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Législative partielle dans le Doubs : Alain Juppé, rempart anti-FN dans les pas de Jacques Chirac

DÉCRYPTAGE - Le maire de Bordeaux préfère le vote PS à la stratégie du "ni-ni" prônée par l'UMP, rappelant l'intransigeance de son mentor, qui rejetait en bloc le Front national.

Jacques Chirac et Alain Juppé
Jacques Chirac et Alain Juppé
Crédit : JEAN-PIERRE MULLER / AFP
Romain Renner
Romain Renner

"Si j’étais électeur de la 4ème circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferais (...) je voterais pour (...) le candidat PS". Alain Juppé ne cultive pas l'ambiguïté et le montre. Le candidat à la primaire UMP de 2016 assure qu'il voterait, s'il le pouvait, pour le candidat socialiste face à son adversaire FN au second tour de la législative partielle qui se tiendra dans le Doubs, le 8 février prochain.

Face au "ni-ni" prôné par l'UMP depuis 2011, et qui sera très probablement la ligne choisie par le bureau politique du parti ce mardi, l'ancien premier ministre ne choisit pas le front républicain, qu'il voit comme "un piège tendu à la droite", mais se met tout de même en position de rempart contre le Front national.

Cette intransigeance vis-à-vis du rival d'extrême droite rappelle évidemment le comportement de Jacques Chirac. L'ancien président de la République avait mis un point d'honneur à ne jamais discuter avec le parti alors dirigé par Jean-Marie Le Pen, allant jusqu'à refuser de débattre avec lui lors de l'entre-deux tours de la présidentielle 2002.

Front commun sur le cas FN

Depuis les années 1990, les chiraquiens, dont Alain Juppé, en tant que "fils spirituel" de l'ex-président fait plus que partie, travaillent à maintenir un "cordon sanitaire" autour de la formation d'extrême droite. En la matière, Alain Juppé a d'ailleurs quasiment toujours suivi les évolutions de son mentor.

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Car si l'UMP ne s'est jamais alliée avec son rival d'extrême droite, ce n'est pas le cas de son ancêtre, le RPR. Il faut remonter aux années 1980 pour trouver trace des premiers accords électoraux liant les deux partis. Alain Juppé sera même de ceux qui approuveront publiquement la fusion des listes RPR/FN de la municipale partielle de Dreux (Eure-et-Loir) en 1983. La première alliance "contre nature" tolérée par Jacques Chirac.

Il ne fera pas non plus entendre de voix discordante lors des différents arrangements locaux menés entre les deux formations jusque dans les années 1990. Il se rallie cependant plus tôt que Jacques Chirac à la position anti-FN proposée par Michel Noir, selon qui "il vaut mieux perdre une élection que perdre son âme". L'ancien chef de l'État préférera suivre la stratégie Pasqua, qui considère que le FN et le RPR "partagent des valeurs communes", à la présidentielle de 1988.


Jacques Chirac et Alain Juppé ne tarderont pas à s'accorder à nouveau sur la politique à mener en imposant au RPR la stratégie du "ni-ni" à laquelle le maire de Bordeaux semble désormais opposé. Mais la mémoire collective a fait le tri dans ces événements et retient désormais que Jacques Chirac est l'homme qui sera toujours resté ferme et inflexible face au Front national.

Vers une nouvelle forme d'union nationale ?

La voie qu'emprunte Alain Juppé lui permet de s'opposer un peu plus à Nicolas Sarkozy et attirer un électorat centriste voire de gauche, qui ne semble pas séduit par le retour de l'ancien président. Mais beaucoup de Français se rappellent que le front républicain de 2002 qui avait conduit Jacques Chirac à la victoire face à Jean-Marie Le Pen n'avait pas donné lieu à la formation d'un gouvernement d'union nationale souhaité par une part des électeurs.

"Un gouvernement d’union nationale comportait un danger évident pour notre démocratie : celui de faire apparaître durablement le Front national comme la seule force d’alternance face à une coalition des partis traditionnels, que plus rien ou presque ne distinguerait aux yeux de l’opinion", se justifiera-t-il dans le tome 2 de ses mémoires, Le temps présidentiel. 

En laissant entendre à plusieurs reprises qu'il était favorable à ce que "les gens raisonnables gouvernent ensemble" dans le cadre d'un "large regroupement de la droite et du centre de la droite (...) et puis peut-être un jour (...) au-delà", Alain Juppé donne déjà une grande indication sur ses intentions. Une manière de finir ce que son mentor avait commencé et de boucler la boucle.

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