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Migrants : Yann Moix charge Emmanuel Macron dans une lettre ouverte

Dans les colonnes de "Libération", l'écrivain a accusé le chef de l'État de "laisser perpétrer à Calais des actes criminels" envers les migrants, qu'il nomme "les exilés".

Yann Moix
Yann Moix
Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

"Je ne suis pas, comme vous dites, un 'commentateur du verbe': je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double". Dans les premières lignes de sa tribune adressée à Emmanuel Macron et publiée dans les colonnes de Libération dimanche 21 janvier, Yann Moix donne le ton.

Si l'écrivain a pris sa plume, c'est pour dénoncer des actes qu'il assure avoir "vu et filmé" à Calais. "J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement", explique celui qui officie tous les samedis soirs dans On n'est pas couché, présenté par Laurent Ruquier sur France 2.

C'est d'ailleurs au cours de l'émission du 6 janvier que le chroniqueur avait lancé une première salve d'accusations face à Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. "J'y passe régulièrement des jours et des nuits depuis quelques mois, et ce que je vois de l'honneur de la République ce sont des CRS qui gazent les couvertures de jeunes de 18 à 25 ans", avait-il affirmé. L'invité politique lui avait alors demandé de confier ses preuves à la justice. 

"Re-Calais", un film pour prouver les faits

Dans sa tribune, Yann Moix persiste et signe. Celui qui accuse Emmanuel Macron "d'humilier chaque jour les exilés" (terme qu'il emploie pour désigner les migrants, ndlr) affirme que le chef de l'État laisse "perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés". Pour appuyer son discours, l'écrivain et réalisateur a tourné un film documentaire intitulé Re-Calais qui sera diffusé au printemps sur Arte. 

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"Vous menacez de saisir la justice si les 'faits dénoncés' ne sont pas 'avérés'. Voici donc, monsieur le Président, les ­images des conséquences obscènes de ­votre politique", poursuit Yann Moix.

Le réalisateur va plus loin : "Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un protocole de la bavure. Quand une police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l'ordre de déclencher ces ­actions souillant la dignité de l'homme ? Vous y avez répondu vous-même : 'Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement'".

Pour conclure son billet, l'écrivain estime qu'Emmanuel Macron pourra "porter plainte" contre lui "pour diffamation", mais que "la postérité portera plainte contre" le chef de l'État "pour infamie"

La préfecture du Pas-de-Calais monte au créneau

Les accusations de Yann Moix ne sont pas restées sans réponse très longtemps. Dans une série de tweets, la préfecture du Pas-de-Calais a défendu les policiers mis en cause. Elle affirme notamment que "les policiers n'exercent pas de violences physiques à l'encontre des migrants". Mais "si des faits de violences policières sont avérés, ils seront condamnés", ajoute-t-elle. 

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