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Législatives 2017 : les 3 inconnues du 1er tour

ÉCLAIRAGE - L'abstention, les scores du Parti socialiste et des Républicains ainsi que ceux des anciens ministres seront particulièrement scrutés dimanche 11 juin, au soir du premier tour des élections législatives.

Un bureau de vote dans le 4e arrondissement de Lyon.
Un bureau de vote dans le 4e arrondissement de Lyon.
Crédit : KONRAD K./SIPA
Léa Stassinet

Emmanuel Macron aura-t-il une majorité à l'Assemblée nationale ? La question entoure le scrutin des élections législatives des 11 et 18 juin, considéré comme le troisième tour de l'élection présidentielle. D'après un tout récent sondage, le parti du Président, La République En Marche, pourrait avoir plus de 400 députés. Selon une enquête Ipsos / Sopra Steria pour France Télévisions publiée vendredi 9 juin, REM et son allié le MoDem peuvent espérer gagner entre 397 et 427 parlementaires. Un chiffre bien supérieur à celui requis pour bénéficier d'une majorité absolue, qui se situe à 289. 

Pour être élu, les candidats devront pour certains passer par une triangulaire voire une quadrangulaire dans de très rares cas. Pour que trois ou quatre candidats s'affrontent au second tour, ils doivent avoir recueillis au moins 12,5 % des voix sur le total du nombre d’électeurs inscrits, et non sur le nombre de voix exprimées. Ce qui veut dire que l'abstention est prise en compte. Une abstention qui pourrait d'ailleurs atteindre des sommets. 

1. Une abstention record ?

C'est une donnée non négligeable, qui sera analysée dès les premières minutes suivant les résultats du premier tour. L'abstention pourrait être la grande gagnante de ce scrutin. Selon un sondage Odoxa pour franceinfo, le premier tour pourrait être marqué par un taux d'abstention de 48%, soit le pire score enregistré depuis 1958. Pourquoi une aussi faible participation est-elle envisagée ? Pour Gaël Sliman, le président de l'institut Odoxa, cela s'explique par "un certain désintérêt ou une certaine lassitude après six tours de scrutins en huit mois, primaires comprises", dit-il au micro de la radio publique. Dans le détail, les jeunes interrogés seront les plus nombreux à s'abstenir : 65% des 18-24 ans affirment qu'ils n'iront pas voter, alors que chez les plus de 65 ans, 32% expliquent qu'ils ne s'exprimeront lors de ces élections. 

2. Les ministres de Hollande sanctionnés ?

Une autre interrogation subsiste : les anciens ministres du quinquennat de François Hollande vont-ils réussir à passer le premier tour et à conquérir ou reconquérir un siège à l'Assemblée ? Cela s'annonce compliquée pour Najat Vallaud-Belkacem, qui se présente dans la 6e circonscription du Rhône. Selon un sondage réalisé par le JDD, l'ancienne ministre de l'Éducation serait qualifiée de justesse (19%) pour le second tour, face au candidat de la République En Marche Bruno Bonnell (30%). Mais ce dernier l'emporterait largement au second tour, avec 60% contre 40 pour la socialiste. En tout, ils sont 8 à tenter leur chance : Matthias Fekl, Jean-Jacques Urvoas, Emmanuelle Cosse, Myriam El Khomri, Marisol Touraine, Éricka Bareigts et Stéphane Le Foll. 

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Il faudra également surveiller les circonscriptions sur lesquelles se présentent six ministres du gouvernement actuel. En effet, s'ils ne parviennent pas à être élus, ils devront quitter leurs fonctions ministérielles. Bruno Le Maire, Annick Girardin, Richard Ferrand, Christophe Castaner, Marielle de Sarnez et Mounir Mahjoubi sont concernés.  

3. Le PS et Les Républicains vont-ils résister à la vague REM ?

Ils devraient être les grands perdants de ce scrutin, si l'on se fie à tous les sondages publiés jusque-là. Toutes les enquêtes ont anticipé sur une lourde défaite du PS, crédité de 7 à 9% seulement des intentions de votes au premier tour. Pour rappel, le candidat du parti à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, avait obtenu 6,35% des voix, soit le pire score de l'histoire du PS. Et les premiers résultats concernant les circonscriptions des Français de l'étranger n'ont pas rassuré, rue de Solférino. Seuls deux candidats socialistes sur les 11 circonscriptions ayant déjà voté ont pu se qualifier pour le second tour. Axelle Lemaire, députée sortante de la 3e circonscription (Europe du Nord) n'a par exemple recueilli que 9,83% des voix, arrivant en deuxième position derrière le candidat REM. 

À droite, si les sondages sont un peu plus optimistes que pour le PS, l'heure n'est pas à la fête non plus.  Alors que les ténors des Républicains, à l'image de François Baroin comptaient sur "une majorité de droite et du centre" pour gouverner le pays le 10 mai dernier, le discours a bien changé. "Personne n'y croit. Macron aura la majorité absolue. On table, nous, sur 150 à 170 députés, y compris les UDI", confiait un élu LR à l'AFP le 20 mai. Et la dernière enquête Ipsos / Sopra Steria revoit même les ambitions de l'élu à la baisse. Le parti allié à l'UDI pourrait ainsi espérer entre 95 et 115 députés, avec 22% des intentions de vote. Le 7 juin, le Canard enchaîné rapportait cette petite phrase de François Baroin : "On va prendre une très grosse dérouillée. Je suis comme les taulards, je compte les jours avant la quille". 

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