1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Législatives 2017 : "Jean-Luc Mélenchon est aussi victime du space blues"

Législatives 2017 : "Jean-Luc Mélenchon est aussi victime du space blues"

ÉDITO - Colère, agressivité, œufs sur la tête... Le leader de la France Insoumise traverse actuellement une mauvaise passe.

Jean-Luc Mélenchon le 3 juin 2017 à Marseille
Jean-Luc Mélenchon le 3 juin 2017 à Marseille
Crédit : AFP / BERTRAND LANGLOIS
Législatives 2017 : "Jean-Luc Mélenchon est aussi victime du space blues", selon Alba Ventura
03:15
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura
Animateur

Sale temps pour Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France insoumise multiplie les polémiques et se plaint d'être injurié en permanence. Vous connaissez l'expression "Qui sème le vent récolte la tempête" ? Et bien c'est cela. Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon a été visé par des œufs. Cela ne lui était jamais arrivé. Mais il faut dire qu'il ne mène pas du tout la même campagne que lors de la présidentielle. Souvenez-vous, la campagne de la présidentielle c'était amour et fraternité. Tellement d'amour et de fraternité qu'il en était arrivé à se dédoubler avec ses hologrammes, pour en donner plus encore.

Mais, voilà au soir du premier tour, il est devenu ronchon. Il a tourné en boucle sur le mode "j'ai perdu à 600.000 voix". En oubliant que même à 600.000 voix, il n'était pas qualifié. Et de ronchon, il est devenu revanchard. Il a commencé par refuser de donner une consigne de vote. Il a retrouvé sa verve agressive quand il est interpellé dans la rue. Il a accusé Bernard Cazeneuve de s'être "occupé de la mort de Rémi Fraisse",  puis d'avoir "fait matraqué et gazé les manifestants contre la loi Travail". Il a déclaré dimanche 4 juin, donc au lendemain des attentats de Londres, qu'il reste farouchement opposé à l'état d'urgence et aux opérations Sentinelle. Depuis qu'il est engagé dans cette campagne des législatives, il ne trouve pas le tempo.

Quand Mélenchon godille

Il y a une dimension personnelle dans tout cela. Son ego a pris le dessus. Et il donne l'impression d'être en roue libre. Il est, par exemple, persuadé qu'il tient sa revanche aux législatives. Il dit que Macron est son meilleur ennemi, qu'il va arracher "une solide poignée de plumes à la mère Le Pen". Il dit aussi qu'il espère que la presse va le détester assez, pour le rendre populaire. Il avoue même "inventer une stratégie populiste de gauche" (faire le Front national de gauche ?).

En tout cas, il fait une campagne sectaire, dure et agressive. Il fait ce qu'en boxe on appelle "la godille". Il ne porte pas les coups, il godille, il brasse l'air, il mouline dans le vide. Pourquoi ? Parce qu'il ne parvient pas à revenir sur terre. Lui aussi est victime du "space blues", comme Thomas Pesquet. Il s'y est tellement vu (président) qu'il n'arrive pas à s'en remettre.

Il n'a pas su redémarrer une campagne

À lire aussi

Dans un excellent documentaire du journaliste Ludovic Vigogne, Moi Candidat, Jean-Luc Mélenchon expliquait qu'il y a cinq ans, après la présidentielle, ses amis avaient dû l'envoyer (de force) en vacances au Vénézuela, parce qu'il n'arrivait pas à redescendre du ring. C'est la même chose qui se passe.

Jean-Luc Mélenchon n'a pas su négocier le virage entre le vent porteur qu'il a connu lors de la présidentielle, et l'atterrissage à la quatrième place. Il n'a pas su redémarrer une campagne. Il s'est recroquevillé sur sa base rebelle. Voilà qui  explique qu'il perd du terrain dans les sondages. Les gens de gauche, déçus du socialisme, qui ont voté pour lui, ne se reconnaissent pas dans cette campagne dominée par la colère.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

pub
pub
pub
pub
En Direct
/