3 min de lecture Éducation nationale

Mixité sociale dans les collèges : 17 départements volontaires pour la rentrée 2016

La ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem présente ce mardi son projet afin d'améliorer la mixité sociale à l'école et tenter de mélanger les enfants favorisés et ceux qui le sont moins.

Une classe du collège de Tinténiac, près de Rennes, le 23 septembre 2011
Une classe du collège de Tinténiac, près de Rennes, le 23 septembre 2011 Crédit : AFP / DAMIEN MEYER
Marine Cluet et AFP

Selon une étude réalisée par deux chercheurs de l'École d'économie de Paris, un élève issu des catégories socio-professionnelles supérieures compte aujourd'hui, dans sa classe en moyenne 34% d'enfants privilégiés. En comparaison, un enfant moins favorisé n'en compte que 18%. Or, si elle est bénéfique aux élèves les mieux lotis,  la ségrégation sociale est nuisible pour les apprentissages des élèves les plus en difficulté. Afin de renforcer "la mixité sociale dans les collèges", Najat Vallaud-Belkacem officialise ce mardi 10 novembre sa réforme, dont les grandes lignes avaient été présentées le mois dernier.

Dès la rentrée 2016, 17 départements, peut-être bientôt 20 précise Libération, expérimenteront de nouveaux outils, afin de tenter de mélanger les enfants favorisés et ceux qui le sont moins. "Je ne prépare pas le grand soir et je ne veux surtout pas faire le bonheur des gens malgré eux", a pris soin de préciser la ministre de l'Éducation, consciente du caractère explosif de tout ce qui touche à la carte scolaire en France.

30 à 50 collèges concernés

Le Bas-Rhin, la Charente-Maritime, le Doubs, l'Eure-et-Loire, la Haute-Garonne, la Haute-Loire, la Haute-Savoie, l'Hérault, l'Ille-et-Vilaine, l'Indre-et-Loire, la Loire, le Maine-et-Loire, la Meurthe-et-Moselle, Paris, le Puy-de-Dôme, la Seine-Saint-Denis et le Tarn se sont ainsi portés volontaires.

Ces expérimentations ne concerneront pas tout le département, mais se dérouleront au sein d'un "territoire pilote". Il doit compter plusieurs collèges suffisamment proches pour que les enfants puissent se rendre facilement dans l'un ou l'autre, et les établissements être peu mixtes, a précisé la ministre mardi. En tout, l'expérimentation devrait concerner "entre et 30 et 50 collèges" sur 7.100 selon Libération qui s'est informé auprès du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem.

La méthode

À lire aussi
Le président de la région Normandie, Hervé Morin Coronavirus France
Rentrée scolaire : "Aucune directive, aucune consigne", déplore Hervé Morin

Actuellement, l'enfant est affecté par le département dans un collège en fonction de son lieu de résidence, un système qui accepte quelques dérogations. Dès l'an prochain, dans les territoires tests, les familles d'un secteur multi-collèges pourront classer par ordre de préférence les établissements de leur zone d'affectation. Si les capacités d'accueil ne permettent pas de répondre au premier choix des familles, l'affectation se fera en fonction de critères décidés "avec le département et en associant pleinement" les parents.

"La mise en place d’une carte scolaire sans l’adhésion des familles n’a aucune chance de réussir", estime en effet Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire, citée dans 20 Minutes. Associer les parents, construire avec eux les critères d'affectation et les convaincre des bienfaits de la mixité scolaire sont indispensables à la réussite de ces expérimentations, souligne de son côté le ministère. 

Parmi ces critères à disposition et choisis à l'issue de réunions publiques entre parents d'élèves et départements, figurent : élèves boursiers ou susceptibles de l'être (critère social), distance entre le domicile et le collège, choix pédagogiques (langues étrangères proposées, classes à horaires aménagés...), affectation en fonction de l'école primaire d'origine, maintien des liens amicaux entre élèves, etc. Chaque établissement pourra faire valoir ses atouts et son originalité auprès des parents, grâce à l'autonomie accrue dont il bénéficiera avec la réforme du collège, prévue pour la rentrée 2016. Selon la ministre, les collèges privés souhaitent également "s'engager davantage sur les questions de mixité sociale".

Un bilan quelques mois plus tard

"Loin de certaines caricatures, on n'est pas là pour couper tout ce qui dépasse, mais au contraire pour inciter tous les établissements à renforcer leur attractivité", plaide Najat Vallaud-Belkacem. Deux critères resteront prioritaires: élève handicapé ou bénéficiant d'un traitement médical à proximité d'un collège donné. Sinon, chaque territoire pourra décider de ses critères et de leur ordre de priorité. 

L'efficacité de chacune des expériences menées sera évaluée à peine quelques mois plus tard : y a-t-il eu réduction de la ségrégation sociale? Quelles ont été les conséquences pour les résultats des élèves et le climat scolaire?

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Éducation nationale Réforme scolaire Najat Vallaud-Belkacem
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants