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"Le Front national ne peut pas se passer de Jean-Marie Le Pen", analyse Olivier Mazerolle

BILLET - Le journaliste se penche sur le conflit entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine. Une bataille familiale qui va faire mal au Front national, selon lui.

Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle
"Le Front national ne peut pas se passer de Jean-Marie Le Pen", analyse Olivier Mazerolle
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ARCHIVES RTL - "Le Front national ne peut pas se passer de Jean-Marie Le Pen", analyse Olivier Mazerolle ("On n'est pas forcément d'accord", 13/04/2015)
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"Voir une fille exécuter son père en public à la télévision, c'est une première. C'est même une dramaturgie car, malgré tout, Jean-Marie Le Pen et Marine sont très liés par une forte affection", explique Olivier Mazerolle. "Ça ne peut pas laisser de trace".

Ensuite, un FN fragilisé "pourrait abandonner des points à une droite qui retrouve le goût de la conquête, et à une gauche qui chercherait à regagner les voix ouvrières", poursuit le journaliste. 

Tous les sondages montrent que Marine Le Pen sort gagnante de l'épisode et que son père est vu comme un gêneur pour son parti. "C'est vrai, mais on n'a pas encore vu les dégâts de cette rupture qui est fondamentale", prévient Olivier Mazerolle, qui qualifie le président d'honneur du FN d'"anarchiste de droite" qui tient par-dessus tout à sa liberté de parole.

Pour Jean-Marie Le Pen, le pouvoir c'est "la compromission obligée", il n'en veut pas. C'est l'inverse pour sa fille, "totalement investie pour entrer à l'Élysée", ce qui n'est pas forcément un atout.

Pour Jean-Marie Le Pen, le pouvoir c'est "la compromission obligée"

Olvier Mazerolle
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"Jean-Marie Le Pen symbolise tellement le discours anti-immigrés que, lui présent, point n'est besoin d'en rajouter", décrypte le journaliste. "Grâce à cela, Marine Le Pen a pu adopter un discours moins brutal sur le sujet, élargir sa palette électorale en mettant de plus en plus l'accent sur les questions économiques (...) et offrir le visage d'un parti qui se professionnalise", poursuit-il.

"Sauf que la vision socialisée et étatisante de Florian Philippot est contestée au FN. Et comme, avec la rigueur glacée de l'énarque, il a souhaité l'exclusion de Jean-Marie Le Pen, ils sont beaucoup à penser eux aussi qu'il est un intrus, un étranger à la culture du FN", analyse Olivier Mazerolle.

Les discours à l'UMP sont aussi très vigoureux sur l'islam et les immigrés. "Sans son père pour se différencier, Marine Le Pen devrait en rajouter au risque de se re-diaboliser", note-t-il. Voilà pourquoi elle ne va sans doute pas l'exclure. Lui, histoire de monter qu'il est toujours chez lui  au FN, "pourrait choisir de prendre la décision de désigner lui-même sa petite-fille pour les régionales en Paca".

"Marine Le Pen n'a devant elle que des mauvais choix : ou bien alimenter les conflits internes en sanctionnant durement son père, qui l'accusera de trahir en cherchant les faveurs du système institutionnel ; ou bien offrir aux électeurs médusés la tragi-comédie d'une ferme condamnation verbale conclue par une sanction en peau de lapin, accompagnée par le ricanement furibond  du patriarche", conclut Olivier Mazerolle.

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