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Manuel Valls : "Les militants du PS doivent élire Ségolène Royal dès le premier tour"

Le député-maire d'Evry, fidèle lieutenant de Ségolène Royal, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi, au lendemain de l'échec retentissant du 75ème congrès du Parti socialiste à Reims. Il a appelé les militants au sursaut et à la mobilisation en vue du scrutin de jeudi pour la désignation du successeur de François Hollande au poste de premier secrétaire.

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL



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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Manuel Valls.

Manuel Valls : Bonjour.
 
Le Congrès de Reims du Parti socialiste s'est terminé, hier. Avec 24 heures de recul, à qui ou à quoi imputez-vous l'échec de ce congrès, Manuel Valls ?

La forme d'organisation, de débats ; au fait qu'au fond, ce congrès est le miroir déformant, la caricature de tout ce que nous n'avons pas su régler : notre leadership, notre stratégie d'alliance, nos problèmes de fond, nos formes d'organisation qui sont obsolètes... On s'enferme pendant trois jours sans déboucher sur un résultat dans une commission des résolutions fermée à la presse qui ne discute de rien. Un autisme par rapport à ce qui se passe autour de nous...
 
Médiocrité du Parti socialiste !?

... le G20 qui montre que la mondialisation est en train de changer. La crise économique avec ses effets sur les Français, les grèves que nous allons connaitre dans le service public, cette semaine.

Vous décrivez, Manuel Valls, un Parti socialiste médiocre, incapable de débattre et incapable de trouver des solutions aux problèmes qui sont les siens ?

Fermé et avec à l'intérieur, la résistance de quelques-uns, d'une poignée de dirigeants à une mutation, à un changement nécessaire en matière de langage, à la nécessité de s'ouvrir à l'extérieur. Comment voulez-vous qu'aujourd'hui un parti politique puisse représenter la France uniquement avec 150.000 militants !

Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Benoît Hamon refusent de s'ouvrir à l'extérieur. C'est ce que vous dites ?

Mais refusent un parti populaire...

C'est à eux que vous pensez ?

Sans doute. Un parti populaire de 500.000 adhérents plus représentatifs des couches sociales, des couleurs de ce pays. Il est temps que ce parti change parce que vous savez, les formations politiques - l'Histoire nous l'a démontré, même si c'est lent mais en même temps, c'est incontournable - peuvent mourir. Les organisations politiques sont mortelles ; et je fais partie de ceux qui pensent que c'est sans doute un congrès de la dernière chance et qu'il faut un sursaut ; et qu'heureusement, nous avons prévu que les militants soient aujourd'hui le recours pour désigner le premier secrétaire, le premier responsable du Parti socialiste et une équipe.

Pour vous, l'avenir de ce parti c'est Ségolène Royal ?

Mais aujourd'hui, elle représente cette mutation, cette transformation et ce changement mais indispensable.

Vous étiez dans la salle, samedi après midi, quand elle a prononcé son discours. Elle a parlé d'amour, de pardon, de guérison. Qu'est-ce que vous pensez de ce style de Ségolène Royal ? Du choix de ses mots dans un discours politique : amour, pardon, guérison ?

Je parlais de transformation et de mutation... Ségolène Royal a sans doute compris qu'on ne peut pas tenir un double discours : qu'il faut s'adresser de la même manière aux Français, aux électeurs socialistes et aux militants. Elle change les codes. Elle dérange. Elle nous dérange.

Elle vous dérange ?

Mais parfois elle a pu me déranger...

Elle vous a dérangé, samedi après-midi ?

Non.

Amour... pardon... guérison ?

Non, parce que je crois que... Vous savez, quand des socialistes, une poignée de militants qu'on fait venir, sifflent des dirigeants du Parti socialiste, ils font la démonstration du discours de Ségolène Royal. C'est-à-dire qu'on ne peut pas parler de respect, d'une société plus apaisée aux Français quand nous-mêmes nous ne sommes pas capables de nous respecter et que nous donnons ce spectacle.

Qu'est-ce que c'est la modernité du Parti socialiste ? On dit souvent : vous êtes social-démocrate, vous Manuel Valls ?

Vous savez, la social-démocratie n'est pas dans la tradition française. Elle est d'une certaine manière dépassée, c'est-à-dire que l'Etat Providence sur laquelle la social-démocratie est assise depuis des années, est aujourd'hui touchée par la globalisation économique. Je suis de Gauche, je suis socialiste, je suis social-démocrate... Peu importe, au fond, ces débats sur les noms ! Mais en tout cas, ce que je crois c'est qu'il faut donner un contenu à la Gauche, une crédibilité sur les politiques économiques, sur l'école aujourd'hui qui va mal, sur le rôle de l'Etat, des services publics, sur la politique économique financière, fiscale, sur le monde que nous voulons, sur l'Europe. Nous allons avoir les élections européennes, il faudra bien discuter avec les socio-démocrates.

Vous avez passé pendant des mois à débattre et vous n'avez aucune réponse à toutes les questions que vous posez là ce matin ?

C'est ça qui est incroyable ! C'est ça qui est incroyable !

Mais c'est de votre faute !

