4 min de lecture Primaire PS

Manuel Valls annonce sa candidature, sa démission et son programme

ÉCLAIRAGE - Manuel Valls s'est lancé dans la course à la présidentielle et a annoncé les premières pistes de son programme.

Manuel Valls, le 5 décembre 2016
Manuel Valls, le 5 décembre 2016 Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Rien n'aura été omis. Depuis ce lundi 5 décembre au matin, Manuel Valls a savamment préparé l'annonce de sa candidature. Le suspense a été levé, tôt ce matin, avec l'annonce de sa prise de parole, à 18h30. Le reste de la journée a fait l'objet d'un silence radio le plus complet, laissant place aux spéculations sur son potentiel remplaçant au poste de premier ministre. Les noms de Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian, Najat Vallaud-Belkacem et Marisol Touraine sont notamment évoqués pour lui succéder. 

Les vallsistes se sont donc fait discrets, contrairement aux détracteurs socialistes du Premier ministre, qui se sont longuement exprimés sur sa candidature. Sur France info, Stéphane Le Foll a déploré que le chef du gouvernement n'ait pas appelé "son porte-parole pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle". Le ministre de l'Agriculture a toutefois tenu à assurer que "les ponts ne sont pas coupés" et qu'il n'est "pas fâché", même s'il ne s'est livré a aucun pronostic ou annonce de soutien. De son côté, Martine Aubry a expliqué qu'elle serait "présente pour soutenir un candidat qui représente le cœur des valeurs du Parti socialiste" et "ce n'est pas évident" de savoir si Manuel Valls incarne ce rassemblement.

Une candidature "de la réconciliation"

C'est en tout cas la ligne que le Premier ministre a choisi pour son discours de candidature. Rapidement, il a annoncé : "Je suis candidat à la présidence de la République". À travers un discours dense, Manuel Valls a affirmé que sa candidature était "celle de la conciliation, celle de la réconciliation". Le premier ministre de François Hollande a détaillé les raisons de son engagement. Il explique avoir "cette force" en lui, "cette volonté de servir" son pays. "C'est au-delà des mots, c'est une conviction totale. Je veux tout donner pour la France qui m'a tant donné. Ministre, premier ministre, j'ai fait mon devoir, sans jamais me ménager, avec énergie, en parfaite loyauté avec le souci constant d'être à la hauteur de la mission que m'a confié le chef de l'État", ajoute-t-il.

À lire aussi
L'ancien Premier ministre, Manuel Valls élections
Manuel Valls : "Parfois, il m'est arrivé de confondre autorité et autoritarisme"

Il adresse un message direct à la gauche et "pose un premier acte pour l'unité" et revient sur ses valeurs. "Rassembler, car enfin quand on a gouverné avec Mitterrand, Jospin, Hollande, on partage quelque chose de grand, de fort. Un vrai combat pour le progrès, la justice sociale (...) Je veux faire gagner ce qui nous rassemble", poursuit-il. Candidat à la primaire socialiste, il vante les mérites de ce "formidable moyen" de faire gagner la gauche et invite "tous les Français qui refusent l'extrême droite, la régression sociale que propose François FIllon". Conscient des divisions qu'il a pu causer tout au long de son mandat de ministre de l'Intérieur, puis de premier ministre, Manuel Valls reconnaît avoir eu "des mots durs" mais tout en assumant "les décisions collectives", car "c'est ça aussi les décisions de la gauche", justifie-t-il.

Une démission dans la foulée

Manuel Valls a levé tous les doutes. Jusqu'au moment de sa démission. Le nouveau candidat à la primaire socialiste a annoncé qu'il comptait quitter ses fonctions dès demain pour pouvoir "en toute liberté proposer aux Français un chemin". Il en profite aussi pour adresser un mot à François Hollande qui a renoncé à se représenter en 2017 trois jours auparavant. "À François Hollande, je veux dire mon émotion, mon affection. Sa décision est celle d'un homme d'État qui place l'intérêt général au-dessus de tout. Je veux lui dire la chaleur de mes sentiments. Ils se sont forgés à jamais dans le prix de la douleur que notre pays a payé dans son engagement pour la liberté", explique-t-il. 

Faisant abstraction de toutes les tensions, provocations et déclarations polémiques, Manuel Valls a tenu à lui signifier sa "très grande fierté d'avoir assumé ces responsabilités immenses, intenses et d'avoir engagé des réformes essentielles pour la France, pour la compétitivité, pour notre école". 

Des pistes du programme détaillées

Le premier ministre a voulu s'inscrire dans le concret. Non seulement, il officialise sa candidature, mais il en profite aussi pour donner la ligne directrice de son programme. Lutte contre "les communautarismes", la "ségrégation sociale", le racisme, l'antisémitisme, les "discriminations qui nous facturent", Manuel Valls s'adresse aux "personnes qui se mobilisent pour ceux qui ont faim". Il ajoute avec un ton vigoureux : "Je veux mettre la France à la hauteur d'un monde nouveau. Je veux que les classes populaires retrouvent leur dignité. Je veux les aider à construire ce pays que nous aimons". 

Ainsi, il affirme vouloir "refonder le projet européen" qui "n'est pas assez proche des peuples". "Je veux une Europe forte, qui investit dans la jeunesse et le social", indique Manuel Valls qui a pour objectif de "mettre la France à hauteur d'un monde nouveau". Autre axe : "miser" sur les PME, les entrepreneurs et les salariés. Il complète ses propos en ajoutant que l'Hexagone a pour vocation à devenir "une nation qui mettra plus d'efforts dans l'éducation, la formation, l'apprentissage, la recherche et la santé". Le candidat précise aussi le rôle de l'État qui doit protéger de l'insécurité, de la délinquance et aussi de la menace terroriste.

Manuel Valls enchaîne les propositions : "Je veux poursuivre la baisse durable de l'impôt pour les classes moyennes et populaires. Je veux que notre République fasse davantage confiance aux Français (...) Je veux que nous conduisions la gauche vers la victoire, donnez moi cette force. Mobilisez-vous. Venez nombreux au mois de janvier. Je veux faire gagner tout ce qui nous rassemble".

Une attaque directe envers François Fillon

"Je veux me battre contre la droite, son candidat, son programme, ses vielles recettes des années 80 qui nous présente comme une avancée, un recul social généralisé. Je me bats aussi contre le candidat de la droite. Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins. Je ne veux pas que nos enfants aient moins de professeurs. Je ne veux pas que l'on casse notre sécurité sociale". Manuel Valls s'en prend aux principales mesures du programme de François Fillon

Il attaque aussi le Front national. "On nous dit que l'extrême droite est qualifiée d'office pour le second tour, mais rien n'est écrit. On nous dit que François Fillon est déjà élu président de la République, mais rien n'est écrit. Nos vies valent mieux que les pronostics. Notre vie, c'est nous qui l'écrivons", a-t-il ajouté.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Primaire PS Manuel Valls Présidentielle 2017
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7786135940
Manuel Valls annonce sa candidature, sa démission et son programme
Manuel Valls annonce sa candidature, sa démission et son programme
ÉCLAIRAGE - Manuel Valls s'est lancé dans la course à la présidentielle et a annoncé les premières pistes de son programme.
https://www.rtl.fr/actu/politique/manuel-valls-annonce-sa-candidature-sa-demission-son-programme-et-nomme-son-ennemi-7786135940
2016-12-05 19:10:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/USgs_7-8M9btiSpSUV2-lA/330v220-2/online/image/2016/1205/7786140095_manuel-valls-le-5-decembre-2016.jpg