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Levothyrox : pourquoi le gouvernement pratique une "politique du mépris"

ÉDITO - L'ancienne magistrate Marie-Odile Bertella-Geffroy, va porter plainte contre X pour "mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger".

Une boite de Levothyrox, le médicament pris par les 3 millions de Français malades de la thyroïdes
Une boite de Levothyrox, le médicament pris par les 3 millions de Français malades de la thyroïdes
Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Levothyrox : pourquoi le gouvernement pratique une "politique du mépris"
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L'affaire du Levothyrox va prendre une nouvelle ampleur. L'ancienne magistrate Marie-Odile Bertella-Geffroy, va porter plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger". Une plainte qui vise aussi bien le laboratoire américain qui fabrique le médicament, que les autorités sanitaires françaises. Va-t-on vers un nouveau scandale sanitaire ?

La politique en tout cas consiste à fixer le cap, les orientations, c'est le rôle du président de la République. La politique consiste aussi à placer ceux que l'on administre dans les meilleures conditions, ça c'est le rôle des ministres.

Quand il s'en est pris aux "fainéants et aux cyniques", Emmanuel Macron aurait pu placer dans la liste la ministre de la Santé et les responsables de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM), qui opposent une vertigineuse indifférence aux malades de la thyroïdevictimes d'effets secondaires depuis le changement de formule du Levothyrox.

La nouvelle formule à l'origine du scandale

En dehors des appréciations creuses du genre "nous avons entendu la souffrance des malades", rien n'est dit par ces responsables dédaigneux politiques ou administratifs, si ce n'est qu'il est hors de question de revenir en arrière. Au départ, la nouvelle formule de l'excipient réclamée par les autorités sanitaires françaises devait renforcer l'efficacité du médicament en le rendant plus stable.

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La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, est formelle puisqu'elle affirme que "la vie des malades n'est absolument pas en danger". Il n'y aurait donc pas de raisons d'intervenir tant qu'un médicament ne conduit pas à la mort. Quant aux effets secondaires - vertiges, désordres intestinaux, crampes -, ils empêchent de mener une vie sociale normale, mais ce n'est que "transitoire" affirme le secrétaire général de l'Autorité du médicament.

Ce dernier devrait au moins concevoir que le passé de son institution - et notamment le scandale du Médiator - ne donne pas envie de lui accorder une confiance aveugle. Le fait est que, jusqu'à fin mars, personne ne se plaignait du Levothyrox, maintenant ce n'est plus le cas.

Les malades de la thyroïde transformés en cobayes

Comme le dit Anny Duperey, il y a 3 millions de Français, qui prennent ce médicament, qui sont transformés en cobayes. Contrairement à d'autres pays, il n'y a pas en France d'alternative au Levothyrox. Et arrêter le traitement peut-être extrêmement dangereux. Donc il n'y a pas le choix, sauf à aller se procurer l'ancienne formule encore en vente dans les pays frontaliers de la France.

Il serait donc sans doute plus judicieux de remettre en circulation l'ancienne formule en attendant que des essais menés en laboratoire trouvent le moyen de mettre fin aux effets secondaires testés sur des citoyens captifs

En attendant, la France est le seul pays développé au monde qui incite des administrés à se rendre à l'étranger pour se procurer le bon médicament. Au lieu de la grande transformation promise par Emmanuel Macron, la ministre de la Santé et ses fonctionnaires pratiquent la politique du mépris.

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