4 min de lecture Législatives 2017

Législatives 2017 : Le Maire, Ferrand, Girardin... Ces ministres qui jouent leur place

L'Élysée a indiqué que les membres du gouvernement qui seraient battus aux prochaines législatives devraient obligatoirement présenter leur démission.

Six ministres jouent leur poste au sein du gouvernement.
Six ministres jouent leur poste au sein du gouvernement. Crédit : AFP / Montage RTLnet
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

"C'est la tradition républicaine : un ministre qui est candidat aux élections législatives et qui ne l'emporte pas présente sa démission au premier ministre. Je crois que ça a toujours été comme ça, et c'est assez sain". Au micro de France inter, Édouard Philippe, fraîchement nommé à Matignon, a rappelé la règle qui devra s'appliquer à six de ses ministres, engagés pour les prochaines élections législatives, qui auront lieu les 11 et 18 juin prochain. Un procédé qu'il connaît bien puisque lorsqu'il travaillait au sein du cabinet d'Alain Juppé, alors ministre de l'Écologie en 2007 après l'élection de Nicolas Sarkozy, le maire de Bordeaux, battu dans la 2ème circonscription de Gironde avait du quitter son poste de ministre. Dans le gouvernement Philippe, six personnalités sont concernées par la règle et risquent de perdre leur place en cas d'échec : Bruno Le Maire, Annick Girardin, Christophe Castaner, Marielle de Sarnez, Richard Ferrand et Mounir Mahjoubi. 

Bruno Le Maire, le cas le plus incertain

Le tout nouveau ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie est candidat à sa réélection dans la première circonscription de l'Eure. En 2012, celui qui se présentait sous les couleurs de l'UMP avait facilement remporté le second tour avec quasiment 58% des voix. Mais cinq ans après, la configuration n'est plus du tout la même. Si son parti devenu Les Républicains n'est pas "dans une stratégie d'exclusion et de coupure" à l'encontre de ceux qui ont choisi de rejoindre Emmanuel Macron, explique Bernard Accoyer, secrétaire général du parti, un candidat Les Républicains sera investi face à eux. "Il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui défende notre projet contre celui d'En Marche !", ajoutait Bernard Accoyer sur l'antenne de France info. Pourtant, Bruno Le Maire n'a pour le moment pas été investi par La République En Marche, mais reste assuré de ne pas se retrouver face à un candidat estampillé du parti d'Emmanuel Macron. Mais la concurrence avec un membre de son ancienne famille politique pourrait semer le doute dans l'esprit des électeurs de droite

Annick Girardin, candidate en terre "insoumise"

Avec Jean-Yves Le Drian, elle est la seule ministre du dernier gouvernement de François Hollande à avoir "survécu" au changement de président de la République. Annick Girardin, qui est passée de la Fonction publique à l'Outre-mer tentera elle aussi de se faire réélire dans sa circonscription de Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle non plus n'est pas investie par La République En Marche et se présente sous l'étiquette de son parti, le PRG. En 2012, Annick Girardin avait été élue dès le premier tour avec plus de 65,5% des voix, dans ce qui est la plus petite circonscription de France. Cette année, la tâche s'annonce plus compliquée. Au premier tour de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a en effet recueilli plus de 35% des voix, loin devant Marine Le Pen (18,1%) et Emmanuel Macron (17,9%). 

Quatre ministres investis par La République En Marche

D'autres pourraient en revanche avoir la tâche plus aisée. En effet, les candidats investis par le parti de la majorité pourraient bénéficier de l'élan visible autour de l'alliance REM-MoDem, qui selon un dernier sondage Harris Interactive pour France Télévisions obtiendrait 32% des voix au premier tour des législatives, contre 19% pour les candidats LR-UDI et ceux du FN. Richard Ferrand, fidèle soutien d'Emmanuel Macron devenu ministre de la Cohésion des territoires, brigue par exemple sa propre succession dans la 6ème circonscription du Finistère, où il avait été élu à plus de 58,3% avec l'étiquette du Parti socialiste. 

À lire aussi
Des bulletins de vote dans une urne. Guyane
Législative partielle en Guyane : le candidat REM devance son adversaire LFI

Le porte-parole du gouvernement, également secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner est dans le même cas de figure. En 2012, investi par le PS, il avait remporté la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Mais il n'est pas sûr de la conserver, comme il l'a confié au micro de RTL : "Ma circonscription est difficile, Emmanuel Macron est arrivé en troisième position. J'aurais pu partir ailleurs, ça m'a été proposé j'ai fait le choix de rester et je pense que si vous êtes battus, c'est que vous n'avez pas la confiance de vos électeurs de proximité et donc vous n'avez pas la confiance des français".  

La candidature de Marielle de Sarnez pose elle aussi question. La centriste, bras-droit de François Bayrou se présente sous l'étiquette REM dans la 11ème circonscription de Paris, détenue par le député PS Pascal Cherki en 2012. Son investiture avait fait polémique, puisque le parti d'Emmanuel Macron s'était engagé à ne pas soutenir des candidats ayant à leur actif plus de trois mandats identiques successifs. Marielle de Sarnez est pourtant eurodéputée depuis 1999, mais ce n'est pas "un mandat national" a justifié son entourage tout comme l'équipe de REM. Elle tentera en tout cas de faire mieux que lors des municipales de 2008, où elle n'avait récolté que 13,93% des suffrages dans la capitale. 

Enfin, Mounir Mahjoubi se présente lui pour la première fois à une élection. Et le nouveau secrétaire d'État chargé du Numérique n'a pas été investi dans la circonscription la plus gagnable. L'ancien responsable de la campagne digitale d'Emmanuel Macron sera opposé à Jean-Christophe Cambadélis, actuel secrétaire national du Parti socialiste dans la 16ème circonscription de Paris. Ce dernier l'avait largement remportée en 2012, à plus de 70%

Alors ces six ministres prendront-ils le risque de perdre à la fois un mandat de député mais surtout leur place dans le gouvernement ? Certains d'entre eux pourraient encore retirer leur candidature, ce qui leur permettrait de prolonger leur expérience ministérielle, qui pourrait, en cas d'échec aux législatives, se réduire à un seul petit mois. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Législatives 2017 Ministre Gouvernement
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants