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Livre de Hollande : une "humiliation", selon les plus hauts magistrats de France

Les deux plus hauts magistrats de France, le premier président et le procureur général de de la Cour de cassation, ont estimé que les propos de François Hollande dans son livre d'entretiens étaient une "humiliation".

François Hollande à l'Élysée le 27 septembre 2016.
François Hollande à l'Élysée le 27 septembre 2016. Crédit : LEWIS JOLY/SIPA
Anne-Laure Poisson
Anne-Laure Poisson
et AFP

Le geste est rare, une audience solennelle s'est tenue ce jeudi 13 au matin dans la grande chambre de la Cour de cassation à Paris devant une assemblée de magistrats en grande tenue. Les magistrats ont tenu à dénoncer avec fermeté les propos rapportés de François Hollande dans son livre d'entretiens, Un président ne devrait pas dire ça, paru hier mercredi 12 octobre.

Devant deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande déclarait : "Cette institution, qui est une institution de lâcheté... Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux...". Pour répondre, ce sont les deux plus hauts magistrats de France qui ont pris la parole lors de cette audience solennelle où ils ont dénoncé "l'humiliation" du chef de l'État à l'encontre de la magistrature française.

Plus tard dans la journée, le Conseil supérieur de la magistrature en a rajouté une couche, estimant que les propos du chef de l'État étaient "dangereux et injustes".

Problème institutionnel

Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, a déclaré que ces commentaires posaient "un problème institutionnel" et qu'il n'était "pas concevable que la charge de président (...) puisse être utilisée par son titulaire pour contribuer à diffuser parmi les Français une vision aussi dégradante de leur justice."

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Les deux hommes ont été reçus mercredi soir par le président de la République, une entrevue d'une vingtaine de minutes qui n'a pas "pas atténué le sentiment que la magistrature (avait) ressenti face à une nouvelle humiliation" selon le procureur général Jean-Claude Marin. 

La magistrature française avait déjà été attaquée par Nicolas Sarkozy qui avait comparé les magistrats avec des "petits pois sans saveur". Pour les deux hauts magistrats, cela nécessite le renforcement de l'indépendance de la justice. Bertrand Louvel a déclaré qu'il était "plus que temps" que la justice "s'émancipe de la tutelle de l'exécutif", héritée d'une "tradition monarchique d'un autre temps."

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