2 min de lecture Polémique

"Macron ne doit pas oublier qu'après Obama, il y a eu Trump", plaide Alba Ventura

ÉDITO - Si l'on prête des similitudes entre Obama et Macron, il reste que le premier a été élu sur un élan tandis que le second l'a été sur une défiance.

L'Edito politique
"Macron ne doit pas oublier qu'après Obama, il y a eu Trump", plaide Alba Ventura
Crédit Média : RTLnet Crédit Image : AFP / Ludovic Marin
Voir la suite

Barack Obama était à Paris samedi 2 décembre. L'ancien président des États-Unis tenait une conférence de presse à l'invitation d'un club d'entreprises spécialisées dans l'innovation et la communication.  Recevoir Obama en France, même s'il n'est plus aux affaires, cela reste impressionnant. Parce que l'homme a beaucoup de charisme. Maintenant si l'on redescend un peu sur Terre, Obama n'est pas magique. D'abord parce que même s'il vient parler de sujets importants, comme le climat, la protection sociale ou le terrorisme, même s'il vient délivrer des messages subliminaux anti-Trump, il est, comme tout bon ancien président américain qui se respecte, un conférencier qui fait payer très cher ses interventions.

Ce qui est amusant c'est qu'on le reçoit comme s'il était toujours le président des États-Unis. Regardez, Anne Hidalgo a confié : "Tant pis si je ne suis pas diplomatiquement correcte avec Donald Trump, mais franchement, pour moi, Barack Obama est davantage mon président américain". Il y a un effet "shadow président" (président caché) chez Obama. Il y a aussi une forme de nostalgie et de bons sentiments.

Obama incarne une Amérique à construire

Mais on peut adorer parler climat avec Barack Obama, il n'en reste pas moins que le président des États-Unis c'est Donald Trump. Autrement dit, il n'y a rien à négocier avec Barack Obama. Donne-t-on, pour le coup, trop d'importance à Obama ? Non, parce que s'il n'y a rien à négocier avec l'ancien président américain, il sert quand même à rassurer une partie des Français et des Européens que tous les Américains ne sont pas comme Trump

Obama incarne l'autre Amérique : une Amérique à construire, à convaincre. Obama c'était l'Amérique du multilatéralisme, tandis que Trump c'est une Amérique plus unilatérale. Barack Obama reste celui qui représente l'Amérique ouverte face à l'Amérique de Donald Trump, plus repliée. Anne Hidalgo joue avec le réseau international des maires qu'elle préside, le C40 (elle sera d’ailleurs en ce début de semaine avec le maire de Chicago). L'idée c'est de parler aussi aux Américains, pas seulement avec leur président.

Macron suscite moins d'espoir qu'Obama

Sur un plan politique, on a beaucoup comparé Emmanuel Macron à Barack Obama. Est-ce pertinent ? Il y a beaucoup de similitudes dans la communication. Macron s'est inspiré de la campagne d'Obama en 2008. Et puis de la même façon il a mis la presse à l'écart. Il y a des points communs également dans la gouvernance. Mais il y a une différence notable : Obama a été élu sur un élan, alors que Macron l'a été sur une défiance. Ce qui signifie qu'Emmanuel Macron suscite moins d'espoir que Barack Obama.

Alors, cela peut paraître plus confortable, dis comme ça : on pourrait penser qu’il y a moins de pression sur les épaules de Macron. Mais c'est tout aussi compliqué en terme d'obligation de résultats. Autrement dit, Emmanuel Macron ne doit pas oublier (et il le sait très bien) qu'après Obama, il y a eu Trump.

La rédaction vous recommande
Contenus sponsorisés