4 min de lecture Présidentielle 2017

Macron - Le Pen : que proposent-ils en matière de retraites ?

LE DUEL (10/14) - Revalorisation du minimum vieillesse, âge de départ à la retraite... Les deux candidats proposent des visions différentes de la société pour les retraités.

Un couple de retraités (illustration)
Un couple de retraités (illustration) Crédit : AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Toute l'opposition qui existe entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron se retrouve dans les programmes des deux candidats à la présidentielle sur les retraites. Celle qui s'est mise en retrait de la présidence du Front national et le fondateur d'"En Marche !" se sont affrontés lors du débat de l'entre-deux-tours, mercredi 3 mai. "C'est un débat qui est très particulier puisque c'est le premier débat entre un candidat qui représente l'ensemble de la République et une candidate d'extrême droite", a expliqué François Hollande, en marge d'un déplacement dans le XVIIe arrondissement de Paris. 

Selon un sondage Ipsos Sopra Steria publié mercredi, l'ancien ministre de l'Économie serait élu dimanche 7 mai président de la République face à Marine Le Pen. Il est crédité de 59% d'intentions de vote, soit un point de moins que dans la précédente enquête de cet institut réalisée les 28 et 29 avril. La candidate du Front national gagnerait un point à 41% des voix, selon ce sondage réalisé pour Le Monde et le Cevipof.

Départ à la retraite à 60 ans

Dans l'engagement 52 de son programme, Marine Le Pen souhaite "fixer l'âge légal de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations pour percevoir une retraite pleine". La candidate a changé le calendrier pour appliquer cette mesure. "Elle sera effective probablement à la fin du quinquennat parce que nous devons évidemment mettre en oeuvre le retour à l'emploi", a-t-elle affirmé dans l'émission Facebook Lounge de LCI.  
La candidate souhaite assurer "le retour à l'emploi" pour rendre effective, "probablement à la fin du quinquennat", la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations, qu'elle prévoyait jusque-là presque immédiate. "Vous comprenez bien que cette retraite à 60 ans, il faut qu'on la finance par l'emploi. Moi, j'essaie et j'essaierai de faire en sorte qu'à la mi-quinquennat, on arrive à ça. En tout cas, à la fin du quinquennat, ça sera fait, c'est sûr", a promis la candidate.

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Le 11 avril, Marine Le Pen avait présenté, dans une vidéo, les "10 mesures concrètes, d'effet immédiat sur votre quotidien", qu'elle prendrait "tout de suite", "dans les deux premiers mois de (son) mandat". Le "rétablissement de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation" figurait parmi ces mesures. Aujourd'hui, un salarié du privé peut partir à la retraite à 62 ans s'il a cotisé 41,5 ans (une durée progressivement allongée à 43 ans pour la génération 1973). D'après elle, "on culpabilise souvent les Français en disant 'ça coûte une fortune'" le retour à la retraite à 60 ans. En réalité, ça coûte 17 milliards d'euros. Une baisse de trois points du chômage, c'est 25 milliards d'euros dans les caisses de l'État". Emmanuel Macron affirme quant à lui, dans son programme, que l'âge de départ à la retraite et le niveau des pensions resteront inchangés.

Un système universel de retraite

Le candidat "En Marche !" souhaite mettre "fin aux injustices de notre système de retraites". "Un système universel avec des règles communes de calcul des pensions sera progressivement mis en place. Le fait de changer d’activité ou de secteur sera sans effet sur les droits à la retraite. Avec un principe d’égalité : pour chaque euro cotisé, le même droit à pension pour tous !" La Croix explique qu'Emmanuel Macron souhaite "en dix ans, que le système de retraite soit entièrement refondu pour être le même pour tous, que l’on ait été fonctionnaire, salarié du privé ou indépendant. Un euro cotisé produira ainsi les mêmes droits à la retraite, quel que soit le statut de celui qui a cotisé, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Sensé être plus 'transparent', ce nouveau système lèverait par ailleurs, dans l’esprit d’Emmanuel Macron, les freins à la mobilité, le fait de changer d’activité ou de secteur étant finalement sans effet sur les droits à la retraite".

La réforme voulue par le candidat devrait aboutir à "un système proche d’un système par points. Un compte individuel regrouperait les cotisations, aux régimes de base comme aux régimes complémentaires. Ces cotisations seraient ensuite 'revalorisées chaque année selon la croissance des salaires' (elles le sont actuellement en fonction des prix). Au moment de la retraite, les droits accumulés seraient convertis en une pension, 'à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance'", ajoute le journal. Quel calendrier ? Emmanuel Macron affirme que la réforme sera discutée lors du quinquennat "mais que son application ne commencera qu'au cours de la législature suivante. La transition sera progressive, et s’étalera sur une période de dix ans. Les avantages accordés aujourd’hui à ceux qui ont dû interrompre leur carrière (les mères, les chômeurs, etc.) seront conservés et intégrés au nouveau système", indique La Croix.

Une augmentation de 1,7% de la CSG

Invité dans le RTLsocialstudio le 2 mai dernier, Richard Ferrand, secrétaire général d'"En Marche !", explique : "Ce que nous voulons, c'est diminuer de 3,1% les cotisations que paient les salariés pour financer l'allocation chômage. Ça va faire du pouvoir d'achat en plus pour les salariés. Il faut transférer ce manque à gagner sur une augmentation de 1,7% de la CSG. Nous ne faisons pas perdre de pouvoir d'achat aux retraités, car nous supprimons aussi la taxe d'habitation. Il y a aura une meilleure prise en charge de tout ce qui est relatif aux lunettes et aux problèmes dentaires. Ce qui est vertueux dans ce que nous proposons, c'est que l'on redonne du pouvoir d'achat aux salariés, sans brimer la compétitivité des entreprises. Au total, les retraités gagneront plus d'argent", explique-t-il.

Revalorisation du minimum vieillesse

Marine Le Pen souhaite, elle, revaloriser le minimum vieillesse "partout en France, y compris Outre-mer et le conditionner à la nationalité française ou à vingt ans de résidence en France, ce qui permettra également d'augmenter les très petites retraites". Il devrait être revaloriser de 20%. Même mesure chez Emmanuel Macron qui annonce que le minimum vieillesse augmentera de "100 euros par mois". Autre mesure souhaitée par Marine Le Pen : une prime de pouvoir d’achat de 80 euros par mois en moyenne pour les petites retraites et petits salaires jusqu’à 1.500 euros par mois. Elle devrait être financée par la taxe de 3% sur les importations "dont la portée a toutefois été limitée dans l’accord passé avec Nicolas Dupont-Aignan", souligne le journal.

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