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Législatives 2017 : dates, scrutin... Comment sont élus les 577 députés ?

ÉCLAIRAGE - Les 11 et 18 juin, les Français désigneront ceux qui les représenteront dans l'hémicycle du Palais Bourbon pendant cinq ans.

Des députés à l'Assemblée nationale (image d'illustration)
Des députés à l'Assemblée nationale (image d'illustration) Crédit : BOHAC YANN/SIPA
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Souvent considérées comme le troisième tour de l'élection présidentielle, les élections législatives 2017 sont organisées seulement 35 jours après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Elles auront lieu les dimanches 11 et 18 juin (pour la métropole) dans 577 circonscriptions (539 en France métropolitaine, 27 dans les territoires d'Outre-mer et 11 représentants les Français de l'étranger). Quant au calendrier, il est vieux de 15 ans : il est voté sous l'ère Jacques Chirac, lorsque l'ancien président a mené une réforme de la Constitution et décidé d'interroger les Français par référendum sur un passage du vieux septennat datant de 1873 en France au quinquennat présidentiel.

Depuis 2002, les Français élisent donc d'abord leur président puis leurs députés, dont les missions principales sont la rédaction de propositions de loi et le vote de projets de loi ainsi que le contrôle de l'action du gouvernement. S'il est difficile de l'établir précisément à quelques jours du vote, le rapport de force va à n'en pas douter être bouleversé.

Une élection à deux tours

Comme la présidentielle, les élections législatives sont des élections à deux tours. Elles se déroulent au scrutin majoritaire uninominal. Oubliez les règles de la présidentielle, où seuls deux candidats sont qualifiés au second tour. Là, tous les candidats ayant obtenu au moins 12,5% des suffrages exprimés peuvent se maintenir. Ce qui peut donner lieu à des seconds tours loufoques avec deux, trois, voire quatre candidats. Des affrontements plus connus sous le nom de triangulaires ou quadrangulaires. Le candidat qui arrive en tête est alors élu : en cas d'égalité parfaite, le candidat le plus âgé l'emporte. Il n'y a pas de second tour si un candidat obtient plus de 50% des suffrages exprimés dès le premier tour.

Une élection nationale aux allures de vote local

C'est toute la particularité des élections législatives. Il s'agit d'un scrutin national, dont les protagonistes sont issus du local. Chaque cas est particulier et donc à scruter à la loupe si on veut bien l'analyser. Par exemple, le nombre de candidats est variable suivant les circonscriptions. Le record est à attribuer à la 9e circonscription des Français de l'étranger (Maghreb, Afrique de l'ouest). À l'inverse, ils ne sont que trois candidats à se disputer le siège de député de la circonscription de Wallis-et-Futuna. Au total, 7.882 personnalités sont candidates à la députation, soit 14 par circonscription en moyenne.

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Pour l'heure, les sondages sont très favorables à La République En Marche, qui pourrait bénéficier de la majorité absolue à l'Assemblée. Dans son édito diffusé sur RTL, Alba Ventura relativisait toutefois ces estimations. Le parti n'est pas présent dans 40 circonscriptions pour cause d'accord implicite avec certains candidats socialistes, Les Républicains ou sans étiquette. "Prenez l'exemple des électeurs de droite modérée, qui se sont laissés séduire par Macron et qui se disent qu'il faudrait donner à ce président une majorité, mais qui se retrouvent dans leur circonscription avec un candidat REM qui est un ancien socialiste qu'ils ont toujours combattu par le passé. Un sacré cas de conscience !" C'est le cas, par exemple dans l'Essonne, où Manuel Valls, candidat sans étiquette, ne sera opposé à aucun candidat du parti du président.

Quel enjeu ?

En 2017 comme souvent, l'enjeu des élections législatives est crucial. Il s'agit en effet d'accorder au président élu ce que l'on appelle une majorité dans le but d'appliquer le programme présenté pendant la campagne présidentielle. Depuis 2002, les Français ont toujours accordé leur confiance au président sorti des urnes. Si La République En Marche, parti d'un peu plus d'un an duquel est issu Emmanuel Macron, parvient à l'emporter dans 289 circonscriptions sur 577, le président disposera alors de la majorité absolue. Parmi les principaux obstacles, il y a le manque de notoriété de ses candidats pour beaucoup issus de la société civile.