Mais d'une faute collective. Et en même temps, Ségolène Royal qui est arrivée en tête avec notre motion, avec cette équipe que nous incarnons, avec Vincent Peillon il y a quelques jours... Parce que c'est la grande surprise, Jean-Michel Aphatie. Au fond, ce congrès, ce très long processus, insupportable que j'avais dénoncé dès juin 2007, était fait pour quoi ? Pour écarter Ségolène Royal. Pour que dans la logique des institutions de la Ve république, pour qu'elle ne prenne pas la tête du Parti socialiste après les élections présidentielles. Et patatras, personne ne l'avait prévue : les militants la passent en tête.

Elle est arrivée en tête.

Eh bien, il faut que les militants, jeudi prochain, les adhérents du Parti socialiste viennent voter  massivement pour l'élire, dès le premier tour, pour mettre fin à cette crise de leadership et pour accomplir cette transformation du Parti socialiste dont nous avons besoin.

Si Ségolène Royal est élue, jeudi prochain, dès le premier tour, comme vous venez de le souhaiter, Manuel Valls, elle n'aura pas de majorité pour gouverner ce Parti socialiste ?

Eh bien, je suis convaincu du contraire.

Puisque le Conseil national, il n'y a pas de majorité pour Ségolène Royal dans l'instance dirigeante...

Et bien je suis convaincu du contraire parce que je fais appel à la responsabilité de chacun. Quand un premier secrétaire est désigné par les militants, par le suffrage universel dans notre vie démocratique, je suis convaincu que les responsables  locaux, départementaux, les élus, ceux qui siègent  au Conseil national, auront un sursaut de responsabilités et lui permettront avec nous, avec une nouvelle génération parce qu'il y a aussi ça, il y a ce changement nécessaire et qu'une ligne politique crédible, européenne, réformiste - je suis convaincu - et qui, en même temps, écoute la souffrance de ce pays, je suis convaincu qu'elle aura les moyens de gouverner le Parti socialiste.

Si Ségolène Royal n'est pas élue premier secrétaire, vous restez dans ce Parti socialiste, Manuel Valls ?

Il faut accepter le verdict des militants et il faut continuer toujours, toujours le combat pour sa transformation. C'est ça au fond l'engagement.

Donc  pas de scission, pas de départ ?

Mais il manquerait plus qu'il y ait une scission ! Le Parti socialiste, c'est un grand parti qui gouverne les régions, les départements, les villes... C'est le premier...

Tel que vous en avez parlé, c'est quand même un parti malade !

Oui, mais c'est ça le paradoxe.

Ah oui, comme vous dites !

C'est le premier parti d'opposition. Il n'y a que lui qui peut représenter l'alternative à Nicolas Sarkozy... Encore que si nous continuons comme ça à mettre François Bayrou au milieu de nos débats, à avoir ces faux débats sur les alliances : comment refuser les électeurs qui ne se situent ni à Gauche, ni à Droite et qui ne veulent plus de la Politique de Nicolas Sarkozy. C'est vers eux aussi que nous devons nous tourner.

Vous présentez, Manuel Valls, Ségolène Royal comme un symbole du renouvèlement du Parti socialiste.

La fédération des Bouches-du-Rhône soutenait la motion de Ségolène Royal. Elle a d'ailleurs réuni 73% des suffrages dans les Bouches-du-Rhône.

Et puis, on a appris par "Le Canard Enchaîné" de mercredi que deux sections qui avaient majoritairement voté pour Bertrand Delanoë à Aix, avaient été purement et simplement dissoute ; et la même chose est arrivée à une section de Saint-Martin-de-Crau. Ce sont des méthodes de rénovation ?

Il y a surtout beaucoup de méthodes à changer au niveau du Parti socialiste.

Non, mais ça, comment vous voyez ça ?

Mais, Jean Michel Aphatie...

Vous  ne voulez pas répondre.

Non, vous êtes l'un des rares journalistes à avoir un accent méridional sur nos radios. Et moi j'en ai assez au Parti socialiste comme à l'extérieur qu'à chaque fois, on parle de Marseille et des Bouches-du-Rhône dans les mêmes propos. Jean-Noël Guérini, qui a été candidat à Marseille, c'est un homme qui a ouvert ses listes, qui est l'un des rares qui a mis de la diversité dans ses équipes...

Non, non, mais vous me parlez d'autre chose, là !

Il est le seul à avoir permis d'élire une sénatrice. Non je vous parle très concrètement... Mais s'il faut changer des mœurs et des méthodes au sein du Parti socialiste, ça concerne beaucoup de fédérations, Jean-Michel Aphatie.

Pour avoir la réponse à la question que j'ai posée, on verra une autre fois, Manuel Valls !

Vous inviterez Michel Pezet.

Manuel Valls, qui a l'accent parisien, était l'invité de RTL ce matin.

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L'invité de RTL Parti socialiste Ségolène Royal
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Le député-maire d'Evry, fidèle lieutenant de Ségolène Royal, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi, au lendemain de l'échec retentissant du 75ème congrès du Parti socialiste à Reims. Il a appelé les militants au sursaut et à la mobilisation en vue du scrutin de jeudi pour la désignation du successeur de François Hollande au poste de premier secrétaire.
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2008-11-17 08:01:00