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Marine Le Pen convoquée par la justice : sa lettre aux juges d'instructions

La candidate du Front national l'avait annoncé : elle ne se rend pas, ce 10 mars, chez les juges d'instruction, dans le cadre de l'affaire présumée d'emplois fictifs au Parlement européen. Elle s'en explique dans une lettre adressée aux magistrats que s'est procurée "Le Parisien".

Marine Le Pen, invitée de "l'Émission Politique", le 9 février 2017
Marine Le Pen, invitée de "l'Émission Politique", le 9 février 2017 Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
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Clémence Bauduin
et AFP

Une "opération politique". C'est ainsi que Marine Le Pen qualifie sa convocation chez les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke prévue ce 10 mars et à laquelle elle ne se rendra pas. Ladite convocation lui a été adressée dans le cadre de l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants du Front national (FN) au Parlement européen. Dans une lettre adressée aux deux juges d'instruction envoyée le 3 mars que Le Parisien a pu consulter, la présidente du FN et candidate à la présidence de la République dit s'étonner de "l'urgence subite" de l'enquête, à moins de cinquante jour de l'élection présidentielle. 

"Comme par hasard, cette agitation arrive à quelques jours de l'élection présidentielle, personne n'est dupe", a-t-elle insisté ce 10 mars sur France Bleu Berry. Cette enquête a été ouverte en mars 2015 et Marine Le Pen s'étonne qu'elle n'ait intéressé les juges d'instruction qu'en décembre 2016, cinq mois avant l'élection présidentielle.

Dans sa missive, Marine Le Pen dénonce par ailleurs un "feuilleton politico-médiatique quasi quotidien" et "des violations du secret de l'enquête, une instrumentalisation de l'affaire". La cheffe du FN estime que les conditions de "légalité", de "sérénité" et de "confiance" ne sont pas réunies pour justifier sa convocation. En ne s'y rendant pas, elle contourne une potentielle mise en examen "pour abus de confiance, escroquerie, faux et travail dissimulé", précise Le Parisien.

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L'immunité parlementaire comme bouclier

Les juges s'interrogent sur la présence de vingt assistants parlementaires FN sur des postes figurant dans l'organigramme du parti en France. Cette présence surprenante dans l'organigramme laisse supposer que les assistants concernés étaient affectés à d'autres tâches que celles pour lesquelles ils étaient rémunérés. La candidate à la présidentielle avait déjà refusé de se rendre à la convocation des policiers de l'Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) le 22 février, alors que deux de ses anciens assistants parlementaires, son garde du corps Thierry Légier et sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, étaient placés en garde à vue le même jour. Catherine Griset a été mise en examen pour recel d'abus de confiance. Dans cette même enquête, Charles Hourcade, assistant parlementaire d'une députée FN au Parlement européen, a aussi été inculpé.

Interrogé sur BFMTV ce 10 mars, son directeur de campagne, David Rachline, assure que "Marine (Le Pen) répondra de manière extrêmement claire, quand le moment sera venu". Gilbert Collard, député apparenté FN et avocat, la "situation d'anticonstitutionnalité" des juges qui selon lui "violent le principe constitutionnel de l'immunité". "Si l'immunité parlementaire existe, c'est précisément parce que les législateurs sont conscients que le pouvoir peut être amené à se servir de la justice pour tenter de gêner ou de persécuter un opposant politique", a d'ailleurs lancé la députée européenne ce 10 février. La présidente du Front national a vu son immunité parlementaire levée en raison d'un autre dossier, celui de la diffusion, sur son compte Twitter, d'images d'exactions par le groupe État islamique.

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Marine Le Pen convoquée par la justice : sa lettre aux juges d'instructions
La candidate du Front national l'avait annoncé : elle ne se rend pas, ce 10 mars, chez les juges d'instruction, dans le cadre de l'affaire présumée d'emplois fictifs au Parlement européen. Elle s'en explique dans une lettre adressée aux magistrats que s'est procurée "Le Parisien".
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2017-03-10 14:12:07
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