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Manuel Valls : "DSK menotté ? Des images d'une cruauté insoutenable"

Le député-maire socialiste d'Evry, proche de Dominique Strauss-Kahn, répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Manuel Valls a affirmé que les images de DSK, inculpé pour tentative de viol, sortant menotté du commissariat de Harlem à New-York était d'"une cruauté insoutenable". "Cela fait près de trente ans que je fais de la politique" mais "je n'ai jamais vu cela et je n'ai jamais ressenti cela", a affirmé sur RTL M. Valls, candidat à la primaire PS pour 2012. "Dominique Strauss-Kahn est un ami que je connais de puis longtemps, les images de ce matin sont d'une cruauté insoutenable", a-t-il ajouté. "J'avais les larmes aux yeux".

Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry, sur RTL
Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry, sur RTL Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Manuel Valls.

Manuel Valls : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

L'image est stupéfiante. Il y a deux heures, Dominique Strauss-Kahn sort du commissariat new-yorkais de Harlem où il a passé les trente dernières heures. Il est encadré par deux policiers, et il est menotte. Comment réagissez-vous à cette image, Emmanuel Valls ?

Vous savez, cela fait près de trente ans que je fais de la politique. J'ai l'expérience, maire d'une grande ville, et j'ai accompagné deux Premiers ministres à Matignon. Mais je n'ai jamais vu cela, et je n'ai jamais ressenti cela. Dominique Strauss-Kahn est un ami que je connais depuis longtemps. Les images de ce matin, étaient d'une cruauté insoutenable et je me suis dit, d'une certaine manière, pourquoi j'avais accepté cette invitation, j'avais les larmes aux yeux.

Et au point de vous dire ce matin : "Je ne peux pas parler de politique, je ne peux pas parler de celui que vous considérez comme votre ami" ?

C'est difficile, j'étais avec lui encore il y a une quinzaine de jours pour le voir, pour parler de l'avenir, pour parler de sa candidature. Évidemment dans ces moments là, on pense à lui, à Anne, sa femme, à ses proches, à sa famille. Les accusations dont il fait l'objet, elles sont terribles : le viol d'une femme. Il s'en défend, il nie, il va se battre, j'en suis convaincu, mais le choc des images, la violence des nouvelles nous ont tous assommés, sonnés, abasourdis. D'ailleurs, le sentiment que j'exprime, je l'ai ressenti hier à Evry dans mon entourage, les gens n'y croient pas, il y a une forme d'incrédulité.

Sur cette incrédulité, tout de même, on peut le signaler : la femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York a formellement identifié cette nuit, Dominique Strauss-Kahn comme son agresseur. C'est tout de même un élément qu'il faut prendre en compte. C'est elle la victime dans cette histoire.

Bien sûr, mais je ne suis ni policier, ni juge américain. Moi, je me fixe des principes, l'amitié, la fraternité bien évidemment à l'égard de Dominique Strauss-Kahn. Dominique Strauss-Kahn plaide non-coupable, il va se battre. La présomption d'innocence est là, il y a une procédure, une procédure qui ne donne pas de privilège aux puissants. L'image dont vous venez de parler, fait le tour du monde depuis quelques heures. Et puis j'en appelle à la prudence, nous n'avons pas encore entendu la version de Dominique Strauss-Kahn, nous serons éclairés, je l'espère et dans les heures et dans les jours qui viennent.

Certains évoquent un complot. Le faîtes-vous, Manuel Valls ?

Je me méfie par principe des thèses complotistes. On peut tout imaginer bien évidemment depuis plusieurs jours, on avait quand même le sentiment que il se passait beaucoup de choses autour de Dominique Strauss-Kahn. Mais encore une fois, je ne vais pas en rajouter à la confusion.

Vous avez parlé de la présomption d'innocence concernant Dominique Strauss-Kahn. Peut-on dire toutefois, sans que sa culpabilité ou son innocence ne soit en cause, qu'à partir de cette image, Dominique Strauss-Kahn menotté, sa carrière politique est terminée ?

Je ne l'espère pas. Et je ne le souhaite pas pour mon pays. Et c'est pour cela que j'en appelle à la prudence et attendons ce qui va se passer dans les jours qui viennent. Mais je veux souligner, comme l'a dit Martine Aubry hier, c'est un coup de tonnerre. Expression qui avait d'ailleurs été utilisée par Lionel Jospin, le 21 avril 2002. Et que nous sommes face à une affaire véritablement hors norme. Et je crois qu'on n'a pas encore suffisamment analysé, et pour cause ça vient d'arriver, les effets.