S'il arrive en tête mais avec moins de 289 sièges, il s'emploiera alors à sceller des alliances afin de constituer une coalition de gouvernement et passer ses réformes. Si le parti arrive en deuxième position ou plus loin encore, Emmanuel Macron sera alors déstabilisé et sa politique ne pourrait être mise en place. Nous entrerions alors dans une phase de cohabitation, où le gouvernement changerait de couleur politique. Trois périodes de cohabitation ont eu lieu dans l'histoire de la Ve République : la première et la deuxième sous François Mitterrand - contraint de laisser les rênes du pays à Jacques Chirac après la débâcle du Parti socialiste aux élections législatives de 1986 puis à Édouard Balladur après la victoire du RPR en 1993. La troisième s'est produite sous Jacques Chirac, qui a perdu son pari visant à dissoudre l'Assemblée nationale en 1997. Lionel Jospin avait alors été nommé premier ministre. C'est d'ailleurs à cette dissolution et au passage au quinquennat dès 2012 que l'on doit l’alignement des deux élections, faisant depuis des législatives une "validation" de la présidentielle. 

Quelle ambition pour les autres partis ?

Pour Les Républicains, il s'agira d'incarner la première force d'opposition à Emmanuel Macron actuellement revendiquée par le Front national. Si François Baroin, chef de file de la campagne des élections législatives pour la droite, a adouci son discours vis-à-vis du président - passant de la volonté de pure cohabitation à la possibilité d'alliance sur certains textes - la droite est affaiblie. Emmanuel Macron ayant, pour former son gouvernement, puisé parmi les membres des Républicains (Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin).

Imposer une cohabitation est aussi l'objectif de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, bien que le ton agressif du quatrième homme de la présidentielle puisse mettre à mal son ambition. Le Front national et ses alliés, qui se sont immiscés au palais Bourbon en 2012, espère faire une vraie percée avec en ligne de mire un objectif de groupe parlementaire. Quant au Parti socialiste, il s'agira de limiter la casse. Le score de Benoît Hamon à la présidentielle étant peu porteur. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, envisageait le scénario catastrophe : à savoir ne pas avoir assez de députés pour former un groupe parlementaire.

Le paysage politique actuel

Actuellement, le groupe socialiste républicain et citoyen (SRC), bien qu'il ait perdu la majorité absolue au fil du quinquennat, est majoritaire avec 284 députés. Arrivent ensuite Les Républicains avec 199 élus et l'Union des démocrates et indépendants (27 députés). Le groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste est quatrième avec 18 députés et la Gauche démocrate et républicaine cinquième avec 15 députés. On compte enfin 26 députés non inscrits et 8 sièges vacants ou non pourvus.

Retrouvez ici la répartition des groupes politiques dans l'hémicycle.

Répartition des groupes politiques à l'Assemblée nationale
Répartition des groupes politiques à l'Assemblée nationale

La loi sur le non-cumul des mandats bouleverse la donne

La loi sur le non-cumul des mandats du 14 février 2014 va renouveler en profondeur l'hémicycle ces cinq prochaines années. Exercer les fonctions de maire ou de président de conseil départemental et de député en même temps est désormais impossible. Résultat : selon France Info, au moins 212 députés sur 569 élus sortants ne se représentent pas en 2017. Presque la moitié (103) est socialiste, 79 membres des Républicains. D'imminents élus nationaux renoncent à l'image de Jean-François Copé, du premier ministre actuel, Édouard Philippe, Dominique Bussereau (Charente-Maritime), Alain Rousset, président de région Nouvelle Aquitaine, ou encore Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine).

Pour retrouver tous les scores du premier tour des élections législatives circonscription par circonscription, rendez-vous sur notre moteur de résultats.

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