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"Le Parti communiste à deux doigts d'être rayé de la carte des départements", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Élection après élection, le PCF se meurt doucement mais sûrement. Cette fois, il pourrait carrément ne plus y avoir de département communiste.

Alba Ventura
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Crédit : Elodie Grégoire
"Le Parti communiste à deux doigts d'être rayé de la carte des départements", dit Alba Ventura
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Il n'y a pas que le Parti socialiste qui s'inquiète des résultats des élections départementales. On est aussi à deux doigts de voir le PCF rayé de la carte des départements. Quand on dit "deux doigts", c'est parce que les communistes ne détiennent que deux départements aujourd'hui : l'Allier et le Val-de-Marne. Dans les deux cas, ça se joue à un canton.

Rien de nouveau sous le soleil, si on ose dire. C'est le lent déclin du Parti communiste français qui est à l'oeuvre depuis trente ans. Les communistes ont perdu beaucoup de bastions. Souvenez-vous de la Seine-Saint-Denis aux cantonales de 2011. Souvenez-vous des dernières législatives : la perte de l'emblématique dixième circonscription du Val-de-Marne, celle de Maurice Thorez, détenue depuis 1932 par les communistes. Souvenez-vous aussi des municipales, où les communistes ont perdu des dizaines de villes de plus de 3.500 habitants.
À chaque élection, ils creusent leur tombe.

Fracture avec les socialistes

Comment en sont-ils arrivés là ? D'abord, il y a une donnée que l'on mesure depuis plusieurs années maintenant, c'est le transfert d'une partie de la base vers le Front national. Comme le FN s'est emparé du malaise social, il a aspiré et a offert un débouché à tous les déçus de la gauche communiste. Ça, c'est le grand exode.

Ensuite il y a la fracture avec les socialistes, entre le PS d'un côté et le Front de gauche de l'autre, c'est-à-dire le PCF et Jean-Luc Mélenchon et ses amis, tout ce petit monde réuni. Ils ont décidé de se couper dans beaucoup d'endroit des socialistes, et de partir soit en solo soit avec les écolos.
D'ailleurs, on se demande comment l'électeur s'y retrouve. Vous avez des candidats étiquetés "Front de gauche" : ça, c'est pour le PC et les amis de Mélenchon. Vous avez des candidats étiquetés "communistes" tout seuls. Vous avez des candidat étiquetés "Parti de gauche" : là ce ne sont que les mélenchonistes. Enfin, vous avez des candidats "divers gauche", lorsque le Front de gauche a fait alliance, par exemple, avec les Verts. Pas facile d'y retrouver ses petits.

Pour faire échouer le PS, les communistes ont sacrifié leur implantation locale

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Résultat : dimanche prochain, pour se maintenir au second tour, il faudra réunir 12,5% des inscrits. Cela veut dire que s'il y a 50% d'abstention, il faudra faire 25%. Vous avez vu un sondage qui donne les communistes et le Front de gauche à 25% ?

En réalité, ils ont fait campagne sur l'anti-Hollande, l'anti-Valls, l'anti-austérité, plus que sur les problématiques du département. Au fond, on peut dire que pour faire échouer le PS, ils ont sacrifié leur implantation locale.

La direction ne contrôle plus la base

La faute à cette concurrence complètement folle et dingue entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, le patron du PC. Ce sont deux trains lancés l'un contre l'autre. On le voit comme l'un et l'autre courent après Syriza, le parti grec de Tsipras. Ils sont dans l'illusion de pouvoir créer une alternative, convaincus que leur salut passe par le modèle grec.

C'est à celui, en plus, qui criera le plus fort. Évidemment, à ce petit jeu, c'est Mélenchon qui gagne. Mélenchon qui, au passage, n'a pas fait campagne, aucun meeting.
Un des barons socialistes locaux, qui a travaillé avec les communistes, affirme que les militants communistes sont "mélenchonisés jusqu'à l'os". En clair : la direction du Parti communiste ne contrôle plus vraiment sa base. Celle-ci est toute acquise au mouvement protestataire de Jean-Luc Mélenchon, qui reste persuadé qu'il va assisté à la descente aux enfers de François Hollande et qu'il sera le seul à pouvoir affronter Marine Le Pen à la Présidentielle.
Sauf que pour le moment, tout cela les amène dans le mur.

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