant que le Premier ministre n'est pas le mieux placé pour parler de morale politique, un écho à la sortie de Christian Jacob sur les repris de justice Ayault et Désir.

Jean-Marc Ayrault, chahuté par l'hémicycle, aura le droit à une dernière pique de l'opposition, avec l'intervention d'un député UMP de Loire Atlantique, Christophe Priou, qui se fera un malin plaisir de rappeler les propos de Arnaud Montebourg à l'encontre du Premier ministre. Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes!". La fin du show UMP.

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