1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Marine Le Pen change la forme, pas le fond
4 min de lecture

Marine Le Pen change la forme, pas le fond

REPLAY - La candidate du Front national fait la une de la presse ce lundi matin, après avoir lancé sa campagne en grandes pompes à l'occasion d'un meeting à Lyon.

Marine Le Pen est face à un défi : soit élargir sa base électorale, soit se trouver des alliés
Marine Le Pen est face à un défi : soit élargir sa base électorale, soit se trouver des alliés
Crédit : SIPA
Marine Le Pen change la forme, pas le fond
05:41
Adeline François

D'abord, retour en arrière sur un week-end de meeting. Macron, Hamon, Mélenchon, Le Pen. Et c'est la candidate du FN qui fait la une ce matin. La une de La Croix, la une de Libération, la une du Monde de cet après-midi. Pourquoi s'attarder plus sur elle que sur les autres ? Explication de Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d'Alsace : "Parce que." L'hologramme utilisé par Mélenchon est apparu pauvre en regard du moyen utilisé par Marine Le Pen : elle, c'est dans les esprits qu'elle a projeté l'image d'une France "en dilution". "Une Marine de guerre", dit l'éditorialiste.

Hier, "dans le discours de Marine on a retrouvé, écrit Libération, tous les fondamentaux de l'extrême droite". "Du changement sur la forme, pas sur le front", titre Libé. "Le FN change la forme, pas le fond", titre La Croix. "Son programme reste fidèle à l'ADN frontiste, tout comme les militants présents", écrit Libé. "On est chez nous", scandait régulièrement le public. Un public qui a ovationné le comédien Franck de Lapersonne venu dire sur scène : "Victor Hugo n'a pas appris l'arabe à l'école et moi, ça me fait plaisir de le savoir". "Une question prend soudainement le dessus", écrit Cécile Cornudet dans Les Échos : "Marine Le Pen peut-elle gagner ? Et surtout, qui est susceptible de la battre ?"

Le Pen et Macron ignorent Fillon

Et puis il y a cette autre question lancinante dans toute la presse : François Fillon va-t-il faire machine arrière ? Le candidat de la droite a en tout cas été zappé par Emmanuel Macron et Marine Le Pen, titre de L'Opinion ce matin, façon d'instiller l'idée que le second tour se jouera entre eux. C'est aussi ce que dit Le Monde cet après-midi, "Le Pen et Macron se choisissent mutuellement comme adversaire".

Mais s'il y a un texte à lire ce matin, c'est celui de Jacques Julliard dans Le Figaro. L'historien s'interroge sur le jeu de massacre de ce début de campagne. Depuis Jadot chez les écologistes, Hamon chez les socialistes, et en attendant le remplaçant éventuel de Fillon, tous ont des têtes de plan B. Or quand il a imaginé les institutions de la Ve République, de Gaulle avait compris que pour dépasser le clivage traumatique entre l'ancien régime et la révolution, il fallait que le président soit à la foi un personnage hors normes et l'élu du suffrage universel. Le produit exceptionnel du charisme personnel et de la légitimité populaire. "J'ai peur, écrit Julliard, qu'au terme des caprices du peuple, le charisme disparaisse et la paix politique avec lui". "Ce qui nous menace, dit-il, ce n'est pas Trump, c'est René Coty !"

La prohibition dans le Kentucky

À lire aussi

Retour en arrière aussi aux États-Unis. Oui, avec le "muslim ban" suspendu ce week-end, le Huffington Post publie ce matin une série de photos postées par des internautes et des journalistes américains, photos de retrouvailles émouvantes dans les aéroports avec des ressortissants des sept pays visés par le décret qui ont pu revenir aux États-Unis samedi.

Le magazine Society lui nous emmène cette semaine dans un état qui a majoritairement voté Trump lors de la présidentielle, le Kentucky. Un état où persiste la prohibition ! Il y a là-bas une vingtaine de comtés qui continuent d'interdire strictement la vente et la consommation d'alcool. Pour vivre en accord avec les principes de la religion et ne pas sombrer dans la dépravation inhérente au monde moderne, avec un soupçon d'hypocrisie puisqu'il suffit de faire quelques kilomètres pour rejoindre le comté voisin qui lui autorise l'alcool. "Les gens veulent conserver leur apparence, ils vont à l'église montrer qu'ils sont des piliers de la communauté. En vrai, en douce ils picolent comme tout le monde", dit l'entraîneur de foot du comté de Clinton, ça ne s'invente pas, c'est un de ces comtés où l'alcool est interdit. Chaque vendredi soir, la jeunesse du comté de Clinton s'encanaille et part en voiture dans le comté voisin, dans une bourgade qui s'appelle Static, à l'entrée de laquelle se trouve un panneau, "last chance for a bier", dernière chance pour boire une bière... Là-bas, le taux de mortalité sur la route est parmi les plus hauts des États-Unis.

La messagerie souterraine de Paris

Machine arrière aussi à Paris. Oui c'est la journée mondiale sans téléphone portable, une journée pour nous demander "comment on faisait avant". La réponse est dans le mensuel Soixante-Quinze qui nous rappelle qu'entre 1879 et 1984 Paris était équipé d'un télégraphe atmosphérique. Un étonnant système de tubes pneumatiques souterrains permettait bien avant le fax ou le courriel de faire circuler des courriers en un temps record. Vous mettiez votre message dans un cylindre en métal et votre missive filait comme soufflée par une sarbacane dans des kilomètres de tuyaux qui traversaient la Seine, passait par les égouts pour arriver dans une boîte où un facteur tubiste la récupérait et l'apportait au destinataire.

L'air comprimé nécessaire au fonctionnement du télégraphe était produit par la pression des réservoirs d'eau de la ville puis par des machines à vapeur qui distribuaient l'air dans chaque bureau de poste. Jamais de panne. Si jamais un tuyau était bouché parce qu'on avait envoyé trop de lettres à la fois, il suffisait de remettre un coup de piston pour débloquer. Le système atteint son apogée en 1933 avec 427 km de tuyaux. En 1945 ce sont ainsi 30 millions de plis qui sont transportés dans le pneumatique parisien. Dans les années 60, le service commence à vieillir, les vieux tuyaux commencent à rouiller et ne sont pas remplacés. Et puis le téléphone et le télex se généralisent. En 1984 les PTT décident d'arrêter les frais. Que sont devenus les vieux tuyaux ? Eh bien ils servent encore, figurez-vous ! Les hôpitaux les utilisent toujours pour transmettre des médicaments, et les banques pour faire circuler l'argent.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/