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Législatives 2017 : comment François Baroin place ses pions

DÉCRYPTAGE - Pressenti pour être le premier ministre de Nicolas Sarkozy, puis de François Fillon, le maire de Troyes s'est dit prêt "à gouverner" si les Français optaient pour une "alternance sans équivoque" aux législatives.

François Baroin, ancien ministre de l'Économie, le 6 avril 2013 à Paris (archives)
François Baroin, ancien ministre de l'Économie, le 6 avril 2013 à Paris (archives) Crédit : AFP / KENZO TRIBOUILLARD
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Il est pour beaucoup l'homme de la situation. Après la défaite de François Fillon au premier tour de l'élection présidentielle, le regard des Républicains est désormais tourné vers les élections législatives. Pour mener cette nouvelle bataille, un nom revient souvent dans les rangs de la droite et du centre : celui de François Baroin. Au lendemain du 23 avril, Jean-Pierre Raffarin disait déjà sur RTL que "la jeune génération allait prendre en main" la campagne des législatives, en citant un seul non : celui qui avait été nommé en charge du rassemblement politique de François Fillon pendant la présidentielle, François Baroin. 

Mercredi 26 avril, Éric Ciotti s'est montré très enthousiaste à propos de cette option. Le député a notamment fait part sur Twitter d'un "large consensus" lors d'une réunion de groupe Les Républicains pour que François Baroin mène la campagne des législatives. Même son de cloche du côté des centristes. Hervé Morin, qui soutenait François Fillon à l'élection présidentielle a plaidé dès lundi dans Le Point pour qu'il y ait "un comité de campagne et de proposition commun Les Républicains-UDI" pour les législatives et ,selon lui, "il y aurait un sens à ce qu'il conduise la campagne électorale".

"Disponible pour gouverner"

Fort de ces soutiens de poids, François Baroin s'imagine lui-même déjà à la tête d'un gouvernement de cohabitation. Mercredi 26 avril sur CNews, l'ancien ministre s'est dit "absolument convaincu" que la droite pouvait remporter les élections législatives, et "obtenir une majorité qui n'est pas de la sensibilité du futur président". Si tel était le cas, le sénateur-maire de Troyes a déclaré être "disponible pour gouverner" parce que les Français auront choisi une "alternance sans équivoque", pour "tourner la page de Hollande et de Macron".

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Après avoir été pressenti comme premier ministre de Nicolas Sarkozy puis de François Fillon, sera-t-il bientôt celui d'Emmanuel Macron ? Le nom de François Baroin est en tout cas évoqué. Nicolas Sarkozy l'avait présenté pendant la campagne de la primaire de la droite comme son futur chef de gouvernement, en cas de victoire. Venu à la rescousse d'un François Fillon empêtré dans les affaires dès le mois de janvier, ce dernier avait déclaré travailler avec François Baroin "pour gagner cette élection (la présidentielle, ndlr) mais aussi pour préparer l'équipe et le calendrier de mise en oeuvre de (son) projet politique". C'est alors qu'avait émergée l'idée de la constitution d'un ticket avec l'ancien ministre de l'Économie, que l'on voyait comme le candidat le plus sérieux pour Matignon.

Si François Baroin est autant apprécié au sein du parti, c'est parce qu'il rassemble. Chiraquien, il plait autant aux sarkozystes qu'aux fillonistes. C'est d'ailleurs pourquoi son nom avait encore une fois circulé pour prendre la place de François Fillon à l'élection présidentielle, lorsque ce dernier avait été mis en examen. De nombreux membres du parti Les Républicains, à l'image de Georges Fenech, l'avaient encouragé à devenir le fameux "plan B". François Baroin n'avait pas souhaité jouer les roues de secours de la droite, par fidélité et loyauté envers François Fillon. Le plan B n'a d'ailleurs finalement pas vu le jour.

Un premier obstacle nommé Alain Juppé

Son intronisation en chef de file de la droite pour la bataille des législatives ne se fera toutefois pas sans embûches. Le premier obstacle sur sa route pourrait être les juppéistes. L'inimitié entre les deux héritiers de Jacques Chirac est bien connue et date de plus de 20 ans. En 1995, Alain Juppé, alors premier ministre, avait en effet sorti du gouvernement François Baroin, à l'époque porte-parole. "François Baroin est un aigri qui m'en veut", avait notamment confié le maire de Bordeaux à Gaël Tchakaloff, dans le livre Lapins et merveilles.

Plus récemment, c'est Jean-François Copé qui s'est élevé contre la probabilité de voir un ticket François Baroin-Laurent Wauquiez aux manettes du parti de la droite pour les prochaines législatives. "On nous propose de reprendre l'équipe de la triomphante campagne de Sarkozy à la primaire, qui avait servi ensuite la triomphante campagne de Fillon à la présidentielle. Sérieusement ?", s'est faussement étonné le député-maire de Meaux dans les colonnes du Figaro.

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