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"Le sexisme, c'est vous, c'est moi, si on n'y prend garde", dit Elizabeth Martichoux

REPLAY / EDITO - "Le sexisme en politique : un mal dominant" sera diffusé sur "France 5" dimanche. Un documentaire intéressant sur le sexisme en politique.

Elizabeth Martichoux
Elizabeth Martichoux
Crédit : RTL
"Le sexisme, c'est vous, c'est moi, si on n'y prend garde", dit Elizabeth Martichoux
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Drôle et plein d'anecdotes et ça confirme que pour s'en sortir en politique, il vaut mieux une voix rauque, une tenue grise et une allure virile. L'autre solution : n'avoir aucune d'ambition ; ça marche aussi. Dimanche sur France 5 un documentaire très bien fait et plein d'humour fait le point sur le machisme en politique.

Et d'abord sur le machisme ordinaire qui n'a l'air de rien. Nous sommes en octobre 2011, Aurélie Filippetti est dans sa circonscription de Florange, où elle accompagne François Hollande dans une réunion de campagne. Dans la salle, une table et cinq chaises pour six : cinq hommes et une femme. Les hommes se précipitent pour s'asseoir, et qui reste en carafe ? Aurélie Filippetti, debout comme si elle était l'assistante de ces messieurs chargée du café et des croissants. Morale de l'histoire : pour trouver sa place en politique quand on est une femme, il faut d'abord se trouver une chaise. Autre responsable politique prise pour une petite main, Laurence Rossignol, secrétaire d'État aux personnes âgées. À l'époque, elle est sénatrice : "J'arrive dans un aéroport. J'accompagnais une délégation de sénateurs et on me demande à l'arrivée : 'Vous êtes l'accompagnatrice ?' J'ai répondu : 'Non je suis l'auxiliaire de vie'" 

Emmanuel Macron et Najat Vallaud-Belkacem

Auxiliaire de vie. Il vaut mieux en rire. Mais pourtant ça progresse, les femmes accèdent à tous les postes. Mais ça ne vaut pas sans critiques ou pire. Comparons : un homme accède à un poste prestigieux. Formidable. Emmanuel Macron par exemple. Son ascension fulgurante est considérée comme une performance et son ambition perçue comme une des ses grandes qualités. Prenons maintenant Najat Vallaud-Belkacem. Dans le même gouvernement. Sa progression dans l'échelle gouvernementale est aussi sans équivalent. Mais elle dérange, elle suscite sarcasmes et railleries, devient la cible  de rumeurs, on lui prête des liaisons. Archi classique. Pour dire les choses crûment, beaucoup encore le pensent et pas seulement des vieux machos, c'est vous, c'est moi si on n'y prend garde, c'est culturel. On ne peut se faire à l'idée qu'une femme peut arriver à être nommée ministre sans avoir couché. Dans le documentaire, Chantal Jouanno évoque ce mois de mars 2010, quand bruisse la rumeur de sa relation sexuelle présumée avec Nicolas Sarkozy, alors qu'elle est secrétaire d'État aux sports.
 
La politique est violente oui, mais pour les hommes aussi. Par exemple, les femmes ne sont plus les seules à se faire épingler pour leurs tenues vestimentaires, ce qui était le cas avant. Vous avez remarqué ? La coiffure baroque de Borloo, les cravates de travers de François Hollande, les costumes d'un pastel hasardeux de Manuel Valls quand il n'était pas encore au gouvernement. Eux aussi sont brocardés. Est-ce que c'est une forme de normalisation hommes/femmes comme le prétendent certains ? Non pas encore !

De la tenue en politique

Il se trouve qu'il y a une règle vestimentaire qui demeure en politique : costume/chemise/cravate sombre. Celui qui déroge à cela casse les codes et prend le risque d'affaiblir sa légitimité. La cravate de travers du Président trahit aux yeux de certains son incapacité à tenir ferme les rênes du pays. Mais ce n'est pas une critique à caractère sexué. Un homme ne va pas se faire siffler parce qu'il met une chemise rouge à l'Assemblée alors que Cécile Duflot, ministre, qui porte une robe à fleurs cintrée, robe féminine, est chahutée dans l'hémicycle comme une blonde en mini-jupe devant une caserne de militaires !
 
Marine Le Pen, elle, c'est bien souligné dans le film, ne donne pas prise à la critique de nature sexiste sur ses cheveux, ses tenues. Quoique sa robe bleue à New York, mardi 21 avril, a été très commentée. Mais là, elle s'exposait comme un star dont il est de coutume de commenter les tenues glamour. Ça n'avait pas de lien avec sa responsabilité politique. En tant que cheffe de parti, avec sa voix rauque et ses tenues grises, elle est perçue comme a-sexué. Elle, à Florange, ne serai pas restée sans chaise !

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