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Loi Travail : "La gauche à l'épreuve de la gauche", analyse Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Le très contesté projet de loi arrive à l'Assemblée nationale pour deux semaines d'un examen sous pression d'une partie de la majorité. La menace du 49.3 plane.

L'hémicycle de l'Assemblée nationale (illustration).
L'hémicycle de l'Assemblée nationale (illustration).
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Loi Travail : "La gauche à l'épreuve de la gauche", analyse Alba Ventura
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Loi Travail : "La gauche à l'épreuve de la gauche", analyse Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

C'est parti pour deux semaines de débats à l'Assemblée nationale sur la Loi Travail. Deux semaines pour convaincre une majorité de députés de gauche. Selon les derniers pointages, il manquerait 40 voix pour faire passer le texte. C'est beaucoup. On fait tourner les calculettes et les téléphones chauffent en ce moment au groupe socialiste au Palais-Bourbon et au gouvernement. Les rendez-vous se multiplient. Lundi (2 mai) encore, Myriam El Khomri recevait dans son bureau une partie des "frondeurs". Le calcul est très simple : si vous additionnez les députés PS et les radicaux, ça fait 303 députés. 303 moins 40, ça fait 263. Pour avoir la majorité, il en faut 288. Donc ça ne passe pas !

Comme le dit un membre du groupe PS, "il va falloir aller chercher les camarades les uns après les autres, en espérant que sur les 40 hostiles, plus de la moitié, au moins, change d'avis". Ce n'est pas encore dans la poche. Si ça ne passe pas, il y a la possibilité de dégainer le 49.3, qui permet de faire adopter un texte sans vote. On sera dans la même configuration que pour la Loi Macron. Mais ce n'est pas sans risque, parce que le gouvernement peut se retrouver avec une motion de censure. Là, on sera dans une toute autre histoire. On sera dans une énorme crise.
Avant d'en arriver là, il va y avoir débat. Il y a 5.000 amendements sur la table. Cela non plus ce n'est pas une bonne nouvelle : déjà que la loi a été mal emmanchée ; si elle se transforme en usine à gaz à cause de tous ces amendements, plus personne ne va s'y retrouver. Tout le jeu va consister à trouver le bon équilibre. Où placer le curseur ? Plus la barre est mise à gauche, moins les députés réformistes seront enclins à voter. Inversement plus le texte va pencher au centre, moins les députés opposés au texte seront récupérables. C'est peu dire que le chemin est escarpé.

Fracture entre le pouvoir et ses troupes

Ce qui se joue c'est un débat entre la gauche et la gauche, et même entre socialistes et socialistes. D'abord il ne faut pas sous-estimer qu'à un an de la présidentielle, il y a chez les socialistes, une partie - certes minime - qui cherche clairement à faire chuter François Hollande. Ensuite, il n'y a pas que les "frondeurs" et les amis de Martine Aubry qui s'opposent : il y a aussi tous ces députés qui sont sous pression de leurs circonscriptions, parce qu'un député ça pense à sa réélection forcément.

Tous ceux qui ont voté la déchéance, parce qu'il fallait bien soutenir le gouvernement, en ont gros sur la patate aujourd'hui. Ils en ont assez de se faire taper sur les doigts par leurs électeurs, et ils ont envie de sauver leur peau. Quand un député dit "légitimiste" - c’est-à-dire qui soutient l'exécutif - en vient à espérer qu'il y ait un 49.3 pour s'exonérer d'avoir voté cette loi, pour pouvoir dire à ses électeurs qu'il n'y est pour rien, qu'il y a été contraint, cela en dit très long sur la fracture entre le pouvoir et ses troupes.

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Une nouvelle gentillesse à l'endroit d'Emmanuel Macron. Et c'est encore un ministre qui assassine : "Emmanuel Macron, dit-il, c'est Bernard Kouchner : c'est la personnalité préférée des Français, et il n'a jamais gagné une éléction. Kouchner avait fait plusieurs tentatives et il a toujours perdu. Je prédis la même chose à Emmanuel Macron". Vous savez ce qu'on dit ? Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis.

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