3 min de lecture Dépenses de l'état

Ligue des champions : Manuel Valls avait le droit de prendre un avion de la République

ÉCLAIRAGE - Le voyage de Manuel Valls à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des champions a soulevé plusieurs critiques de la part de l'opposition.

>
René Dosière explique l'utilisation des avions du gouvernement Crédit Image : ODD ANDERSEN / AFP | Crédit Média : Raphaël Vantard | Durée : | Date :
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et Raphaël Vantard

Thierry Solère, député du parti Les Républicains, l'ancienne ministre Nadine Morano et le vice-président du FN Florian Philippot ont sévèrement critiqué dimanche le déplacement du Premier ministre à Berlin, en forme d'aller-retour, pour assister à la finale de la Ligue des champions. Une levée de bouclier contrebalancée sur RTL par le spécialiste des dépenses publiques, et ancien contrôleur des comptes de la Présidence René Dosière. 

Dans l'opposition, les critiques ont fusé très vite. "Il y a une forme d'indécence", a estimé Thierry Solère dimanche sur Europe 1. "C'est une faute politique et une faute morale", a-t-il ajouté. "L'argent public, il est précieux dans cette période de crise et on doit veiller à tous les symboles et c'est un très mauvais signal envoyé", a-t-il ajouté. "Les Français qui ont du mal à payer leurs impôts ne peuvent pas comprendre, c'est plus l'époque, qu'on utilise des jets privés pour faire Poitiers-Berlin parce que le Premier ministre aime le foot et le Barça...".

N'essayez pas de créer de faux débats

Manuel valls
Partager la citation

Membre du même parti, la députée européenne Nadine Morano a elle délivré un "carton rouge" à Manuel Valls. "Entre Premier ministre de la France et supporter du Barça, Manuel Valls a fait son choix", a-t-elle critiqué dans un communiqué. Samedi soir, Manuel Valls avait indiqué: "Je suis Premier ministre. Je me déplace avec les moyens que vous connaissez. N'essayez pas de créer de faux débats". Florian Philippot (FN) qui a qualifié ce déplacement, dans un tweet, de "petit caprice footballistique de Valls pour deux équipes étrangères", a rebondi sur le sujet au micro d'Europe 1. "La vraie question est qui paie?", a-t-il demandé. "J'espère que ce n'est pas le contribuable français", a-t-il insisté.

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale EELV a pour sa part estimé sur France 3 que "s'il y a été pour d'autres raisons que simplement son plaisir personnel et qu'il y avait comme il l'a dit des réunions sur l'Euro 2016, c'est dans le cadre de ses fonctions, je n'ai rien à dire. Si ce n'est pas pour cela,  je pense qu'il faudra trouver un autre moyen d'y aller, en tout cas de payer son voyage".

Le Président et le Premier ministre remboursent une somme forfaitaire

René Dosière
Partager la citation
À lire aussi
Une plante au jardin des Tuileries à Paris (illustration) écologie
Environnement : qu'est-ce que le "budget vert" ?

Interrogé sur le sujet, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé lors du "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Le Monde-iTélé, que ce n'était "pas maladroit vu le nombre de Français qui ont regardé le match". Il a fait valoir au demeurant qu'il n'y avait "pas de séance de congrès" samedi soir. "Nous en avons discuté, il m'a donné ses raisons, et j'ai trouvé qu'elles étaient justifiées", a-t-il aussi confié. 

Contacté par RTL, René Dosière député et universitaire spécialiste de la gestion des finances publiques a quant à lui livré les dispositions d'utilisation des avions de la République. "Il y a dans notre république deux personnes qui ont parfaitement le droit de se déplacer avec les avions gouvernementaux dans tous leurs déplacements y compris leurs déplacements privés", explique l'ancien parlementaire affilié au PS. "C'est le président de la République et c'est le Premier ministre". 

Un champ d'utilisation assez large mais "si le déplacement est un déplacement privé, à ce moment là le Président et le Premier ministre remboursent une somme forfaitaire", complète René Dosière. Ce dernier rappelle d'ailleurs que ceci s'est déjà produit sous Nicolas Sarkozy et François Fillon. "Cette utilisation est liée aux responsabilités et à la protection qui sont celles de ces deux responsables du gouvernement et de l'État", conclut le spécialiste.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Dépenses de l'état Manuel Valls Florian Philippot
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants