4 min de lecture Présidentielle 2017

Manuel Valls à Matignon : les 9 moments-clés de ses deux ans à la tête du gouvernement

Nommé premier ministre après la défaite de la gauche aux municipales de 2014, Manuel Valls vient d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle de 2017.

Manuel Valls à Vaulx-en-Velin le 13 avril 2016.
Manuel Valls à Vaulx-en-Velin le 13 avril 2016. Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Les ambitions présidentielles de Manuel Valls étaient devenues un secret de polichinelle il y a déjà plusieurs semaines. Depuis la parution du livre Un Président ne devrait pas dire ça... écrit par le duo de journalistes au Monde Fabrice Lhomme et Gérard Davet, le chef du gouvernement ne cachait pas son agacement à l'égard de François Hollande. 

La tension a atteint son paroxysme dimanche 27 novembre, jour de la parution d'une interview dans le Journal du dimanche dans laquelle il déclare ne plus exclure une candidature à la primaire de la gauche face au président de la République. Au terme de leur déjeuner hebdomadaire le lendemain, François Hollande calme les velléités de son premier ministre, avant de renoncer à briguer sa propre succession à l'élection présidentielle, jeudi 1er décembre, ouvrant ainsi une large brèche pour Manuel Valls. Brèche dans laquelle ce dernier s'est engouffré. Manuel Valls vient d'officialiser sa candidature à l'élection présidentielle, ce lundi 5 décembre à Evry, et démissionnera de ses fonctions dès le lendemain.

1. Une nomination à Matignon sur fond de débâcle électorale

Ministre de l'Intérieur sous la houlette du premier ministre Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls arrive à Matignon le 31 mars 2014, au lendemain du résultat des élections municipales au cours desquelles la gauche a subi une forte défaite électorale, peu avant celle survenue avec les élections européennes au mois de mai de la même année. Son arrivée provoque des dissensions avec les forces politiques alliées au Parti socialiste. Les écologistes refusent de prendre part au gouvernement.

2. Arnaud Montebourg et sa "cuvée du redressement" provoquent une crise

Quelques jours avant d'être invité à la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, le fief d'Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire, le ministre de l'Éducation nationale Benoît Hamon déclare dans Le Parisien, en son nom et en celui de son homologue de l'Économie, avoir des affinités avec les frondeurs socialistes. Chacun assurant sa loyauté vis-à-vis de l'exécutif, Arnaud Montebourg lâche malgré tout la phrase de trop. Évoquant des bouteilles mises en vente ce jour-là, étiquetées "cuvée du Redressement", l'ancien ministre du Redressement productif lance qu'il va "envoyer une bonne bouteille de 'la cuvée du redressement' au Président, hein !". Une phrase qui ne passe pas, après les critiques formulées contre la politique économique. Le 26 août 2014, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont débarqués de l'équipe gouvernementale. Aurélie Filippetti les suit. Emmanuel Macron, jusque-là conseiller à l'Élysée, arrive à Bercy.

3. Manuel Valls se fait applaudir par les patrons

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Au lendemain du remaniement ministériel, le 27 août, Manuel Valls se rend à l'université d'été du Medef. Face au patronat, il lance un "J'aime l'entreprise !" avec enthousiasme, qui provoque des critiques à gauche et appuie la ligne sociale-libérale qu'il prône, malgré les réticences de l'aile gauche du Parti socialiste. Avec cette rencontre, il ouvre la voie à une réforme du Code du travail.

4. Les attentats de janvier 2015 et le bref moment d'unité nationale

Après les attentats contre Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper Cacher à Vincennes, le premier ministre prend la parole à l'Assemblée nationale. Face aux députés, il annonce des "mesures exceptionnelles" concernant le renseignement, les fichiers, les mises sur écoute, afin de mieux détecter les potentielles menaces terroristes. Les parlementaires l'ovationnent longuement. Ce discours marque le virage sécuritaire du quinquennat.

5. Février 2015, la loi Macron sème un peu plus la discorde

Le texte de loi porté par le ministre de l'Économie Emmanuel Macron est mal accepté par l'aile gauche du Parti socialiste. Les "frondeurs" se mobilisent contre le texte, ce qui laisse présager un vote de rejet au palais Bourbon. Le locataire de Matignon prend une mesure choc : il engage la responsabilité de son gouvernement en utilisant l'article 49.3 de la Constitution. Procédure qu'il mettra en oeuvre encore deux autres fois pour faire adopter définitivement le projet de loi et qui sera très mal acceptée au sein de la fragile majorité parlementaire.

6. Les attentats du 13 novembre 2015 et l'état d'urgence

La France est à nouveau frappée par le terrorisme.Le gouvernement décrète l'état d'urgence en réaction aux attentats meurtriers et poursuit son virage sécuritaire. Une situation qui perdure encore à ce jour. Après les attentats de janvier 2015, Manuel Valls avait dénoncé un "apartheid social, territorial et ethnique" dans les quartiers. Le 25 novembre, il déclare qu'"aucune excuse sociale, sociologique et culturelle" ne doit être cherchée au terrorisme.

7. En désaccord avec la ligne politique, Christiane Taubira démissionne

Plusieurs fois présentée comme la "caution de gauche" du gouvernement, la garde des Sceaux Christiane Taubira présente sa démission le 27 janvier 2016. Entretenant des relations houleuses avec Manuel Valls, la Guyanaise part sur un "désaccord politique" à propos de la révision constitutionnelle concernant la déchéance de nationalité. Un nouveau coup dur politique pour le premier ministre, qui est de moins en moins soutenu par l'aile gauche de sa famille politique.

8. La réforme du Code du travail qui ne passe pas

La ministre du Travail Myriam El Khomri présente son projet de réforme du Code du travail, défendu par Manuel Valls. Le projet de loi, salué par le Medef, provoque l'ire des "frondeurs" socialistes, des syndicats et des organisations étudiantes. Une dizaine de manifestations s'organisent pendant cinq mois. Une ultime fois, Manuel Valls a recours à l'article 49.3, le 20 juillet 2016. Christiane Taubira sort alors de son silence. "Les violences institutionnelles réciproques, 49.3 et défiance, sont toujours un échec. Sans débat, la démocratie est un astre mort", écrit-elle sur Twitter. 

9. Le 5 décembre 2016, la candidature à la présidentielle

François Hollande ayant acté son renoncement à une seconde course à l'Élysée, Manuel Valls a le champ libre. Dans une dépêche matinale du 5 décembre 2016, l'AFP relaie un communiqué de Matignon dans lequel il est écrit que l'annonce officielle de la candidature du Premier ministre se fera ce jour, à 18h30 à Evry. Une annonce officialisée depuis, conformément au communiqué. Manuel Valls, à présent candidat, va remettre sa démission à François Hollande, mardi 6 décembre.

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