4 min de lecture Affaire Karachi

Les affaires Karachi, Tapie et Bettencourt en un clin d'oeil

DÉCRYPTAGE - Les affaires politico-judiciaires en cours ont connu de nombreux rebondissements ces derniers jours. Retour sur trois feuilletons qui secouent la République.

Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
Journaliste RTL

Affaire Karachi

Les faits
Tout commence en 1994, lorsque la France vend des frégates à l'Arabie Saoudite et des sous-marins au Pakistan. A ce moment là, la droite est au pouvoir mais aussi en pleine guerre interne qui oppose Jacques Chirac, futur Président, et Edouard Balladur, alors Premier ministre. Les contrats sont soupçonnés d'avoir donné lieu à des retro-commissions qui auraient servi à financer la campagne présidentielle de ce dernier.

Le dernier épisode
Ziad Takieddine, plusieurs fois mis en examen dans cette affaire, a été placé en garde à vue ce jeudi 30 mai. La police le soupçonne d'avoir voulu fuir le pays, a-t-on indiqué de source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart. Il se serait notamment procuré un passeport diplomatique de République dominicaine. L'homme d'affaire franco-libanais est soumis en France à un strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le pays. 

Par ailleurs l'ancien ministre François Léotard a été condamné ce jeudi à 3.750 euros d'amende, pour avoir outragé plusieurs policiers et gendarmes lors d'une perquisition à son domicile du Var. Il est soupçonné de s'être enrichi personnellement en touchant des fonds occultes issus des contrats d'armement.

La suite de l'affaire
La justice aurait désormais la preuve que des sondages d'opinion, réalisés en 1995 pour la campagne malheureuse d'Edouard Balladur, auraient été financés par un compte suisse appartenant à Abdul Rahman El Assir, un intermédiaire établi en Arabie Saoudite. Mais si le juge Van Ruymbeke, en charge du dossier, arrive à prouver que l'ancien Premier ministre a effectivement bénéficié de fonds occultes, il devra saisir la Cour de Justice de la République, la seule instance capable de juger des anciens ministres pour des délits commis durant l'exercice de leurs fonctions.

La rédaction vous recommande
Affaire Karachi : les preuves d'un financement occulte
Affaire Karachi : les preuves d'un financement occulte Crédit : IDE

Affaire Tapie/Adidas

À lire aussi
L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine à son arrivée au tribunal pour le premier procès Karachi, le 7 octobre 2019. justice
Procès Karachi : trois politiques, un industriel et deux intermédiaires jugés

Les faits
En 1992, Bernard Tapie est en passe de rentrer au gouvernement de Pierre Bérégovoy, fraîchement nommé Premier ministre par François Mitterrand. Mais le président de la République fixe une condition : que l'homme d'affaires se retire de toutes ses activités industrielles. Il cède alors le groupe Adidas à une filiale du Crédit Lyonnais, alors banque publique au moment des faits. La justice relève des irrégularités dans la vente. 

Après plus de dix ans de procédures, Bernard Tapie reçoit 145 millions d'euros à titre de dommages et intérêts. Un an plus tard, la Cour de cassation annule ce versement. Le ministère de l'Economie, alors occupé par Christine Lagarde, décide de confier le dossier à un tribunal arbitral, qui accordera la somme de 403 millions d'euros à l'ancien ministre de la Ville.

Le dernier épisode
Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal arbitral a été placé en garde à vue mercredi, a indiqué une source proche de l'enquête, confirmant une information du site Médiapart. Il est accusé d'escroqueries en bande organisée.

Les enquêteurs soupçonnent Pierre Estoup d'avoir eu des liens professionnels anciens avec Me Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie. L'ex-magistrat n'en avait pas fait état au moment de l'arbitrage en faveur de l'homme d'affaires.

La suite de l'affaire
Le ministère de l'Economie a annoncé mercredi que l'Etat allait se constituer partie civile "dans les meilleurs délais", vraisemblablement dès la semaine prochaine, dans le volet non-ministériel de l'affaire Tapie. Les pouvoirs publics entendent ainsi "veiller à ce que les intérêts patrimoniaux de l'Etat ne soient pas lésés" et "avoir accès au dossier". 

L'ex-ministre Christine Lagarde, désormais présidente du Fonds Monétaire International (FMI), a été placée sous statut de témoin assisté  échappant ainsi à la mise en examen. Si aucune charge n'est requise contre elle à la fin de l'instruction, elle bénéficiera d'un non-lieu. 

Quant à Bernard Tapie, récemment reconverti en patron de presse, il semble peu probable qu'il ait à rembourser la somme de 403 millions d'euros. L'Etat a exclu le recours en annulation, mais un recours en révision pourrait être déposé si les juges découvraient de nouveaux éléments. Mais il faudra faire vite, puisque le délai de prescription fixé à cinq ans s’achève le 7 juillet prochain.

La rédaction vous recommande
Les protagonnistes de l'affaire Tapie
Les protagonnistes de l'affaire Tapie Crédit : idé

Affaire Bettencourt

Les faits
Cette affaire a éclaté à l'été 2010, lorsque Mediapart a mis en ligne des enregistrements clandestins qui laissent penser que Liliane Bettencourt serait coupable de fraude fiscale. Ces documents ont également éveillé les soupçons de possibles conflits d'intérêts entre Eric Woerth, alors ministre du Budget et trésorier de l'UMP, et la patronne de l'Oréal. Enfin, des accusations portent sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy de l'élection présidentielle de 2007. L'ancien chef de l'Etat aurait bénéficié de fonds occultes selon l'ex-comptable de la femme la plus riche du monde.

Le dernier épisode
Un des médecins en charge d'expertiser Liliane Bettencourt est une amie proche du juge qui instruit le dossier, Jean-Michel Gentil, révèle Le Parisien ce jeudi 30 mai. Cette experte aurait été sa témoin de mariage, selon le quotidien, qui soulève la question de l'impartialité du magistrat. Ce dernier avait été fortement critiqué récemment, notamment par les proches de Nicolas Sarkozy, mis en examen pour "abus de faiblesse" en mars dernier.

La suite de l'affaire
La Cour d'appel de Bordeaux avait renvoyé au 6 juin l'étude des demandes de nullité formulées par les douze personnes mises en examen, dont fait partie Nicolas Sarkozy.

La rédaction vous recommande
Affaire Bettencourt : les principaux protagonistes.
Affaire Bettencourt : les principaux protagonistes. Crédit : Idé
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Affaire Karachi Bernard Tapie Edouard Balladur
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants