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"Les robots créent de l'emploi", démontre François Lenglet

ÉDITO - Pour financer son fameux revenu universel, Benoît Hamon veut taxer les robots. Une proposition qui n'a pas grand sens, selon le journaliste.

Des robots dans une usine de Jiaxing, dans l'est de la Chine
Des robots dans une usine de Jiaxing, dans l'est de la Chine
Crédit : SIPA
"Les robots créent de l'emploi", démontre François Lenglet
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François Lenglet & Loïc Farge

L'idée émise par Benoît Hamon est simple. Puisque les robots nous prennent nos boulots, il faut, nous dit le candidat, leur faire une fiche de paye fictive, de façon à valoriser leur travail pour le taxer ensuite, et faire contribuer les machines à  la protection sociale. Le député des Yvelines reprend ici une proposition faite par une eurodéputée luxembourgeoise, qui a fait passer une résolution au Parlement de Strasbourg pour créer un impôt sur le travail réalisé par les robots.

Cela est intéressant, que cette proposition témoigne de l’illusion la plus courante en matière d’économie, en croyant que les robots créent le chômage. C'est complètement faux. C'est facile à démontrer de façon empirique : les pays qui ont le plus de robots (le Japon, la Corée, l’Allemagne et la Suède) sont aussi ceux qui ont le moins de chômage chez eux. Ce sont aussi ceux qui ont le plus d’emploi industriels. Alors que les pays sous-équipés en robots, comme la France, sont ceux où l’industrie est la plus faible et où le chômage est le plus élevé.

Un presse-citron ? Pan ! Une taxe

Les robots créent de l’emploi. Exactement comme les métiers à tisser au début du XIXe siècle. Ces innovations ont supprimé des emplois (celui des tisserands), mais ils ont permis de faire baisser considérablement le prix des vêtements et d’augmenter considérablement les salaires des opérateurs de métiers. Il y a bien des victimes de la transition technologique, dont il faut prendre soin, en les formant, en les reconvertissant. Mais ralentir ce processus, c’est s'aliéner toute source de progrès, de croissance, de revenu.

Si on avait fait cela pour le transport, on aurait dissuadé l’utilisation de l’automobile, et on roulerait toujours en fiacre. Sans compter les immenses difficultés de mises en œuvre. À partir de quel niveau de technique considérez-vous que la machine doit être taxée ? Après tout, un presse-citron se substitue aussi au travail humain. Pan ! Une taxe. Une caisse automatique dans un péage ? Une calculette ? Une taxe ! Un tracteur ? Une fiche de paie, et la CSG sur le tracteur qui remplace des chevaux, qui eux-mêmes volent le travail des hommes.

Il n’y a pas d’impôt indolore

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Mais on peut aller plus loin. Les abeilles font du miel : n’est-ce pas de la concurrence déloyale vis-à-vis du travail humain ? On va leur coller des charges sociales, et l’Inspection du travail. Même chose pour les vaches, qui font du lait. On pousse le système jusqu'à l’absurde, pour montrer que cette proposition n’a pas grand sens.

Ajoutons que l’idée de taxer les robots a un côté séduisant, parce qu’on imagine que ce sont les robots qui paient. C’est évidement complètement faux. Si on taxe les robots, c’est celui qui l’emploie qui va payer, et qui va refacturer au consommateur. Il n’y a pas d’impôt indolore.

Dernier élément : les machines sont beaucoup plus mobiles que les hommes. Elles se délocalisent sans aucun problème. Taxer les robots en France, c’est avoir l’assurance que les nouvelles usines s’installeront de l’autre côté de la frontière. C’est du Trump à l’envers, en quelque sorte.

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