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Migrants à Paris : pourquoi le ton monte entre Hidalgo et Collomb

ÉCLAIRAGE - La noyade accidentelle d'un migrant à Paris relance la bataille entre Paris et l'État concernant les campements de migrants et leurs conditions de vie des migrants.

Gérard Collomb, Anne Hidalgo et Sylvia Pinel, le 2 juillet 2015
Gérard Collomb, Anne Hidalgo et Sylvia Pinel, le 2 juillet 2015 Crédit : ROMAIN LAFABREGUE / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
et AFP

La tension politique entre Gérard Collomb et Anne Hidalgo franchit une nouvelle étape. La noyade accidentelle d'un migrant à Paris a encore un peu plus envenimé les relations déjà tendues entre Anne Hidalgo et l'exécutif sur la gestion des campements de migrants, à l'insalubrité alarmante, réapparus dans la capitale.

Survenu dans la nuit du 7 au 8 mai, le drame a coûté la vie à un jeune migrant qui a sauté volontairement dans le canal Saint-Martin au niveau du quai de Valmy, selon une source policière.

D'après les témoignages sur place recueillis par la police, le jeune homme, probablement âgé de 20 à 25 ans, serait de nationalité afghane. "Fortement alcoolisé", il aurait "par jeu ou par défi" voulu traverser le canal, selon ces mêmes témoignages. 

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Une situation dans l'"impasse"

Pour Anne Hidalgo qui, depuis plusieurs semaines, n'a de cesse d'interpeller l'État face à la situation "indigne" de plusieurs campements de migrants installés dans le nord de Paris, ce drame impose de mener "au plus vite" une opération de "mise à l'abri des migrants présents dans ces campements parisiens". La maire de Paris a écrit vendredi 11 mai à Édouard Philippe pour l'alerter sur l'"impasse" des campements de migrants dans la capitale et demander "une opération de prise en charge", alors que le ministre de l'Intérieur vient de lui opposer sèchement une fin de non-recevoir. 

"Le chaos caractérise désormais les campements de la capitale", où vivent 2.382 migrants dont 1.570 dans le campement "du Millénaire", porte de la Villette, au point que "les ONG demandent la présence de la police pour pouvoir continuer à y intervenir", a écrit Anne Hidalgo, dévoilée par l'AFP.  

Dans ce contexte, "comment comprendre le refus de présence de forces de l'ordre pour mettre fin à l'exploitation" et aux "risques quotidiens" que courent les personnes, "comme en atteste la noyade il y a quelques jours d'un jeune migrant ?", s'est-elle interrogée. 

Le gouvernement dénonce l'"abandon" de Paris

Dénonçant l'"abandon de la Ville de Paris", elle a estimé que "seule une opération de prise en charge simultanée de l'ensemble des personnes" pouvait mettre fin aux dangers représentés par le campement, et appelé à une attitude "constructive" entre Ville et État.

Que répond le gouvernement ? Gérard Collomb avait défendu la mobilisation "sans faille" de l'État et avait invité Anne Hidalgo à faire usage de ses "compétences" et "d'entamer les procédures judiciaires" pour permettre à l'État de "mener à bien" une évacuation.

"Il ne s'agit pas pour la Ville de demander l'expulsion" mais bien "pour l'État de prendre en charge ces personnes", a répliqué Anne Hidalgo, en rappelant que cela avait été le cas "lors des 29 opérations" menée avec l'État et les associations depuis 2015. 

Tous les gouvernements successifs ont essayé de trouver des solutions

Jacqueline Gourault, la ministre auprès du ministre de l'Intérieur
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Jacqueline Gourault a contesté lundi que le gouvernement "abandonne la Ville de Paris", comme l'avait affirmé Anne Hidalgo au sujet de la question des camps de migrants dans la capitale. "C'est assez stupéfiant, parfois, de voir ces critiques, venant de responsables politiques importants, la maire de Paris ou d'autres personnes, qui donnent l'impression que, subitement, tout cela est arrivé ex-nihilo depuis quelques mois", a fustigé la ministre auprès du ministre de l'Intérieur dans L'Épreuve de vérité sur Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, Radio Classique et Les Échos 

"Ce qui est très difficile, c'est qu'on a des gens qui sont dans des centres d'accueil, et qui n'ont qu'une idée, c'est par exemple d'aller en Angleterre, a dit la ministre. Tous les gouvernements successifs ont essayé de trouver des solutions, y compris le gouvernement (précédent, lorsque) Mme Hidalgo appartenait à la majorité", a-t-elle ajouté. 

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2018-05-17 07:17:00
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