Les effets d'abord sur le FMI qui joue un rôle tout à fait essentiel. Alain Duhamel le disait à l'instant, avec Dominique Strauss-Kahn à sa tête. Et on n'a pas encore suffisamment perçu l'onde de choc dans notre pays tout de même. Un dirigeant international de la stature de Dominique Strauss-Kahn, un homme d'état, avec son expérience, sa compétence, celui que les Français, majoritairement en tous cas, attendaient pour redresser le pays, pour faire face au conséquences de la crise économique et financière. Cet homme là est accusé, cet homme là, on le voit menotté sortir d'un commissariat policier américain. Pour la vie politique française, pour notre vie démocratique, on sent bien qu'il y aura un avant, et qu'il y aura un après.

Et on a l'impression que cet "après", de manière publique, s'écrira sans Dominique Strauss-Kahn !

Mais encore une fois, au nom des principes que je viens d'évoquer, je ne peux pas vous répondre Jean-Michel Apathie. Moi, je n'ai qu'un seul espoir, c'est qu'il soit innocenté et qu'il revienne lavé de tout soupçon.

Vous avez dit tout à l'heure, avec émotion, que vous l'aviez vu il y a quinze jours, lors de son passage à Paris fin du mois d'avril. Il avait décidé d'être candidat à l'élection présidentielle à ce moment là ?

J'en avais la conviction.

Il vous l'avait dit ?

Je crois qu'il n'y avait pas de doutes dans la discussion qui était la nôtre.

Donc, il vous avait dit : "J'ai envie d'être candidat à l'élection présidentielle" ?

Bien sûr il s'y préparait.

Est-ce qu'il ne vaut mieux pas, pour le Parti socialiste qui doit choisir son candidat, que Dominique Strauss-Kahn qui doit se consacrer à sa défense, il ne peut plus être compétiteurs ? Est-ce que ça n'est pas mieux pour le parti auquel vous appartenez ?

D'abord, c'est trop tôt. Et puis c'est d'abord et avant tout de sa responsabilité. Je pense peut être qu'aujourd'hui, il a peut être chose à faire et à penser. Les choses viennent d'arriver, et il faut se donner suffisamment de temps et le recul nécessaire. Encore une fois, Martine Aubry a dit l'essentiel : il faut que nous restions rassemblés, dignes, respectueux des principes que j'évoquais face à la gravité de la situation pour la gauche, pour le pays bien évidemment, et nous mêmes ne pas entretenir de la confusion. Avant ce qui vient de se passer, je disais mon inquiétude par rapport à la situation politique.

La rupture assez profonde entre les Français et ses dirigeants politiques, l'abstention que nous avons connue à l'occasion des cantonales, la montée du Marine Le Pen, une parole libérée que nous sentons notamment dans les quartiers populaires. Face à cela, j'en appelais déjà au rassemblement. Au rassemblement, parce que c'est indispensable  que le parti socialiste offre une alternative crédible. Donc pour moi  rien n'est changé. Et ce que représentait Dominique Strauss Kahn, c'est à dire à la fois la compétence, la capacité de redresser le pays, et puis le faire évidemment avec un esprit de justice sociale, ça doit rester pleinement présent dans tous nos débats et dans les choix que nous aurons à faire collectivement dans les semaines qui viennent.

Faut-il, comme vous parliez du temps nécessaire, maintenir le calendrier des primaires au Parti socialiste qui prévoit un dépôt de candidature à partir du 28 juin ?

Bien évidemment, il ne faut rien changer à cela, mais c'est pas un calendrier dont nous avons besoin aujourd'hui. C'est une réflexion, ce rassemblement et nous tourner résolument vers les Français, c'est cela pour moi l'essentiel, au delà du soutien que nous devons apporter à Dominique.

Dominique Strauss-Kahn est remplaçable ou il est irremplaçable ?

En l'occurrence, je considérais qu'il était le seul qui pouvait à la fois nous éviter d'être éliminés du premier tour, de barre Nicolas Sarkozy et surtout de redresser le pays dans la crise économique que le monde connaît.
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Manuel Valls : "DSK menotté ? Des images d'une cruauté insoutenable"
Le député-maire socialiste d'Evry, proche de Dominique Strauss-Kahn, répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Manuel Valls a affirmé que les images de DSK, inculpé pour tentative de viol, sortant menotté du commissariat de Harlem à New-York était d'"une cruauté insoutenable". "Cela fait près de trente ans que je fais de la politique" mais "je n'ai jamais vu cela et je n'ai jamais ressenti cela", a affirmé sur RTL M. Valls, candidat à la primaire PS pour 2012. "Dominique Strauss-Kahn est un ami que je connais de puis longtemps, les images de ce matin sont d'une cruauté insoutenable", a-t-il ajouté. "J'avais les larmes aux yeux".
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2011-05-16 10:20:00
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