3 min de lecture Présidentielle 2017

Marine Le Pen a-t-elle "édulcoré" ses propositions fortes ?

ÉDITO - Alba Ventura se penche sur les modifications du programme de la candidate du Front national entre 2012 et 2017.

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Marine Le Pen a-t-elle "édulcoré" ses propositions fortes ? Crédit Image : frederic bukajlo / Sipa Press / RTL | Crédit Média : RTLNET | Date :
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L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura et Julien Absalon

Marine Le Pen a-t-elle "édulcoré" ses propositions et "arrondi" les angles pour être vue comme "plus acceptable" par rapport à sa campagne présidentielle de 2012 ? Alba Ventura, éditorialiste de RTL, en est convaincue. Son meilleur exemple ? L'abandon de la monnaie unique. "Avant vous vouliez une sortie de l'euro immédiate et brutale. Aujourd'hui, vous voulez d'abord entrer en négociation avec l'Union européenne et vous proposez même aux Français un référendum dans lequel il sera question de la souveraineté monétaire. Référendum pour lequel vous dites que si la réponse est non, vous quitterez le pouvoir", note la journaliste face à la présidente du Front national, mercredi 8 mars à l'occasion des Petits déjeuners de la présidentielle de RTL Matin.

"J'ai noté qu'entre 2010 et aujourd'hui, vous aviez un peu fait marche arrière. En tout cas sur la méthode", poursuit Alba Ventura, notant aussi des changements notables sur bien d'autres thèmes phares. Toujours concernant l'économie : "Avant, vous parliez de préférence nationale. Aujourd'hui, vous préférez dire priorité nationale. Peut-être parce que préférence c'était trop 'Jean-Marie' à votre goût, pas assez 'Marine' ?".

Il y a un an, une réflexion semblait même avoir été engagée sur le revenu universel, mesure phare de Benoît Hamon. "Vous vous rendiez à Québec pour rencontrer des experts qui travaillent sur le revenu universel. Vous étiez intéressée. Et puis après que le socialiste Benoit Hamon en a fait la mesure phare de son programme, vous nous avez expliqué que le revenu universel c'était le renoncement au combat pour l'emploi !", note l'éditorialiste.

Quid des signes religieux ostentatoires ?

L'évolution s'observe aussi à propos des sujets identitaires, notamment la laïcité : "Avant, vous écriviez que vous vouliez interdire les signes religieux ostentatoires aux usagers, pas seulement aux agents, du service public. Cela visait surtout le port du voile. Aujourd'hui, vous dites que vous écrirez dans la Constitution, que la République ne reconnait aucune communauté. Rétablir la laïcité partout, l'étendre à l'ensemble de l'espace public et l'inscrire dans le code du travail… mais vous ne faites plus référence précisément au port de signes ostentatoires", dit Alba Ventura. Une analyse récusée par Marine Le Pen : "Ça me paraît évident que je souhaite l'interdiction des signes ostensibles partout. C'est dit de la manière la plus claire qui soit", assure-t-elle.

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Le regroupement familial ? "Aujourd'hui, il s'agit non pas de le supprimer mais de mettre fin à son automaticité", constate Alba Ventura. Et c'est sans compter sur des sujets comme la peine de mort qui ne sont "plus d'actualité", note la signature de RTL. "J'ai retiré la peine de mort de mon projet parce que je l'ai remplacée par l'incarcération à vie, la perpétuité réelle", précise toutefois Marine Le Pen qui, par ailleurs, affiche un profond désaccord sur la question de l'avortement avec sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, favorable à la fin du remboursement intégral de l'IVG.

J'ai tenté d'améliorer le projet qui est le mien entre 2012 et 2017

Marine Le Pen
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"Visiblement, dans le beau paysage de la France apaisée, on a enlevé quelques épouvantails", constate Alba Ventura qui s'interroge sur les motivations de la candidate : "Pourquoi faites-vous tout ça ? Pour vous rendre plus acceptable encore ? Ou pour préparer la fusion des droites ? Parce que finalement, vous dites que si vous êtes élue, vous ne pourrez pas gouverner toute seule et qu'il faudra bien trouver des points d'accord avec la droite ?".

Invitée à commenter cette analyse, Marine Le Pen estime avoir simplement "tenté d'améliorer" son projet entre 2012 et 2017. "Je ne vois pas cela comme des reculs", dit-elle, considérant avoir voulu "rentre la parole au peuple". Enfin, elle réfute avoir l'intention "de fusionner les droites" mais préfère évoquer la création d'une "grande majorité présidentielle".

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