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Législative partielle dans le Doubs : Élizabeth Martichoux décrypte les leçons du scrutin

REPLAY / ÉDITO - Le PS requinqué, l'UMP sur le tapis et piégée par le FN. Les résultats du premier tour de la législative partielle dans le Doubs nous donnent la température politique. On n'est pas déçu.

Elisabeth Martichoux
Elisabeth Martichoux
Législative partielle dans le Doubs : Élizabeth Martichoux décrypte les leçons du scrutin
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Élizabeth Martichoux : "Les leçons de la législative partielle dans le Doubs"
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Le FN est arrivé dimanche 1er février dans le Doubs en tête d'une législative partielle vue comme un test avant les départementales. Il affrontera au second tour un candidat PS qui espère désormais bénéficier d'un front républicain pour le contrer.

Si on file la métaphore, disons qu'à l'UMP on a un petit 40 de fièvre, au PS on croit au miracle de la guérison, et au FN on pète la santé.

L'extrême droite ne souffre pas de s'être exclue de l'union nationale après les attentats. C'est ce que le sondage CSA pour RTL nous avait déjà appris la semaine dernière. Cela se vérifie cette fois sur le terrain. Cette élection confirme aussi la structure de son électorat.

Toujours selon l'institut CSA, si le premier tour de la présidentielle avait lieu aujourd'hui, la présidente du FN obtiendrait ses meilleurs scores chez les catégories populaires (42%).

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Dans cette circonscription du Doubs, l'électorat est majoritairement composé d'ouvriers qui subissent l'insécurité économique (chômage, précarité, flexibilité...), qui ne trouve pas de solutions pour l'instant.


La candidate du Front national est arrivée en tête au premier tour avec 32,6% des voix. Elle a aussi bénéficié de l'abstention très forte (60,5%). Son électorat reste le plus mobilisé.

Le FN s'enracine. Ses électeurs sont disciplinés le jour du vote

Élizabeth Martichoux

D'ailleurs, Sophie Montel a fait une campagne très light. Pas de meeting, à peine quelques marchés, une visite de Marine Le Pen, des distributions de tracts, et le premier tour est emballé.

Le FN s'enracine. Ses électeurs sont disciplinés le jour du vote. C'est un gros avantage sur les autres partis.

On évoque beaucoup la surprise de la qualification du candidat socialiste. La question au matin de l'élection, c'était : le PS va-t-il prendre sa treizième gifle électorale depuis mai 2012 dans une législative partielle ?

Des claques comme ça, le parti en redemande. Certes, c'est une terre de gauche. Le sortant, Pierre Moscovivi, avait écrasé la concurrence en 2012 avec 41% des voix au premier tour. Mais ce n'était pas gagné.

Un test positif pour le pouvoir

Dimanche, il y avait cinq listes de gauche en tout. Les électeurs socialistes ne se bougent plus depuis 2012. Ce week-end, ils se sont mis une pile pour permettre à Fredéric Barbier (bon candidat, au demeurant) de passer le cap du premier tour.

D'abord, il y a eu le meeting de Manuel Valls mardi dernier à Audincourt. Souvenez-vous : la CGT avait coupé le courant dans la salle. Sa venue a manifestement électrisé des électeurs qui, sans cela, ne seraient sans doute pas allés voter. La Premier ministre a d'ailleurs téléphoné au candidat dimanche soir. On verra s'il retourne le soutenir cette semaine.

Et puis oui, il y a un effet "Charlie" : la fierté retrouvée à l'égard d'un Président enfin président, et d'un Manuel Valls de plus en plus Manuel Valls. De ce point de vue, le test est positif pour le pouvoir.

Ce que Sarkozy avait réussi à faire en 2007 pour conquérir l'Élysée, il le subit aujourd'hui

Élizabeth Martichoux

La gifle que redoutait le PS, c'est finalement l'UMP qui la prend en pleine face. La formation était donnée vainqueur ; elle se fait éliminer. Avec élégance, le parti faisait savoir dimanche soir que son candidat, Charles Demouge, était "médiocre". C'est un peu juste comme explication.

Le plus préoccupant pour ce grand parti de droite, c'est que le FN siphonne son électorat. Ce que Nicolas Sarkozy avait réussi à faire en 2007 pour conquérir l'Élysée, il le subit aujourd'hui. Il n'incarne plus le rempart face à l'extrême droite. C'est la pire des situations pour lui.

L'UMP pris au piège de la consigne de vote

En plus, le voilà face au piège de la consigne de vote pour le second tour. Appeler à voter PS pour barrer Sophie Montel ? La majorité des électeurs UMP ne le comprendraient pas. Cela donne crédit au redoutable slogan "UMPS".

Ne pas donner de consigne ? C'est donner prise au PS, qui dénonce déjà une UMP irresponsable en ces temps d'union nationale face à tous les extrêmes.

Dans tous les cas, il n'y a pas de bonne solution pour Nicolas Sarkozy, qui peut redouter des déchirements, des divisions, à un mois et demi des départementales. Comment appelait-il déjà la présidence d'un parti : "un ventilateur à merde".

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