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Le projet de Loi Macron divise la gauche, qui va peiner à trouver une majorité

Le projet de loi d'Emmanuel Macron provoque des remous au sein de la gauche, et de nombreuses oppositions semblent compromettre son adoption.

Emmanuel Macron et Manuel Valls
Emmanuel Macron et Manuel Valls Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
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et AFP

Le projet de loi Macron n'est pas encore présenté qu'il divise fortement la gauche, y compris les socialistes, et une majorité semble pour l'heure difficile à dégager, en particulier sur la question épineuse du travail dominical. Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a déjà lancé des appels "à l'unité" sur le texte : s'il y a des "réserves", "après le temps du débat, il fau(dra) le temps du compromis".

"Réserves", le mot est faible. L'aile gauche du PS, pour la première fois, appelle à "voter contre", y voyant "la remise en cause de tous les combats historiques de la gauche". Le député "frondeur" Christian Paul, proche de Martine Aubry, a une position d'"hostilité" a priori, parce que le texte "participe d'une mise sous pression des salariés".

Loi "fourre-tout"

Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis lui-même a plaidé pour que le projet de loi, qu'il a qualifié de "fourre-tout", revienne "à son objet initial, c'est à dire la lutte contre la rente". Point d'achoppement chez les socialistes : l'assouplissement du travail dominical pour les commerces non alimentaires (passage de 5 dimanches à 12 dimanches par an).

Olivier Faure, député (PS) de Seine-et Marne, a prévenu ce lundi qu'il n'y avait pas de "majorité" de gauche à l'Assemblée pour voter la mesure. Le Parti socialiste, dans un "memorandum" envoyé la semaine dernière au ministre de l'Economie et dont l'AFP a obtenu copie, écrit qu'il n'est "pas nécessaire d'aller sur l'ensemble du territoire national au-delà de cinq dimanches ouverts par an". Il ne souhaite pas non plus "banaliser le travail de soirée jusqu'à minuit", jugeant que le travail au-delà de 21H00 reste "un travail de nuit".

"La compensation salariale" doit demeurer "la règle"

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Dans les deux cas, "la compensation salariale" doit demeurer "la règle", et ce "pour toutes les entreprises de plus de 10 salariés" ajoute le parti, qui souhaite une "loi de gauche" pour la croissance et l'activité. Malgré tout, Manuel Valls s'est dit ce lundi soir "optimiste" sur l'adoption du projet de loi : "Moi, je suis toujours optimiste à partir du moment où il y a un bon débat et nous arrivons les uns et les autres à avancer dans un seul intérêt qui est l'intérêt général".

Le débat devra également se faire avec les partenaires de la majorité à l'Assemblée nationale, les écologistes. S'ils ont obtenu le retrait de l'article concernant l'enfouissement des déchets nucléaires, les écologistes n'en demeurent pas moins "circonspects".

Un texte difficile à "soutenir"

"On n'aborde pas ce texte avec un état d'esprit de soutien positif et enthousiaste", dit à l'AFP François de Rugy, coprésident du goupe écologiste à l'assemblée nationale. "On ne voit pas ce qu'il y a de positif, mais on voit ce qu'il y a de négatif".

"C'est un texte qu'il me semble difficile de soutenir", renchérit la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-les verts (EELV) Emmanuelle Cosse. La patronne des écologistes, qui a rencontré Emmanuel Macron, craint que le texte n'autorise "des modifications importantes de la loi ALUR (logement, ndlr), en passant par la voie des ordonnances".

Doutes

"C'est le texte qui, depuis le début du mandat de François Hollande (...), a la plus grande incertitude quant à son adoption", dit François de Rugy, pour qui le retrait de l'article sur les déchets nucléaires "ne vaut pas acquiescement pour les pages suivantes".

Cette loi ressemble "à la voiture balai de tous les sujets que les ministères cherchent à faire passer sans que ça se voit trop", ajoute-t-il. "Il faut que sur son contenu il y ait des évolutions importantes, là on est entre abstention et vote contre, on est même plus proches du vote contre". Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, est contre cette loi, "tout entière tournée vers la déréglementation sociale". Quant à Jean-Luc Mélenchon, il fait du vote contre "le ticket d'entrée" de toute discussion entre lui et les frondeurs.

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